Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

18 février 2006

Elle et moi (Valclair)

Je la tiens serrée, ma question,
Je la tiens serrée, depuis longtemps, depuis toujours,
Je la tiens serrée, je ne voudrais pas qu’elle s’échappe,
Je ne voudrais pas qu’elle s’efface en réponses dérisoires et sans magie,
Elle et moi, nous allons sur notre boule ronde…

Bien sûr qu’elle ne se pose pas, où se poserait-elle ?
Je ne veux pas voir de terre en bas pour la recevoir,
Pas d’assemblée de savants qui se pencheraient sur elle,
Pas de bouche bavarde pour la dire ni d’oreille complaisante pour l’écouter,
Elle et moi, nous rêvons sur notre boule ronde…

Le vent nous secoue,
Il nous chahute et nous malmène,
Parfois l’on tangue, parfois l’on plie,
Mais je la tiens serrée, ma question, et nous sommes bien rivés,
Elle et moi, bien accrochés à notre boule ronde…

Le vent nous promène dans le grand univers,
Nous allons de caillou du ciel en caillou du ciel,
Nous avons croisé tout à l’heure, le petit Prince sur son astéroïde
Et trois fois trois papillons multicolores qui dansaient sur trois comètes d’argent,
Elle et moi, nous voguons sur notre boule ronde…

Je te tiens serrée sur mon cœur fragile,
Je t’aime, ma question, je t’aime, depuis longtemps, depuis toujours,
Reste, ma question, reste auprès de moi, oh, ne t’en va pas, ne me laisse pas,
Ne cède pas aux savantes sirènes qui voudraient te séduire avec leurs mots doux, avec leurs mots chantants, de réponse, il n’y en a pas…
Toi et moi, nous nous aimons sur notre boule ronde...

Posté par Coumarine à 22:53 - Valclair - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

  • Val...
    Tu as donc opté pour une poésie "libre"
    (ceci en référence aux commentaires que je viens de mettre sur les autres poèmes de ce soir)
    Pour moi, tu vois, je préfère ce genre de poésie, libre, qui laisse la place entière à la musicalité de la phrase
    cette musicalité est très présente chez toi, quand on prend la peine de lire le texte à haute voix...il y a des vers superbes...qui font rêver...
    (parfois je serais carrément allée à la ligne pour faire des phrases moins longues...regarde un peu si cela te parle...)
    Sinon j'aime beaucoup la façon dont tu as traité le sujet, il me semble bien dans la lignée de Folon le poète, le rêveur, l'idéaliste

    Posté par coumarine, 18 février 2006 à 23:02
  • J'aime beaucup cette idée de préserver la question de toute réponse dérisoire, sans magie. En te lisant tout haut, je me retrouvais dans cette ambiance à la fois légère et profonde ressentie à la Fondation Folon!J'aime ce petit d'homme fidèle à sa question.

    Posté par Coquelicot, 19 février 2006 à 01:01
  • J'aime ces deux là serrés, l'un contre l'autre.Charlotte

    Posté par Charlotte, 19 février 2006 à 08:34
  • Je te trouve un peu normative dans ta conception de la poésie, chère Coum (en référence aux précedents commentaires.) On peut absolument imaginer toutes les situations entre le vers libre et l'alexandrin classique, donc moi ça ne me gêne pas qu'il y ait par exemple certains qui choisissent les rimes et pas les pieds ou les pieds et pas les rimes, ou des rimes ou des ryhtmes atypiques (la fameux "préfère l'impair plus soluble dans l'air" par exemple...)

    Ce qui est vrai par contre c'est qu'il faut savoir pourquoi on choisit telle ou telle règle ou pas et qu'il ne faut pas se trouver contraint d'appauvrir le sens par une contrainte artificielle qu'on se serait imposé.

    Pour ma part j'avais choisi ici de faire des "strophes" de cinq "vers" se terminant par une sorte de refrain, avec l'idée de "vers" de plus en plus long à mesure qu'avance la "strophe" avant la chute du refrain. C'est pourquoi par exemple j'avias choisi de ne pas couper le 4° "vers" de la dernière "strophe" malgré ses quasi deux lignes.

    Mais c'est un choix bien sûr, pas forcément le meilleur, merci de nous mettre en situation d'y réfléchir

    Posté par valclair, 19 février 2006 à 14:45
  • Bienheureux l'homme amoureux de sa Question...
    Elle est le signe du vivant !

    ---------

    sur la forme, ce qui compte n'est-il pas la musicalité des mots, la manière dont ils coulent ?
    J'aime une poésie rimée lorsque chaque fin de vers ne constitue pas une rupture, mais s'inscrit dans une continuité avec le vers suivant...
    Et quand le mot "recherché" n'est pas justement la rime... (sinon on devine que l'auteur a feuilleté son dico ... de rimes !)

    Posté par Alainx, 19 février 2006 à 15:32

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