Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

21 janvier 2008

43. Clap (Cassandrali)

- J’ai bien fait le tour de la question… Mais j’t’assure, je n’sais plus… Je m’rappelle plus…
- C’est insensé ! Il doit bien y avoir un truc dont tu te souviens quand même ! On n’oublie pas tout une soirée comme ça bon sang !
- Ne cris pas, j’ai mal au crâne…
Il se tut. Après un court instant, elle reprit d’une voix hésitante, au fur & à mesure que les bribes de ses souvenirs revenaient :
- J’entends de la musique, des chants… L’atmosphère est très étrange, envoûtante… Elle m’inquiète & m’attire en même temps.
Les gens autour de moi me sourient, m’effleurent… Certains me caressent, m’embrassent…
Je reste docile. Je ne cherche pas à m’enfuir… J’apprécie ces gestes de tendresse.
Le champagne coule à flot & les coupes s’enchaînent…
Je m’avance vers un groupe affalé devant une table de verre où toutes sortes de substances interdites sont consommées sans modération… Cocktails détonants auxquels je m’adonne sans retenue.
- P’tain t’as pris d’la came ! T’es complètement folle ou quoi !
- Tais-toi ! Comment veux-tu que je me rappelle si tu m’coupes tout l’temps !
Je me souviens de cette vision enchanteresse, celle de cet ange sorti de nulle part qui s’approche de moi. Il m’enlace, m’emporte dans ses danses démentes, tourbillons enivrants me menant dans un état proche d'une transe… Oubliant la bienséance, obnubilée par son charme & fascinée par son regard, je m’abandonne à lui…
J’entends des rires… Je suis la risée des spectateurs. Je vois leur visage répugnant & dans leurs yeux, le désir d’assouvir leurs fantasmes… Ils m’agrippent, je crie, me débats… Je deviens hystérique.
Puis c’est le trou noir.
Le silence pesant me réveille. Il fait noir. Une odeur infecte règne dans la pièce. Je me lève, me dirige vers la fenêtre. Fébrile, je pousse une persienne. La lumière aveuglante pénètre l’endroit…
Les mots se perdent dans ses sanglots :
Je… Je découvre du sang sur mes mains… Du… Du sang sur mon corps nu…
C’est horrible… Y en… Y en a partout…

Coupez ! C’est bon pour moi, on la garde.

Posté par Coumarine à 17:50 - Cassandrali - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

  • Bigre! Voilà une prise de vue qui doit laisser des traces dans les rêves ultérieurs des comédiens... La chute est intéressante, je ne l'avais pas du tout vu venir!

    Posté par fc, 21 janvier 2008 à 20:36
  • Tout pareil, je m'attendais a autre chose...
    Bien vu!

    Posté par Janeczka, 21 janvier 2008 à 21:14
  • Tout à fait le genre de film que je fuis mais j'ai aimé en lire le scénario.

    Posté par Noisette, 21 janvier 2008 à 21:38
  • Voilà une chute très originale.

    Posté par cassy, 22 janvier 2008 à 11:52
  • C'est bien rendu, et on est soulagé de rester dans la fiction.

    Posté par Virgul, 23 janvier 2008 à 09:23

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