Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

04 avril 2007

Je suis prêt (Yedidia)

J’ai presque une heure d’avance. C’est bien. J’avais tellement peur d’avoir un ennui en route que je suis parti très tôt. De toute façon, je n’ai pas dormi de la nuit. J’ai tout préparé, vérifié, répété. J’ai inspecté le costume qui sortait de chez le teinturier. J’ai parcouru mentalement l’itinéraire que je devais suivre, répété les consignes, visualisé le lieu du rendez-vous. Je n’ai rien pu avaler au petit-déjeuner et je suis parti sans traîner.

Voilà, derrière cette dune, ce sera là. Tout est conforme au plan. C’est à moi
maintenant.

Mais… Pourquoi ces chaussures ?
Est-ce tout ce que les autres ont laissé ?
Fallait-il prendre ses chaussures ?
Ils m’ont bien précisé pourtant de venir nu-pieds !
Ou bien… aurais-je mal lu ? Mal mémorisé ?
Ont-ils cherché à me tromper ?

Une heure, et pas le temps de rentrer vérifier…
Ne pas s’effondrer.
De la dignité.
Attendre…

S’il vous plaît !
Venez me chercher.

Posté par _Sammy_ à 08:35 - Yedidia - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

  • oh, combien je le comprends !
    "Une heure, et pas le temps de rentrer vérifier…
    Ne pas s’effondrer...
    Attendre"…
    j'en suis tout à fait incapable !
    -une petite tisanne ? résoudrait peut-être ses soucis !

    un bon texte, qui monte en émotion au fil de la lecture.

    Posté par rsylvie, 04 avril 2007 à 10:26
  • Mais il attend quoi... ? Que les extraterrestres viennent le chercher ?

    Posté par Sammy, 04 avril 2007 à 11:31
  • Il arrive parfois que l'on puisse avoir rendez-vous avec soi. L'humilité est de rigueur, les pieds nus-pieds la symbolisent bien.

    Posté par Hériçon, 04 avril 2007 à 14:45
  • Allez encore cinq minutes et si personne ne vient te chercher, je te propose de t'en retourner. S'ils tiennent tant à toi, ils sauront te retrouver.
    C'est bien leur genre à nous faire culpabiliser.
    Après tout, ce sont eux qui ont fixé le rendez-vous ; ils n'avaient qu'à être à l'heure.
    De toutes façons, que tu rentres ou pas, il y aura du vin chaud. Et si tu veux, c'est moi qui te laverai les pieds.

    Perroquet violet sur la pointe de mon pied.

    Posté par Papistache, 04 avril 2007 à 18:35
  • J'aime beaucoup. C'est un texte vraiment ouvert. J'ai imaginé quelqu'un en fuite ou un clandestin. Très beau. Vraiment.

    Posté par souliers vernis, 05 avril 2007 à 13:33
  • Pour moi il y a dans ce texte quelque chose d'obsessionnel très parlant

    Posté par Arthur HIDDEN, 07 avril 2007 à 10:44

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