Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

16 janvier 2008

23. Procédons par élimination (Oncle Dan)

J’ai bien fait le tour de la question. Je l’ai examinée sous toutes les coutures.

Dans le petit commissariat de quartier, tous les inspecteurs étaient là et entouraient le commissaire en retenant leur souffle.

Je ne sais pas qui l’a posée sur le tapis, mais ce qui est certain, c’est que plusieurs réponses sont possibles, parmi lesquelles l’une d’entre elles me paraît être la bonne.

Si je procède par élimination, ajouta-t-il, après un temps de réflexion.

Le pouvoir de déduction du commissaire était reconnu de tous, et il ne faisait plus de doute que cette énigme qui les avait tenus en échec depuis des mois, allait enfin être résolue.

Vous remarquez, tout comme moi, enchaina le commissaire, que les volets sont comme pétrifiés et ont l’aspect du crépi.

Oui, oui, répondit l’inspecteur Marfau, c’est bien ce qui nous intrigue. C’est inexplicable.

Sur celui de gauche se dessine une main ou la trace d’une main. Vous l’avez vu comme moi ?

Oui, oui, répondit encore l’inspecteur sur un ton légèrement agacé.

Il est remarquable, poursuivit le commissaire, que cette main soit essentiellement composée de trois doigts et d’un pouce, le quatrième doigt n’étant qu’une ombre fantomatique, séparée du reste.

Martinez se demandait où voulait en venir le boss et regardait sa montre avec impatience.

Nous le savons tous depuis longtemps, commissaire. De grâce, achevez.

Et bien cette main n’est pas celle d’un être humain.

Cette affirmation, et Dieu sait que le commissaire n’affirmait jamais à la légère, fit l’effet d’une bombe dans le petit commissariat.

Ce n’est pas la main d’un être humain ! Mais alors, la main de qui ou de quoi ? Osa le petit San-Francisco.

Enfin, San-Francisco, vous voyez bien que cette main est beaucoup trop grosse, ou alors, ce sont les volets qui sont trop petits, se fâcha le commissaire.

On enferma le commissaire quelques jours plus tard, dans un établissement spécialisé.

Il n’était plus que l’ombre de lui-même.

Posté par Coumarine à 09:18 - Oncle Dan - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires

  • étrange chute !
    j'aime bien l'idée de départ...
    j'aurais meme pensée à une suite.
    mais là !

    parait, qu'il existe beaucoup d'établissements spécialisés pour accueillir les fonctionnaires !
    tu parles d'un enfermement !

    Posté par rsylvie, 16 janvier 2008 à 10:35
  • ton comissaire me fait beaucoup penser à un héros de Fred Vargas : Adamsberg. Un comissaire toujous dans la lune aux conclusions chercher dont ne sait où et souvent exact.

    Posté par lio, 16 janvier 2008 à 10:39
  • J'ai bien ri!! quelle chute...

    Posté par Janeczka, 16 janvier 2008 à 12:52
  • Toujours le bon mot pour rire, hein, l'Oncle Dan.
    Ca fait du bien par où ça passe !

    Posté par Sodebelle, 16 janvier 2008 à 15:26
  • rondement menée cette affaire là !

    Bravo et pourtant ce n'était pas évident mon cher Watson !

    Posté par ilescook, 16 janvier 2008 à 17:13
  • très rigolo et la chute est inattendue, bravo !

    Posté par matarjeu, 16 janvier 2008 à 18:57
  • Chouette texte et on se laisse agréablement surprendre.

    Posté par virgul, 17 janvier 2008 à 08:18
  • J'adore... J'hésistais entre Columbo & Grison dans la série des Experts, mais ton commissaire est encore plus fort !
    Pourquoi l'avoir enfermé ?
    Ne serait-il pas un pote à Mulder ?

    Posté par Cassandrali, 18 janvier 2008 à 13:02
  • Excellent!

    Posté par Arthur HIDDEN, 19 janvier 2008 à 16:26

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