Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

09 novembre 2006

Elle (Tanette)

Petite fille sans histoire, adolescente timide, adulte effacée, sa mère lui préférait son aînée et ne manquait aucune occasion de le lui faire sentir. Sa sœur la traitait d’incapable. Son mari l’a abandonnée, au bout de quinze ans, avec leurs deux filles, pour aller vivre une aventure en Afrique avec une de leur connaissance. Sa fille aînée, très dure avec elle, la culpabilisait sans arrêt.

Elle, se réfugiait dans l’Histoire, a une période qu’elle adorait : le Moyen Age. Plus rien ne comptait alors pour elle. Elle vivait avec ses personnages qu’elle aimait et qui lui apportaient du réconfort.

C’était sa façon de se hisser en haut de l’échelle, de prouver ce dont elle était capable, de rêver et de regarder de haut les « aléas » de la vie réelle, les difficultés auxquelles elle devait faire face et qui pesaient lourdement sur ses épaules au point d’être tentée d’abandonner..

Lorsqu’elle rencontra Boris, la seule personne qui lui ait prêté attention, qui l’ait jamais comprise jusqu’ici, elle en fut étonnée, surprise aussi de ce sentiment nouveau qu’elle ressentait. Elle existait. Lui aussi passionné d’histoire, la valorisait, il était la première personne qui lui permettait d’être elle-même.

Alors, elle a choisi : c’est décidé, elle vivra centenaire.

Posté par patitouille à 09:00 - Tanette - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires

  • comme elle dû souffrir de ce rejet des personnes autour d'elle, cette femme... on en bénit ce Hugo, d'être enfin arrivé, pour que son regard sur elle change enfin.

    beau texte, Tanette

    Posté par pati, 08 novembre 2006 à 12:53
  • De l'importance d'être valorisé par les autres, d'être respecté, d'être encouragé, de partager ensemble des mêmes passions. Il faut retenir une leçon de ton texte. Merci, Tanette.

    Posté par Micheline B, 09 novembre 2006 à 09:44
  • Les prémisses de l'amour sont si bien décrit ici et cette volonté d'éternité aussi.

    Posté par lio, 09 novembre 2006 à 11:58
  • Les histoires d'amour finissent mal... en général. Ou comment une vie qui semble partie pour aller de plus en plus mal se sauve enfin dans l'amour. Belle histoire.

    Par contre, je vais me permettre une petite critique, sur un sujet que Coumarine avait semble t-il prévu dans as consigne : les temps... Je ne suis pas contre les hardiesses avec la conjugaison et il m'arrive de traumatiser la concordance, mes désaccords avec la grammaire ne regardant que moi
    Mais là, j'aurais tendance à dire qu'il faut choisir... imparfait, présent, passé simple et futur, il y en a au moins deux de trop C'est dommage, parce que ça casse un peu le rythme de la lecture, on ne sait plus dans quele direction le récit nous emmène.

    Mais je t'accorde que je suis pointilleux...

    @ Pati : lapsus ? Ce n'est pas Hugo, c'est Boris

    Posté par Sammy, 09 novembre 2006 à 14:27
  • Je vous remercie pour vos commentaires et j'accepte volontiers ta critique Sammy, elle est justifiée, je n'ai pas fait suffisamment attention à la consigne de Coumarine et même après avoir relu mon texte plusieurs fois, ce n'est que lorsque je l'ai eu envoyé que j'ai réalisé le manque de concordance des temps.

    Posté par tanette, 09 novembre 2006 à 14:37
  • SAMMY : je ne pense pas que tanette ai commis de lourdeur. Ces changements de temps ont un effet "flashback" (pardon pour l'anglicisme) sur son histoire.
    Sa vie ressemble un peu à celle de ma grand mère mais en moins bousculée. Ce doit être sa soeur.
    merci tanette.

    Posté par vincent, 09 novembre 2006 à 19:32
  • La première phrase est terrible ... elle crie la vérité trop souvent portée par les seconds. Heureusement que peut exister la passion-refuge qui, parfois, devient refuge des passions. Merci, Tanette, pour ce texte qui ouvre une porte...

    Posté par fc, 09 novembre 2006 à 21:31
  • Tanette, comme tel j'aime le portrait de ce personnage mal aimé, et qui enfin! découvre l'amour, mais surtout la valorisation d'elle-même sous le regard aimant de Boris

    Oui il y a des maladresses dans certains (pas tous) temps utilisés, mais cela ne gêne pas trop
    Et c'est normmal aussi que l'on passe du passé (malheureux) au passé plus récent (heureux) à la phrase finale qui est sa décision pour le futur
    La concordance des temps est affaire de musicalité (c'est comme des notes qu'on entend dans l'oreille) et je ne saurais trop vous encourager TOUS à lire vos textes tout haut, cela aide fort à en sentir les maladresses)

    Posté par Coumarine, 10 novembre 2006 à 19:14
  • Quelles tristes et mornes années a dû traverser cette femme à qui tu as juger même bon de ne pas donner de prénom. Oui, la vie ne peut être heureuse que par le regard de l’Autre…Heureusement Il est arrivé et elle va enfin pouvoir vivre ! J’aime beaucoup ton texte.

    Posté par brie, 10 novembre 2006 à 19:57

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