Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

21 juillet 2007

La surprise est de taille (Isabel)

J'étais entrée, dans ce café du coin de la rue.
Pas tout de suite bien sûr, j'avais d'abord fait 3 fois le tour du pâté de maison, avant de trouver l'énergie, le courage de franchir cette satanée porte.
J'aurais préféré la terrasse, lumineuse et joyeuse et surtout moins intime.
J'entre.
Le cœur qui bât. Juste un peu anxieuse de pénétrer en endroit clos.

- Bonjour, dis-je en m'adressant au comptoir.
- Bonjour me répond la personne derrière le comptoir, mais déjà je cherche des yeux dans la salle le visage connu.

La pièce est vaste, des vieux du quartier jouent aux cartes et j'entends amusée leur conversation emportée par le jeu et l'humour.
Je poursuis le balayage de la salle et là je le vois assis, chemise, cravate. Bien apprété, coiffure impeccable, il est droit comme un I, engoncé dans un malaise criant.
Il me fait un signe discret de la main, je m'avance souriante et pressée.

- Bonjour monsieur Pinson
- Bonjour mademoiselle Lesty

Il m'impressionne, ce vieux bonhomme, ce visage curieux et avide, ces yeux vifs et intelligents me subjuguent.
Pourrais t’il être mon maître à penser ? Mon mentor ?
Non pas possible bien trop cultivé, inaccessible. Comment pourrais-je intéresser un tel personnage, un repère pour les gens qui le côtoient, une source sans fin de savoir et d'expérience.
Un personnage important pour moi qui suis en quête de re-connaissances.
Il me tend la main et avant que je puisse m'asseoir, se relève et me prend le coude :

- Venez mademoiselle Lesty, allons dehors, la terrasse est bien plus lumineuse et joyeuse.

Il me précède et c'est à ce moment que je vois le bas de son corps : Jogging et basket. Surprise, j'ai presque envie de rire. Arrivé à la porte, il se tourne vers moi pour me laisser passer. Il sent mon regard amusé par son accoutrement.
Il sourie, lui aussi amusé.

- Venez.

Il me prend le bras et me dirige vers une table libre.

- Merci, mademoiselle merci !

J'ai toujours envie de rire et suis intriguée.

- Oui merci, c'est votre naturel qui m'interpelle, personne n'ose sourire à ces frasques. je cherche à surprendre, par la pensée, les actes et aussi ces petits faits anodins qui déstabilisent, mettent mal à l'aise, qui font que l'on ne sait plus prendre du recul et cesser de me voir comme Le Professeur. je n'en attendais pas moins de vous !

La surprise est de taille !
J'avais passé et réussi le premier test imaginaire qui devait me lier à cet homme qui me fascinait !

Posté par Coumarine à 17:55 - Isabel - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires

    J'adore ce texte!
    Vraiment.
    Que j'aimerai le rencontrer, ce Maitre, prés à toute sorte de fantaisies pour être perçu comme un homme banal...
    Quelqu'un capable de telles farces doit être on ne peut plus interressant.
    Voilà ce que j'aime dans ce texte, j'aime ce personnage!

    Posté par val, 21 juillet 2007 à 18:51
  • voilà un texte auquel on ne s'attend pas du tout
    La consigne y est traitée de manière TRES originale!
    Et même si ton texte est un peu long (attention à cela pour une prochaine fois) il se lit facilement, parce qu'on a envie de savoir...
    Bravo à toi Isabel et j'ai oublié...bienvenue à PP

    Posté par Coumarine, 21 juillet 2007 à 19:04
  • oui, un vieil homme comme on aimerait en rencontrer. Quoiqu'ici on a Papistache, même si je le soupçonne de ne pas être aussi vieux que çà.
    Bienvenue à toi.

    Posté par Claire, 21 juillet 2007 à 19:19
  • C'est vrai ça Claire, Papistache aussi est un sage farceur

    Posté par val, 22 juillet 2007 à 00:16
  • j'aime beaucoup le personnage...
    l'histoire est trés bien contée, on s'y croirait.

    Posté par rsylvie, 23 juillet 2007 à 09:09
  • C'est excellent et vrai.
    Un jour à Bruxelles, j'ai croisé l'acteur Jean Rochefort que j'aime beaucoup : style " classe ", gentleman-farmer....
    Ben pas du tout, il portait un imper " douteux " et...des baskets mauves et renvoyait un regard ironique à tous ceux qui louchaient sur ses pompes !
    Tu vois, avec ton texte tu rehoins la réalité !

    Posté par Amanda, 23 juillet 2007 à 14:45
  • Le coeur qui "bât" est savoureux quand on sait que "chacun sait où le bât blesse". Dans ce cas précis, les yeux posés sur le bas ont donné du piquant à ton texte. Pirouette gentille sur une petite "fôte". Un texte que j'ai beaucoup aimé. Continue à te bat-tre avec les mots.

    Posté par Libellule, 24 juillet 2007 à 18:55
  • Un mentor en jogging et basket ?

    superbe entraineur pour exercices d'écriture !

    Posté par ilescook, 26 juillet 2007 à 09:27
  • Merci à tous pour vos commentaires, très accueillants...Alors, en route pour de nouvelles aventures !

    Posté par Isabel, 19 août 2007 à 18:43

Poster un commentaire