Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

11 décembre 2006

mer et campagne ( Lionel)

Avant qu'elle n'embarque sur ce frêle esquif qui l'amenait vers des trésors qu'elle avait longtemps rêvés, elle avait eu une vie. Elle avait rencontré un amant flamboyant et formidable qui était devenu un des plus grands peintres de sa génération. En gage et pour tisser les fils de leurs unions, il lui avait offert ce tableau d une grande valeur.
Ils avaient rompus car elle ne supportait plus cette campagne paisible. Elle emportait en tout et pour tout la toile offerte. .Lorsqu'elle accosta, elle embrassa cette terre nouvelle, dont le sable chaud lui caressa déjà les pieds. Les couleurs étaient splendides. Le bleu azuré contrastait avec les moutons du ciel de son campanile. Les fruits dans les arbres étaient gorgés de sucres. Elle allait, à grands pas, en avant dans ce nouvel eldorado qui s'offrait à elle. Elle devait cependant se débarrasser de toute trace du passé pour apparaître nue comme une vénus sortie des eaux.
Elle marcha un moment avant de trouver l'endroit idéal pour le tableau. Elle savait qu'elle abandonnait un objet précieux mais s'y était résolu. Ainsi le tableau d une grande valeur faisait briller ses couleurs pour les
stalactites d une grotte qui ne connaissait que le sac et le ressac de la mer faussement paisible.
Elle ne tarda pas à se faire une place dans ce monde qui ne demandait qu'à se nourrir des rêves. Elle qui voulait égaler Bélérophon voyait une grande destinée s'offrir à elle. La célébrité semblait à porter de tous dans ce monde si généreux. Elle se laissait grisé par le miel et les dattes, elle dansait avec des Phoebus. Elle mangeait couchée comme la déesse qu'elle était devenue. Jusqu'à ce qu elle rencontre un homme encore plus brillant que les autres. Elle lui avait tout donné, non par amour pour lui, mais pour rivaliser avec le soleil. Ce pirate l'avait sabordé en pliant et mettant dans sa poche cette île aux milles et un miroir.

Il ne restait plus rien de ce monde qui lui était apparu comme un paradis, les arbres étaient calcinés. Elle devait faire taire les ombres des fils du soleil et revenir à une vie simple. Elle alla donc chercher le tableau d'une grande valeur qu'elle accrocha dans l'unique pièce qui lui servait désormais de résidence, où siégeaient comme unique trésor une table et une chaise.

Le tableau d une grande valeur était devenu la carte du monde dans lequel elle vivait à présent. Le repas était frugal et pourtant, elle avait l'habitude de dire «  Tant que le vent pourra enlacer l'épi de blé et le
coquelicot, la vie vaudra le coup d'être vécue ». Elle retourna  marcher dans l'herbe qui lui arrivait jusqu'au genoux, ses robes s'étaient faites plus légères, simple morceau de tissu. Elle retrouvait la joie d un soleil
non artificiel.
Cinq ans après la fonte de ses illusions et le sabordage de son pirate qu'elle ne regrettait pas car il lui avait ouvert les yeux, elle savait que plus rien n'était à accomplir. Elle décida qu'elle pourrait rejoindre le
coquelicot et l'épi de blé Elle s'était fondue dans les couleurs de feu de ce tableau d une grande valeur .
Sentimentale

Posté par patitouille à 16:19 - Lionel - Commentaires [8] - Permalien [#]

Commentaires

  • J'ai lu et relu ton texte, cher Lio
    Dans son ensemble je l'aime, il a toute une atmosphère
    Prenante et quasi sensuelle
    Un peintre amant aimé mais quitté, une toile dont on fait partie...c'est à la fois étrange, coloré, et un peu surréaliste
    (juste quelques faiblesses et aussi un peu long...je n'ai pas corrigé les fautes non plus...pas trop le temps...)

    Posté par Coumarine, 11 décembre 2006 à 17:51
  • oui, un beau texte. mais qui aurait gagné à être un peu allégé.

    c'est prometteur, en tout cas. je remarque que tes envois sont d'une qualité qui va en croissant
    bravo à toi, Lio )

    Posté par pati, 11 décembre 2006 à 19:13
  • Habiter un tableau d'une grande valeur ... sentimentale, voilà une idée charmante. Tant que le vent pourra enlacer ... "En espérant Dieu qu'il fit du vent" disait Brassens!

    Posté par fc (coquelicot), 11 décembre 2006 à 19:37
  • Eh bien qu'elle histoire.... par où ne faut-il pas passer pour, finalement, retrouver l'essence de sa vie et la sérénité.

    Posté par Poème de vie, 12 décembre 2006 à 07:26
  • Désolé, je me suis arrêté à "milles", les fautes ayant, cette fois-ci, eu raison de ma lecture...

    Posté par cedric, 12 décembre 2006 à 09:55
  • pour tous : les fautes d orthographes sont un epu ma faiblesse j en conviens
    courmarine, pati : j essaierais de faire un peu plus court mais sur ce texte, il est difficile de choisir les images poétiques, laisser la plage à l imaginaire et condenser
    poème de vie : oui un long parcours pours finalement arriver à retrouver ce qui nous tendais déjà les bras.
    fc coquelicot : une simplicité de l'éxistence où le métaphysique est à la portée de tous

    Posté par lio, 12 décembre 2006 à 10:54
  • Voilà. J'y vois plutôt un conte... Ce texte a la forme d'un conte.
    Foisonnant. Poétique.

    Long, mais il y a des image poétiques à garder et d'autres à relire. (Je pense à la première phrase). C'est la pratique et la lecture incessante des grands auteurs qui permet d'un jour faire "le tri".

    Si je puis me permettre un avis, (et cela rejoint celui de Coumarine qui dit: lisez vos textes tout haut...) iL y a des images, des expressions qu'on a parfois intérêt à revoir (donc les relire tout haut...) (parce qu'elles traînent dans notre inconscient et notre mémoire et qu'elles ont déjà été utilisées ailleurs). Ex. "frêle esquif" (esquif appelle d'instinct l'adjectif "frêle", donc...
    Se méfier de l'image qui vient si rapidement à l'esprit).

    Posté par Pivoine, 12 décembre 2006 à 11:30
  • pivoine : je crois que je fais flirté plus souvent avec la " grande" littérature. Je lis beaucoup mais pas forcément les classiques.

    Posté par lio, 12 décembre 2006 à 12:52

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