Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

07 novembre 2006

La verrue (Lionel)

En ce Milieu du  XIXème siècle prospère, dans la bourgeoisie, les fortunes se faisaient et se contrefaisaient très vite. Un homme en queue de pie et en pantalon noir, dans une tenue très austère et portant un monocle passait devant la fenêtre d une chambre de bonne. Il paraissait fin comme une règle de fer. Tout de lui montrait la rigidité d un caractère qui était né sous des jours mornes et gris. Sa démarche rigide et droite laissait voir que ses pensées étaient aussi coupantes et rigoureuses que lui.

«  Voilà encore un dimanche à aller voir cette vielle tante. C’était son anniversaire hier et pourtant elle ne change pas d’un poil. Eh, elle en a des poils au menton. Les jeunes de la famille : ces neveux et ses nièces, l’appellent " la verrue ". Elle nous fait miroiter sa fortune alors que c’est une pièce rapportée de la famille.
Elle nous en fait peser lourd, la veuve de mon frère. Lui, si généreux, qui avait tellement capitaliser mais qui donnait, sans compter, pour que toute la famille puisse en bénéficier. Elle, il n’y a pas un mariage, pas un
baptême, pas un couple qui se forme sans qu’elle ne dise un mot. Tout ce qu’elle pense de chacun est porté dans un carnet noir où elle écrit au nez et à la vue de tous. Tout le monde à peur de ne pas lui plaire et les pensées se font de plus en plus hypocrites. Plus elle vieillit et plus chacun regarde du côté de ses biens.  Si seulement, elle nous partageait un peu de ses louis ou de ses titres !
Il faut que je méfie, les murs ont des oreilles et ça ne m’étonnerais pas qu’elle s acoquine avec eux. Ce sont ses seuls compagnons, les seuls qui la supportent. Alors on attend cet héritage, cette fortune, en emprunts russes et en action dans les transports ferroviaires mais aussi ce vieux terrain laissé à l’abandon depuis qu’elle ne peut plus s en occuper et qui serais si approprié pour une usine.
Mais non, elle franchit chaque année, comme une personne, fatiguée, qui grimperait les marches de Montmartre et l’on n’attend qu une chose, qu’elle s’épuise sur ces marches, qu’elle y trébuche. Elle a déjà enterré nombreux de mes frères aînés et si ça continue elle m’enterrera moi et la génération d’après.
" La verrue " c’est décidé elle vivra centenaire ».

Posté par Coumarine à 09:00 - Lionel - Commentaires [8] - Permalien [#]

Commentaires

  • Biienvenue Lionel à toi aussi sur PP
    La façon dont tu traites le sujet est vraiment originale, c'est bien trouvé, il fallait y penser
    Mais...
    n'oublie pas de te relire, d'utiliser le correcteur d'orthographe...
    Autres chose; dans la mesure du possible il faut éviter des formulations "passives" qui alourdissent un texte
    Comme par ex: "laissait voir que..."
    "les pensées se font.."
    Veilles-y pour ton prochain texte, relis-toi, et tu progresseras très vite...

    Posté par coumarine, 07 novembre 2006 à 17:19
  • La verrue au carnet noir ... ça fait froid dans le dos! Ah! la famille ... Traitement sortant de l'habituel, ce texte surprend ... Au plaisir de te lire lors d'une consigne suivante.

    Posté par fc, 07 novembre 2006 à 20:48
  • la méchanceté conserve c'est bien connu
    J'aime bien l'ambiance "fête de famille avarié' qui est rendue.
    Bienvenue !

    Posté par Farfalino, 07 novembre 2006 à 21:08
  • Oui...

    ;o) On pense vraiment à ces personnes momifiées dans leur méchanceté, dont on pense (heureusement à tort...) qu'elles nous enterreront tous et toutes. Mais c'est génialement trouvé, tout y est, même la fortune en emprunts russes (ça n'a pas dû peser lourd dans l'escarcelle de la tante Verrue, 1917 étant passé par là ;o)

    Une affaire à suivre

    Posté par Pivoine, 07 novembre 2006 à 23:39
  • j'ai pensé à la toute vieille qui n'en finit pas de crever, de Brel...

    très belle idée, Lionel vraiment !

    et bienvenue, avec retard, sur Paroles Plurielles

    Posté par pati, 08 novembre 2006 à 09:17
  • courmarine : merci d avoir créer ce site et pour tes conseils de pro
    fc: je suis content de l'effet produit c est celui qui était recherché
    farfalino : la famille avectoute sa symbolique, j ai bien aimé les chronques de balzac aussi
    pivoine : ca se joue souvent comme ça c est vrai. En plus on se bat pour des cacahouettes aujourd hui la fortune en emprunt russes ne vaut plus rien et le térrain ne sera même pa défrichée
    pati : merci pati, faudra que je lise ce texte de brel.
    je vous remercies tous pour l'acceuil, j'ai hâte de continuer à ire et faire vivre ce lieu

    Posté par lio, 08 novembre 2006 à 10:50
  • La méchanceté et l'avarice... on est pas loin de Balzac c'est vrai, même si j'ai de prime abord pensé à Maupassant. Bonne idée pour traiter la consigne (même si je ne vois pas le rapport avec l'image...)
    Sinon, Coumarine a bien pointé le petit quelque chose qui manquait pour que ce soit encore mieux Vivement ta prochaine participation donc !

    Posté par Sammy, 09 novembre 2006 à 16:47
  • sammy : le rapport c est les marches d escalier de montmartre dans ma nouvelle. Sinon merci d avoir commenté

    Posté par lio, 09 novembre 2006 à 23:43

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