Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

08 juin 2007

Lettre d'adieux (Val)

Excuse moi, c’est une erreur de croire que par amour, on peut tout sacrifier.

Durant toutes ces années, tu t’es bien amusé. Maudit soit le jour ou j’ai commencé à t’aimer. Je t’ai offert mon corps à chaque instant volé. Tu m’as utilisée pour satisfaire tes besoins les plus primaires. Tu m’as exploitée, faute de m’aimer. Tu m’as longtemps fait espérer. Tu ne m’as jamais offert que des moitiés de nuits étoilées.

Ah ça, tu me l’as pourtant juré, de quitter ta femme, les nombreux soirs ou je pleurais. Les mois, les années ont passé. Tu ne l’a jamais fait. « C’est pas simple, avec les enfants », que tu disais !

Avoir des enfants ? Moi aussi j’en ai rêvé. Pas amour pour toi, j’y ai un temps renoncé. Par peur de te perdre, ce désir intense a longtemps été refoulé. Puis, je me suis lassée. Effrayée certainement de regarder passivement mon horloge biologique tourner. Je n’ai plus supporté non plus de devoir, en silence, te partager. Fidèle à toi même, ce changement, tu ne l’as même pas remarqué!

J’avais pourtant cessé de te parler mariage et enfants. Tu ne t’es alors plus méfié…

Je te laisse sur ce lit étendu, endormi, repus de chair et de jouissance. Notre moment d’intimité, tu l’as apprécié ? Je te le souhaite, car c’était le dernier.

Pas de remords. Aucun regret. J’ai pris de droit ce que tu m’as toujours refusé. Depuis hier, c’est confirmé. J’ai enfin obtenu ce que j’attendais. Ce grand bonheur, je ne te laisserai pas me le voler

Des années durant je t’ai cru mon âme sœur. Ces derniers temps, tu n’as été pour moi qu’un géniteur…

Je t’en prie, ne cherche pas à nous retrouver.

Posté par Coumarine à 09:33 - Val - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

  • tu touches du doigt, dans ce texte, à ce qu'il y a peut-être de pire, dans un cuople : l'absence de regard. on ne se voit plus, tant l'habitude est grande, tant l'éloignement s'installe...

    dure missive qui l'attend à son réveil

    Posté par pati, 08 juin 2007 à 19:48
  • Je lui souhaite bien du bonheur ; elle a trop attendu ! Au moins, elle ne sera plus seule.

    Posté par sodebelle, 08 juin 2007 à 20:51
  • ah! la souffrance de la "deuxième" femme...qui n'est pas prise au sérieux par l'homme qu'elle aime...
    C'est émouvant ce texte...

    Posté par Coumarine, 08 juin 2007 à 21:16
  • D'entrée de jeu, le ton est donné! Le texte est dur pour lui, comme pour elle, et le pluriel de la dernière phrase 'ne cherche pas à nous retrouver' est terrible! Qu'en dira l'enfant, un jour?

    Posté par fc, 08 juin 2007 à 22:15
  • Quelle force dans l'expression des sentiments, de la situation!

    Posté par Arthur HIDDEN, 10 juin 2007 à 15:10
  • un texte émouvant parce qu'il reflète une histoire trop vécue par trop de femmes

    Posté par matarjeu, 14 juin 2007 à 17:29

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