Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

04 mars 2007

"Bleu, bleu, bleu le ciel est bleu ..." (Pluto)

Ca fait huit jours exactement que Georges est parti ... Huit jours de tranquilité. A me remettre de ses coups, car cette fois, il est passé du verbal au physique.

.... Il y a un mois, j'ai découvert le pot aux roses : trompée depuis le bébut de notre mariage ! Je n'avais rien voulu voir, il avait fallu que je tombe par hasard sur cette lettre. Même là encore, je n'ai pas voulu croire Jocelyne, ma meilleure amie, psychanalyste. J'ai finalement lu le bouquin qu'elle m'a conseillé - presque imposé : "le harcèlement moral" de Marie-France Hirigoyen. Tout mon monde a alors basculé et pendant une semaine je n'ai rien pu avaler.

" - Ma pauvre, si tu voyais ta mine ! Mais je t'adore quand même ..." Phrases couperet quand Georges est rentré de stage. A ces mots, j'ai senti une sueur froide m'envahir, me paralyser complètement. Avant je me serais cru coupable, mais je nai rien montré cette fois là.

Il est reparti, huit jours ont encore passé. Je savais que Georges retournait voir cette "poufiasse". J'ai horreur de ce mot, mais il est implanté dans mon cerveau, ce sont ces termes à lui ... Et je la plains sincèrement, je ne ressens pas de jalousie.

J'ai alors pris ma décision. Le quitter. Il y a huit jours, à son retour, je lui ai annoncé mon intention de divorcer. C'est là qu'il est passé à la violence physique : les coups sont tombés. Il m'a laissée rouée de coups, claquant la porte après une dernière menace.

Mais je n'étais plus la victime : dès que j'ai pu me relever, j'ai pris un minimum d'affaires et suis partie chez Jocelyne.

Rouge, le coeur. La cible du tir à l'arc. Point final, je trouve cela beau.

... Georges avait prévu de repeindre son bâteau, il a acheté des pots de peinture pour cela. Bleue.

J'ai tout repeint. J'aime bien. Les couleurs étaient trop tristes.

C'est maintenant fini, des oiseaux sont venus chanter, comme pour saluer mon travail, soleil, ciel bleu à l'unisson, je suis en paix ...

"Home sweet home ", tu parles !

"Bleues à l'âme", tu retrouveras tout cela à ton retour et ... va au diable, Georges !

Posté par patitouille à 09:35 - Pluto - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

  • oui, qu'il aille au diable, lui et ses congénères !
    joli texte, PLuto. sobre, douloureux. mais plein d'optimiste et de rage de s'en sortir.
    ton personnage est touchant de courage.

    bravo à toi

    Posté par pati, 04 mars 2007 à 16:42
  • félicitations

    un trés beau texte, pour une sordide histoire du quotidien pour (encore)trop de femmes -ou d'hommes- Le récit est bien construit et la photo finement suggérée.
    Bravo, peinturellement Vôtre, rsylvie

    Posté par Rsylvie, 04 mars 2007 à 17:49
  • Un texte joliment poigant qui tombe quelques jours avant la Journée de la Femme.
    Bravo !

    Posté par Plum', 04 mars 2007 à 20:10
  • Oui, repeindre ses volets c'est quelque fois l'histoire d'une vie. Bravo pour ce texte qui joue admirablement sur l'ambivalence du mot bleu et parle de sujets douloureux avec finesse.

    Posté par Arthur HIDDEN, 05 mars 2007 à 13:20

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