Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

15 octobre 2007

Le jardin du souvenir (Cassandrali)

Je me sens bien, envahie par une exquise sensation de liberté, de bien être, de quiétude…
Longtemps je me suis demandée ce qu’il adviendrait de moi le jour où…
Je n’y songe plus. Je n’en sais pas plus mais mon état de plénitude me libère de toutes craintes quand à ma destinée. Désinvolte, je me sens flotter dans les airs.
Longtemps j’ai hésité sur le chemin à emprunter le jour où…
Quelle serait ma destination finale. De la poussière devenue au fil d’un temps trop long, enfermée à tout jamais, j’ai espéré d’autres horizons. J’ai choisi…
Au confort de l’écrin de velours, j’ai préféré la rigueur de la terre généreuse.
Au sombre espace humide, j’ai désiré la chaleur de l’astre de lumière.
Au souterrain confiné, j’ai souhaité le vertige du souffle de l’air.
Parce qu’éprise de libertés, d’absolus infinis, sans cesse attendus…
« Souviens-toi que tu es poussière et que tu redeviendras poussière. »
Après tout, ne le suis-je pas devenue juste un peu plus rapidement ?
Poussières de cendre, éparpillées dans la nature… Hier.
Les adieux dit, il les laissa s’échapper près des berges où nos regards se sont croisés au premier jour de notre histoire.
Une douce brise m’emporta. J’ai survolée l’escalier de pierre où il m’a demandée ma main, puis je me suis laissé entraîner jusqu’à la demeure qui fut la notre des années durant.
En suspension dans l’air, je le revis refermer doucement la porte, avec regret, comme pour tourner définitivement la page du passé ; mon passé, dont il ne lui restera plus que des bribes de souvenirs cachés tout au fond de son coeur.
Un inconnu s’approcha. Il lui serra la main, échangea quelques mots avant de contempler une dernière fois les lieux. Il retira la clef de la serrure & se tourna face à l’homme au long pardessus.
J’ai senti le vent se lever. Prise dans le tourbillon d’air qui m’éloigna de lui & me transporta vers la voie s’illuminant progressivement devant moi, je l’aperçus une dernière fois ; d’une main tremblante, il lui donna solennellement les clefs de la maison.

Posté par patitouille à 09:00 - Cassandrali - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

  • Un texte tres triste, mais egalement tres serein. Bravo.

    Posté par Janeczka, 15 octobre 2007 à 09:55
  • je dirais désenchanté plutôt que triste
    une écriture assez lyrique, en tous cas, qui s'accorde bien au sujet

    Posté par matarjeu, 15 octobre 2007 à 10:22
  • Je n'ai pas senti la tristesse... mais plutôt une libération.... elle est déjà ailleurs et donne un dernier regard à sa vie, à ceux qu'elle laisse.

    Elle a choisi...

    Que de poesie dans ce texte. Merci

    Posté par ilescook, 15 octobre 2007 à 13:35
  • c'est beau, léger, poignant, j'ai beaucoup aimé

    Posté par jade, 15 octobre 2007 à 14:48
  • je ne ressens pas de tristesse dans ce texte, même si le sujet est douloureux. C'est léger et fluide comme le dernier voyage de cette narratrice un peu particulière.

    Posté par fabeli, 15 octobre 2007 à 15:28
  • j'aime beaucoup. très poétique.

    Posté par souliers vernis, 16 octobre 2007 à 20:02

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