Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

21 octobre 2007

13. Chaleur métallique (Jay)

Mauvaise surprise, le quai du métro est noir de monde. Ca fait 15 jours que je me suis coupé de tout. J’aurais du écouter les infos, il doit y avoir une grève. Je me décide pour la marche, j’ai tout mon temps et il fait beau. Les rues sont désertes. A cette heure-ci c’est plutôt rare. C’est à n’y rien comprendre, cette ville. Les rares personnes que je croise ont l’air pressé. Un homme me bouscule en courant. Drôle d’atmosphère. En fait il fait même chaud, très chaud. Je me mets à tousser fortement. Probablement une poussière que j’aurai avalée. Ca me prend souvent ces temps-ci. Tout à coup je suis aveuglé par des reflets. Les rayons du soleil me sont renvoyés par de grands vitraux géométriques. Chaleur métallique. C’est la façade d’un bâtiment post-moderne que je n’avais jamais remarqué auparavant. Ca a l’air de s’agiter à l’intérieur. Je m’approche de l’entrée. «Eglise mégapostolitique réformiste du 23e siècle. Prière… d’essuyer vos pieds en entrant» Ici aussi, c’est noir de monde. Et ça prie, et ça crie, et ça pleure. Sur un pupitre, un homme habillé d’argent scande au micro : «C’est un fléau! Recueillez-vous auprès du Seigneur afin qu’il entende nos voix. Ou fuyez, si vous le pouvez, loin de cet oxygène que nous avons pollué de nos pêchés.» «Que se passe-t-il?» Une femme près de moi me répond : «Vous êtes étranger? Vous n’êtes pas au courant? L’air ambiant est devenu toxique, il faut se réfugier dans des endroits climatisés» Surpris, je me remets à tousser. La femme s’éloigne de moi. On me regarde bizarrement, je ne suis plus le bienvenu. Prière… de partir vite. Dehors, je protège mon visage avec ma chemise. Enfin arrivé à l’agence de voyage, je demande en toussant à prendre le 1er vol pour mon pays. L’hôtesse passe un coup de fil afin de vérifier les places disponibles. Elle tapote un moment sur son clavier. «Monsieur?» Je me retourne. Deux hommes en blouse blanche me font face, leur ambulance est garée devant l’agence. « Veuillez nous suivre, s’il vous plait »

Posté par Coumarine à 09:15 - Jay - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires

  • Encore un de ces textes futuristiques qui nous mettent mal a l'aise! cette fois-ci, la pollution de l'air... bien trouve, ca risque d'arriver...
    J'aurais peut-etre plus aere le texte si ca avait ete moi.

    Posté par Janeczka, 21 octobre 2007 à 09:45
  • Non, Jay ne pouvait pas aérer son texte... on nous aurait été pollué avec cet air vicié hi ! hi!

    En tous cas, bravo pour la fiction !

    Posté par ilescook, 21 octobre 2007 à 09:50
  • Bien menée cette descente vers ...la folie ?

    Posté par kloelle, 21 octobre 2007 à 13:21
  • Une ambiance étrange mais très bien rendue. J'ai apprécié cette lecture.

    Posté par antigone, 21 octobre 2007 à 13:48
  • Bien mené, angoissant...et si c'était vrai?

    Posté par Lorraine, 21 octobre 2007 à 15:33
  • un texte de science-fiction prenant et très bien mené.
    j'aurais aimé rester dans cette atmosphère (c'est le cas de le dire...) plutôt que le retour au réel, un peu décevant comme chute.

    Posté par matarjeu, 21 octobre 2007 à 15:53
  • Futuriste mais pas si loin hélas.

    Posté par mab, 21 octobre 2007 à 17:25
  • Tout y est, sauf la fin qui ne colle pas vraiment au reste selon moi. Dommage.

    Posté par Arthur HIDDEN, 21 octobre 2007 à 19:07
  • Dommage, je n'ai pas été assez clair, pressé par la contrainte des 2000 mots. Pour moi le héros n'est pas fou, il est contaminé et les "hommes en blouse blanche" sont des infirmiers qui viennent le mettre en quarantaine. Merci de vos remarques.

    Posté par Jay, 23 octobre 2007 à 00:15

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