Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

28 octobre 2007

40. Trafic interrompu (Cassandrali)


 

Mauvaise surprise, le quai du métro est noir de monde.

 

Comment faire pour se faufiler dans cette foule si dense ? Jamais ils ne me laisseront passer, ils ont trop peur de perdre leur place !

 

Au secours, à l’aide… Aidez-moi…

 

Autour de moi, il n’y a plus personne. Comme par enchantement, ils ont tous disparu.

 

Une main se posant sur mon épaule me fait sursauter.

 

- Madame… Vous allez bien ? Vous êtes toute pâle & en sueur.

 

- Monsieur l’agent, y’a un type qui me poursuit depuis mon travail ! Vous savez la grande tour de verre, juste là, à l’entrée de la station… Il m’a coincée dans l’ascenseur, m’a menacée d’un couteau… Je lui ai filé un coup de pied entre les jambes & j’suis sortie juste avant la fermeture des portes. J’ai dévalé les étages pour arriver ici où il…

 

- Ah ah aaah…

 

Je me retourne & aperçois mon agresseur au bout du quai, avançant lentement.

 

- C’est lui !

 

Mais le policier s’est évanoui, comme la foule tout à l’heure.

 

C’est pas possible ! J’suis dans un rêve… Je vais me réveiller.

 

Seule sur le quai, je suis à nouveau à la merci de cet homme, qui se dirige vers moi.

 

J’entends au loin, le grincement des rails de la rame qui s’approche. C’est ma dernière chance, monter dans un wagon et espérer qu’il se ferme avant même que ce type n’y pénètre.

 

Non, il est trop près. Si je monte, il monte & là Dieu seul sait ce qu’il fera de moi.

 

Il me faut une autre idée. VITE !

 

Il n’est plus qu’à quelques mètres de moi, je peux distinguer son sourire cynique, son regard cruel. Je suis paralysée, il vient & je reste plantée là sans tenter de fuir, tel une proie résignée.

 

Au moment où il s’apprête à m’agripper, je fais un pas en arrière, prends de l’élan & saute sur la voie juste devant le métro qui arrive.

 

Déséquilibré, il tombe.

 

Je ne prends pas le temps de regarder derrière moi. Je me précipite hors de la station & poursuit ma course jusqu’à la suivante. Là, surprise ! Le quai du métro est noir de monde…

 

Une voix nous informe qu’un incident voyageur perturbe l’ensemble du trafic sur la ligne.

 

 

Posté par Coumarine à 17:30 - Cassandrali - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

  • Il a l'air tres surrealiste ce texte... j'aime beaucoup. Elle arrive a s'en debarrasser, de son agresseur... jusqu'au prochain reve?

    Posté par Janeczka, 28 octobre 2007 à 21:08
  • Cela m'a fait penser aux scènes de métro du film 'Ghost'... Avec Patrick Swaize !

    Posté par Pivoine, 28 octobre 2007 à 22:55
  • Mais, il est passé où le flic ?

    Posté par juliette03, 29 octobre 2007 à 14:57
  • Excellent thriller, on est embarqué peu importe si la fiction dépasse la réalité. Bravo !

    Posté par Amanda, 29 octobre 2007 à 15:38
  • Voilà un moyen bien original de se débarasser de son agresseur. Plus dur sans doute que de se débarasser des cauchemars qui peuplent nos nuits !

    Posté par ilescook, 29 octobre 2007 à 18:04
  • La sensation de cauchemar est très bien rendue : la fébrilité, la terreur, la bascule d'une réalité à une autre ...

    Posté par Farfalino, 31 octobre 2007 à 13:11

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