Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

15 avril 2007

La partition supplémentaire (Bérangère)

Et maintenant ça suffit !

Sa musique…Toujours sa musique…Je rentre d’une journée de travail harassante, il est assis à son piano, exactement là où il était déjà quand je suis partie ce matin, rejouant encore et encore un énième requiem.

C’est bien simple : ça n’est plus une tête que j’ai c’est une cathédrale, rien que le silence et sa funeste musique.

Maintenant ça suffit ; dans un verre je me verse une bonne rasade de gin, un jus de citron, de l’eau pétillante ; je bazarde à la corbeille les enveloppes qu’il a empilées sur la table sans même prendre la peine de les ouvrir.

Monsieur « l’artiste » ne s’abaisse pas à ces tâches bassement ménagères.

Maintenant ça suffit, je ne suis qu’une mauvaise partition pour lui, qu’il n’ouvre que quand il n’a plus rien d’autre à jouer.

J’ai monté le bouton du volume à fond, fais glisser le disque d’AC/DC dans le lecteur, et j’ai ri, avant de m’envoler par la fenêtre…

Posté par Coumarine à 17:30 - Bérangère - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires

  • Bien fait pour ce rustre qui ne voit même pas qu'il vit à côté d'un rossignol. Souvent les artistes sont comme ça, artistes!

    Posté par Arthur HIDDEN, 15 avril 2007 à 17:40
  • En plus , un requiem, ben dis donc c'est gai!... je suppose que AC/DC c'était pour reveiller les morts...

    Posté par tilu, 15 avril 2007 à 18:12
  • Vivre avec un musicien ne doit pas être facile. Ils vivent dans un monde à part !
    Le requiem de Mozart un régal ! Le requiem de Faure, un régal ....bon bon j'arrête !!!!

    Posté par Bellesahi, 15 avril 2007 à 18:27
  • Heu...tu habites à quel étage...

    Posté par Truly, 15 avril 2007 à 18:35
  • C'est direct, rapide, et clair...

    Posté par Miss Alfie, 15 avril 2007 à 19:11
  • S'il est aveugle à cette présence féminine peut-être est-il sourd à toute musique étrangère ? Un indice, l'oiselle s'est envolée, il n'avait pas entendu son chant. Elle a bien fait, d'autres sauront lui prêter une oreille attentive.

    Perroquet pas disponible (mais il n'est pas seul) sur la pointe de mon pied.

    Posté par Papistache, 15 avril 2007 à 20:09
  • J'ai beaucoup aimé te lire.Il semble à lire les autres commentaires que la femme du pianiste se soit envolée dans ses pensées, par la fenêtre. A la première lecture, j' y avais vu un envol moins métaphorique et plus mortel.Pour moi, il reste donc une ambiguité que j'apprécie.

    Posté par souliers vernis, 15 avril 2007 à 20:43
  • moi j'aime le ton et l'envolée finale - elle est trop en rage pour que ce soit autre que métaphorique

    Posté par brigetoun, 16 avril 2007 à 08:12
  • ca pourrait être pire : de la trompette, du violon, du koto (instrument japonais). Un bel exemple d'incompatibilité.
    J'aime bien la métaphore (?) finale !

    Posté par Farfalino, 16 avril 2007 à 13:21

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