Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

15 janvier 2008

22. Sentiments en panne de moteur (Christine 2)

J’ai bien fait le tour de la question …

Depuis deux ans que je pose des mots sur des maux, bribes de joie ou de peine, des bouts de moi dans une tranche de vie, entre déception, rupture, mensonge et trahison, images sur mes amours et désillusions ; je ne trouve plus cette source d’inspiration qui fut mienne et cette motivation qui me poussait à écrire.  Je n'arrive plus en ce moment  et ce depuis pas mal de temps à continuer en ces lieux, avec l’impression de stagner toutes portes fermées.

Je n’avais plus de Pygmalion nécessaire à nourrir ma source d’inspiration. C’est comme une muse pour un peintre. Certes, les peintres ne peignent pas systématiquement leurs muses,  mais il n’y a pas de peintures sans muse. Prenez par exemple Louis Aragon. Il s’est beaucoup inspiré d’Elsa. Les yeux d’Elsa, les mains d’Elsa. Tous ses poèmes ne sont pas que sur Elsa. Elsa en est une partie.

Il me fallait retrouver une certaine source d’inspiration  et je l’ai trouvée dans le regard de B. C’était inné. D’avance j’ai su que je pourrais y puiser mon exhalaison. Pour lui j’ai écrit mes plus beaux textes. Surtout un. Incontestablement le plus réussi. Celui dont je suis la plus fière aussi. Je ne saurais jamais ce qu’il en a pensé mais je ne le remercierais jamais d’avoir fait parti de cette source d’inspiration.

Il y a quelques semaines encore, j’avais commencé une ébauche que je n’aie pu terminée. Quelque chose m’a arrêté net, comme si je sentais que mon Pygmalion s’en allait, emportant ainsi ma verve, mon souffle d’air, cassant la branche de mon arbre, asséchant ma source. Mon inspiration me quittait en même temps que lui.

Lors, je suis en panne d’écriture et mes pages restent blanches. Nul but, nulle raison, nulle passion. Une seule réalité éternelle et présente. Mon petit carnet à spirales n’est que ratures et pages déchirées. Celui qui fut le miroir et compagnon de mes pensées mérite mieux et il est peut-être temps de dire au revoir ou adieu, fermer les volets et ouvrir une autre page.

Posté par Coumarine à 17:51 - Christine2 - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

  • La panne d'inspiration n'a jamais ete aussi inspiree! de tres beaux mots.

    Posté par Janeczka, 15 janvier 2008 à 20:01
  • Notre trac à tous ! Bien rendu.

    Posté par Sodebelle, 15 janvier 2008 à 22:08
  • Salut Christine, très joli texte comme d'habitude.
    Il y a toutefois une phrase que je ne comprend pas :

    "Je n’avais plus de Pygmalion nécessaire à nourrir ma source d’inspiration."

    Je connais "l'effet Pygmalion" mais dans cette phrase, malgré la majuscule, Pygmalion est employé comme un nom commun… Comme si tu voulais parler d'une muse… Je ne suis pas sûr.

    Posté par le chien, 16 janvier 2008 à 09:48
  • J('espère que ce n'est qu'une fiction... sinon

    retouve vite un autre pygmalion et ton écriture

    Posté par ilescook, 16 janvier 2008 à 17:11
  • Il y a beaucoup d'ambiguité dans ce rôle de pygmalion que décrit ton texte, et c'est ce que j'aime.

    Posté par Arthur HIDDEN, 18 janvier 2008 à 06:54

Poster un commentaire