Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

24 juillet 2007

Un drôle de zèbre (Libellule)

Une surprise de taille! Ah! Ah! Je vous vois venir! Enfin une photo pour prendre son pied! Cela ne vous aura pas échappé! Déjà vous vous délectez!

Pardonnez ma sagesse. Je ne m'élèverai pas au-dessus de la ceinture car, pour mon arrivée au pays des mots, il serait sans doute malvenu de ne pas respecter la consigne.

Madame, Mademoiselle, Monsieur, pour ne rien vous cacher... Mes yeux se sont posés sur la bande jaune du pantalon noir du Monsieur. N'allez pas croire que je fantasme sur les militaires. De plus, je n'aime pas conduire. Encore moins respecter le code de la route. Mais ce n'est pas cette ligne infranchissable qui allait me faire rater mon entrée en scène.

J'ai ouvert mon encyclopédie, cherché le mot rayure. A un endroit, il est écrit : Trace imprimée sur un corps par un corps plus dur. Impossible de disserter. Cette définition m'emmènerait trop loin. Parce que vous savez il y en a des myriades de corps durs qui laissent des traces sur d'autres corps! Enfin si je vous dis que moi, sur le mien de corps, il n'y en a qu'un de corps dur qui a laissé des traces, vous n'allez pas me croire! Et pourtant même que c'est vrai comme disent les enfants.

Alors je me suis dit que peut-être en changeant de vêtement, je trouverai l'inspiration. J'ai choisi dans ma garde-robe un superbe pantalon blanc sans couture ni rayure et un pull marin rayé bleu marine et blanc en pure laine vierge pour me lancer dans ce nouveau voyage.

Avant de jeter l'ancre, j'ai dirigé ma boussole sur la pointe du Petit Robert. Le baromètre s'élevait sud-est vers le cap des synonymes. Le mercure polisson quitta soudain sa colonne et me lança ses billes : bande, griffure, égratignure, hachure, ligne, raie, ride, strie, trait, zébrure. Que de mâts à hisser pour réjouir la bande de notre joyeux sportif! On peut en effet aisément l'imaginer joyeux à la pensée d'effleurer la bottine de sa voisine. Je dis bien effleurer pas écraser. Il y a encore dieu merci des mâles polis et élégants.

Mais ces mots ne pouvaient rester épars sur le gaillard d'avant. Une idée me traversa l'esprit. Et si je les piquais sur la bande jaune du pantalon du Monsieur? Juste pour qu'il court un peu plus vite.

Ne dit-on pas courir comme un zèbre ?

Posté par Coumarine à 09:22 - Libellule - Commentaires [8] - Permalien [#]

Commentaires

  • Coucou Libellule...bienvenue sur PP
    C'est GENIAL ce texte...
    J'aime jouer avec les mots et là...tu y prends ton pied d'une extraordinaire façon!
    J'adore le paragraphe sur les corps durs.qui ont chez toi laissé des traces...rhooooooo!
    c'est trop drôle!!!
    Bravo à toi...j'espère te voir souvent ici

    Posté par Coumarine, 24 juillet 2007 à 09:29
  • Superbe, j'adore, ce texte se lit, se relit, se devore avec gourmandise et quand il est fini on en redemande

    Posté par Myriel, 24 juillet 2007 à 11:43
  • J'ai aimé chercher à suivre les mots qui bondissaient, joyeux et légers, un texte tout sourire. J'ai relu, pour le plaisir.

    Posté par Virgul, 24 juillet 2007 à 12:54
  • bienvenue à toi et bravo pour ce texte réjouissant.

    Posté par Claire, 25 juillet 2007 à 13:23
  • Génila vraiment!
    J'adore aussi les gongleurs de mots!!!
    Bravo c'est excellent !

    Posté par val, 25 juillet 2007 à 22:53
  • Libellule bonjour

    ton texte est comme ton pseudo.. un ballet aérien et léger ! Un régal

    Posté par ilescook, 26 juillet 2007 à 09:00
  • Somme toute, voilà un texte qui rend gourmand de most et qui met en appétit de toutes les virtualités qu'il contient; tu nous fait le chemin d'un logorallye, créant une proposition dans la proposition...et moi je démarre! Si j'ai le temps, je t'envoie mon histoire...

    Posté par jujube, 28 juillet 2007 à 15:53
  • Merci pour vos commentaires de bienvenue. C'est en effet sur la planète des mots que se posent avec bonheur mes ailes de libellule.

    Posté par Libellule, 01 août 2007 à 10:22

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