Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

12 mai 2007

Au bord du monde (Kloelle)

 

Je suis assis là, sur le bord du monde. J’observe. J’écoute. Je m’abreuve des goûts, des formes et des couleurs.

Voyez ce plissement de soie rouge qui invite la lumière, et là, cet éclat de rire clair qui s’élève d’une robe à fleurs bleues. Ils sont la pulsation de vie qui s’éloigne de moi car sur mon teint terreux glissent les regards.

Toi, tu es assis comme un autre moi, sur le bord du monde, avec ton large pantalon de velours et cette forte odeur de pipe; tu me regardes avec bienveillance et de la pointe de ton crayon tu racontes mes doigts déformés par le froid et ces jupes dansantes qui ne font que passer.

Regarde moi, je suis le pantin fantoche de ton imagination… Ecris, écris toujours, écris encore…
Seule l’écriture nous sauvera de la gueule de bois.

Posté par pivoineblanche7 à 17:10 - Kloëlle - Commentaires [13] - Permalien [#]

Commentaires

  • Les personnages imaginaires prennent vies avec beaucoup de poésie.

    Posté par lio, 12 mai 2007 à 17:38
  • c'est un beau texte bien poétique

    Posté par farfalino, 12 mai 2007 à 18:51
  • C'est, à ce jour, le texte que je préfère, par son rythme, par ses mots, par son recul.

    Posté par Ex Nihilo, 12 mai 2007 à 21:08
  • j'aime beaucoup "Je suis assis là, sur le bord du monde"... cela nous invite à réver.

    Posté par rsylvie, 12 mai 2007 à 21:28
  • Très doux.
    Une invitation qui ne se refuse pas.

    Perroquet violet sur la pointe de mon pied.

    Posté par Papistache, 12 mai 2007 à 21:54
  • Etre assis sur le bord du monde... c'est joli mais est-ce confortable?

    Posté par sodebelle, 13 mai 2007 à 02:48
  • C'est tout plein de sensibilité et de douceur ...
    C'est court et ça touche...

    Posté par tilu, 13 mai 2007 à 08:34
  • Il y a dans la mise en scène de ton texte une grande richesse. Le pantin fantasmatique qui parle et se sait créature de l'imaginaire, le crayon qui hésite entre dessin et écriture.
    Vraiment beaucoup de choses en peu de mots...

    Posté par Arthur HIDDEN, 13 mai 2007 à 09:44
  • oui kloelle...oui...
    être assi au bord du monde, ce n'est pas forcément confortable
    Et pourtant, on a la vue large, on voit ce que d'autres ne voient pas
    Et quand à côté de soi...il y a quelqu'un qui prend la peine de traduire ces choses en mots
    L'imagination, l'inspiration sont des mots du genre féminin...

    Posté par Coumarine, 13 mai 2007 à 11:35
  • J'aime beaucoup ce texte.

    Posté par Bellesahi, 13 mai 2007 à 20:38
  • Ce qui m'a frappée dans ton texte, ce sont les couleurs et les images de tissu.

    "Voyez ce plissement de soie rouge qui invite la lumière, et là, cet éclat de rire clair qui s’élève d’une robe à fleurs bleues. Ils sont la pulsation de vie qui s’éloigne de moi car sur mon teint terreux glissent les regards."

    c'est magnifique ça... Le plissement de soie rouge/ l'éclat de rire clair qui s'élève d'une robe. Ce sont les images qui ont du charme. La robe devient une personne. Est la personne qui la porte.

    Je dirais même plus que dessin ou écriture, écriture et couleur. Et aussi, le mouvement.

    Posté par Pivoine, 13 mai 2007 à 20:52
  • Un texte poétique, une émotion contenue, une douce tristesse.

    Un régal à lire.

    Merci Kloelle.

    Posté par Macha, 15 mai 2007 à 19:44
  • Simplement...merci pour vos commentaires.

    Posté par kloelle, 16 mai 2007 à 18:35

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