Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

28 juillet 2007

En petites foulées (Jujube)

La surprise était de taille !

Au lieu du sentier qui se faufilait tous les matins entre les herbes folles, des pavés bien rangés s’alignaient devant lui jusqu’à la plage. Il continua de bonne grâce en petites foulées.

Et la plage ! Au lieu du sable blanc qu’une mer paresseuse venait lustrer sous le ciel pâle, c’était un boulevard empli de voitures qu’une frise d’immeubles gris et mornes bordait à gauche et à droite, aussi loin qu’on se tordait le cou. Il reprenait son souffle en laissant promener son regard étonné. Il marcha pourtant, rejoint bientôt par une jeune punkette qui lui emboîta le pas.

« T’es nouveau dans ce quartier, toi ? Avec tes baskets tout neufs et ton jogging, tu jures dans le tableau, que je te ferais dire ! » dit-elle. Et sur quel ton !

J’ai dû me perdre, en effet, pensait-il, mais je ne sais pas comment : je suis parti de chez moi  pour faire mon cross comme d’habitude, j’ai pris le même itinéraire par la rocade , c’était sans histoire. « Où est-on ? » risqua-t-il. « Dis-moi plutôt d’où tu sors, crétin ! Ici, on est au Paradis, et moi je suis la fée Punkette. T’as un vœu, même deux ? Je te les réalise illico ! Mais pour le troisième, faudra repasser parce que j’ai pas encore passé le troisième niveau » Une fée ! Il n’y croyait pas. Mais après tout, c’était tellement bizarre d’être déjà dans cette situation… « Ben j’en ai deux… » hasarda-t-il. « Vas-y, je suis pressée ! ». « Le premier, ce serait de retrouver mon chemin furtif entre les herbes folles qui me conduit à la mer » Et aussitôt, le vent siffla dans les touffes aux senteurs poivrées qu’il connaissait si bien. « Et l’autre ? »  demanda la fée Punkette qui courait à ses côtés.  Pris d’une brusque inspiration, il demanda : « Voudrais-tu m’épouser ? » « Banco ! C’est ce que j’attendais ! » hurla la jeune fée à pleine goule dans le vent . Elle était nue devant lui, et souriait.

      La suite, vous la connaissez : ils s’embrassèrent devant la mer argentée, ils se roulèrent dans le sable, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants. On a tout le temps de rêver en course solitaire.

Posté par Coumarine à 09:35 - Jujube - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

  • Ne dit-on pas qu'il faut se perdre pour se retrouver?

    Posté par libellule, 28 juillet 2007 à 10:12
  • ahhhhhhh quel joli conte !!
    Le début m'avait rendue toute triste.... quoi ?? les rues au lieu de la mer..

    mais la fin... adieu ville, rues, pollution et bonjour la féérie ! Merci

    Posté par ilescook, 28 juillet 2007 à 13:18
  • Quel conte de Fées

    Posté par val, 28 juillet 2007 à 15:46
  • La fée de l'an 2000..

    Géniale cette histoire ! le début fait vraiment penser à un cauchemar..et puis on s'aventure dans un vrai conte de fée. La fée punkette, fée de l'an 2000..fallait oser ! Auront-ils vraiment beaucoup d'enfants ?? Bravo !!

    Posté par Brie, 29 juillet 2007 à 10:31
  • oui, je rejoins les autres commentaires...
    un conte de fées un peu spécial...mais bien mené et dont la surprise finale reste complète
    Super jujube!

    Posté par Coumarine, 29 juillet 2007 à 13:26
  • Ca alors quelle surprise...bon je sais ce n'est qu'un rêve mais bon comme quoi ce n'est pas l'habit qui fait le moine....

    Posté par bonaventure, 29 juillet 2007 à 18:35

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