Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

08 septembre 2007

Obsessionnel (Poème de Vie)

« L'horloge indique vingt deux heures trente, mais elle est en avance... »

Deux yeux énormes scrutent la ville ou plus exactement la fenêtre en face de ses trous, c’est à dire ma cuisine. Chaque matin quand je me lève et que j’y déguste mon café, je les vois et je les observe. Deux yeux ébahis qui me font penser au regard ahuri de Donald. Quelques cils bien lissés, une larme noire au bord de chaque paupière. Et l’iris qui se déplace de façon imperceptible chaque jour, croyant sans doute que je ne le vois pas.

Mon café a refroidi… comme d’habitude !

Mes yeux scrutent ses yeux, ces ronds qui s’abîment dans la façade froide de l’usine à gaz. Des frissons parcourent mon échine… le regard scotché sur ce regard vide et pourtant présent et qui scrute la rue, la ville ou plus exactement la fille en face de ses trous, c’est à dire ma cousine. Chaque matin quand je me relève et que je reboutonne mon pantalon, je les vois et je les caresse…. Deux yeux souriants qui me font penser au regard rêveur d’un marchand ambulant. Quelques cils bien lissés, une larme noire au bord de chaque paupière. Et l’humus qui féconde de façon subtile chaque jour, espérant sans doute qu’un petit homme se mette à pousser.

Mon café a refroidi… comme d’habitude !

Mes yeux scrutent ses yeux, ces amandes qui se dessinent sur la façade lisse de l’épiderme d’abricotine. Des frissons parcourent mon échine… le regard scotché sur ce regard avide et si présent et qui scrute la rue, la ville ou plus exactement la fenêtre en face de ses trous, c’est à dire ma routine….

« L’horloge indique vingt trois heures trente, mais elle est en avance… »

Posté par Coumarine à 09:50 - Poème de vie - Commentaires [15] - Permalien [#]

Commentaires

  • Bonjour Poème de vie
    Je suis un peu décontenancée par ton texte
    Je ne le comprends pas bien...c'est comme s'il m'échappait
    Je ne vois pas où tu veux en venir
    Tu parles par allusions (ça c'est bien!) par métaphores (idem) mais il faut comprendre un minimum pour pouvoir entrer dans le texte

    J'aime la répétition de la phrase sur le café qui refroidit
    Et je suppose que ici, le titres est capital: il s'agit d'une obsession, et comme toutes les idées obsessionnelles, elles ne s'expliquent sans doute pas...

    Merci de nous obliger à réfléchir à partir d'un texte pas "ordinaire"
    J'espère que d'autres se lanceront pour donner leur avis...

    Posté par Coumarine, 08 septembre 2007 à 12:59
  • J'aime bien ce texte, même si je ne le comprends pas tout à fait. J'imagine un homme assis tous les jours devant sa tasse de café et qui, en face de lui, voit les fenêtres d'en face; Elles deviennent une obsession, il y voit le regard de Donald, de sa cousine, ou du marchand ambulant, selon l'humeur. Il pense que les yeux regardent dans sa cuisine et observent son univers. Et sans doute sa solitude et sa routine.

    C'est un travail de poète qui s'amuse à brouiller un peu les pistes. Du moins c'est ainsi que je le ressens. "Poème de vie" nous dira sans doute la clef de son élégante énigme.

    Posté par Lorraine, 08 septembre 2007 à 13:51
  • Oui, le rythme est très obsédant. Comme celui de la pendule plutôt inquiétante

    Posté par serriere, 08 septembre 2007 à 14:39
  • Second degré

    Voyons, voyons !

    La cousine occupe une place centrale.
    On frissonne.
    Le matin, on ne se lève pas mais on se relève.
    On ne boutonne pas son pantalon mais on le reboutonne.
    Un épiderme,des trous, des larmes, des caresses.
    Du scotch et de l'abricotine.
    Et ce petit d'homme qui intrigue.

    Voyons, voyons !

    Posté par Papistache, 08 septembre 2007 à 18:11
  • je n'ai pas compris ton texte (

    Posté par cassy, 08 septembre 2007 à 19:46
  • j'suis rassurée

    ... mais je persiste. j'y retourne

    Posté par rsylvie, 08 septembre 2007 à 22:28
  • serait-il amoureux de sa cousine ?
    serait-il blasé de la vie?
    fatigué de la routine ,

    Posté par rsylvie, 08 septembre 2007 à 22:30
  • Ce texte pour moi ressemble à une éloge à la folie...

    répétitions multiples... on descend en spirale.. jusqu'à la routine !

    Posté par ilescook, 08 septembre 2007 à 22:55
  • Bonjour Poète,

    Pour ma part, j'ai ressenti ton texte comme une tanscription précise de la confusion des sens (t de tous les sens) dans la pensée obsessionnelle. Il y la fantasmagorie tissée autour de ces 'yeux', que le narrateur personnifie, ils sont ceux de Ronald, peut-être ceux de la cousine, ces yeux qui font 'tremnbler l'échine'.
    Peut-être effectivement aurait-il fallu introduire un peu plus longuement la dérive, mais je trouve ce texte réussi, vraiment.
    Petit reproche, j'ai l'impression que l'incipit proposé par Coum' est posé là, comme si, happé par 'ces gros yeux', tu l'avais oublié... Mais peut-être est-ce fait exprès ?

    Posté par Chiara, 09 septembre 2007 à 09:35
  • Quelques éclaircissements

    Merci pour tous vos commentaires fort intéressants et pour toute la peine que vous vous êtes donnée pour essayer d’y comprendre quelque chose. Même moi, je n’en avais pas saisi toutes les nuances. Grâce à vos commentaires, j’ai pu percevoir plus finement les pensées qui ont jailli de ma plume de façon très spéciale, voire surprenante.

    Je suis partie uniquement de la photo, les lucarnes m’ayant fait penser à des yeux, comme à d’autres d’entre vous d’ailleurs. Subitement, au bout de quelques lignes, le texte s’est mis à se répéter sans fin, comme une ritournelle. Et dans cette danse obsessionnelle, tout en essayant de garder le fil de la répétition, je me suis mise à remplacer des mots par d’autres, entremêlant la réalité (l’image d’en face), son ressenti, des flashs relatifs à son enfance (Donald), à des événements historiques traumatisants, ses préoccupations, sa routine. Tout ceci se passe dans la solitude de son cœur, une sorte de rêverie douloureuse. Le ton est abrupt, grimaçant, à la limite du pervers ou du cynique parfois.


    Chiara > ton explication est je pense la plus proche de ce j’ai tenté de mettre en mots au fur et à mesure de l’écriture. Quand à l’incipit, c’est le déclencheur de cette folie obsessionnelle. L’horloge, c’est l’image du temps qui passe, de la prise de conscience que la vie est limitée ce qui, en arrière-fond, déclenche son questionnement sur le sens de la vie. Reprise de l’image dans la dernière phrase : Une heure a passé, mais en lui rien n’a changé ! son questionnement est toujours aussi obsédant. Merci de m’en avoir fait prendre conscience grâce à ta remarque.

    Ilescook > oui, c’est ça, cette spirale qui amène le personnage de plus en plus profondément en lui, vers sa douleur profonde, renforcé par son sentiment de solitude absolue, peut-être aussi un sentiment d’impuissance, d’où la folie.

    Rsylvie > oui, oui, il est bien amoureux de sa cousine, elle passe ses nuits chez lui et ils aimeraient avoir un enfant, mais…. Là aussi des questions essentielles affleurent et angoissent le personnage. Le sens, toujours le sens des choses, comme une obsession !

    Cassy > merci de le dire aussi. Ce n’est pas du tout évident d’y comprendre quelque chose.

    Papistache > hem, il y a des sous-entendus qui n’ont pas de secret pour toi ! Et toc, découverte !

    Serrières > très obsédant ! la ritournelle pourrait continuer sans fin, mais….. 2000 caractères, pas plus, hein !

    Lorraine > il y a de cela aussi que tu mentionnes. Les yeux des lucarnes se mêlent à d’autres yeux qui ont laissé des empreintes profondes dans son ressenti.

    Coumarine > Merci aussi à toi d’avoir ouvert les débats. Je comprend fort bien que ce texte soit difficile d’accès. Je réalise aussi, plus j’avance dans mes explications, que ce qu’il y a derrière ces mots, ces métaphores, reflète en fait une partie de mon vécu, de mes questionnements. Je suis toujours surprise sous quelle forme détournée, parfois, les pensées profondes peuvent surgir. Il y a une force étonnante au fond de nos entrailles qui, quand elle s’exprime, peut prendre des voies bien curieuses.

    Posté par Poème de vie, 09 septembre 2007 à 11:00
  • Je crois qu'une obsesion n'a pas besoin d'explications...et nous tournons en rond dans cette douce folie.

    Posté par Kloelle, 09 septembre 2007 à 15:31
  • obsession

    Posté par Kloelle, 09 septembre 2007 à 15:31
  • le rythme et les mots. Vous avez trop de talent tous et j'aurais dû vous lire avant de pondre le galimatias que je viens d'envoyer

    Posté par brigetoun, 10 septembre 2007 à 13:01
  • Tatata brigetoun, c'est pas bien de dire ça !

    Posté par Chiara, 10 septembre 2007 à 20:11
  • Vivre par procuration! Une vie qui tourne en rond.
    Chaque jour la même chose...
    Que c'est dur. M'enfin, on en sait pas vraiment si la situation le fait souffrir.

    Mais heureusement, je passe aprés les commentaire et explications... autrement moi aussi j'aurai eu du mal à comprendre.

    Posté par val, 11 septembre 2007 à 09:00

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