23 février 2008
9. Triste histoire (Claire)
Il n'en a parlé à personne. D'ailleurs Il ne parle plus, même plus avec les yeux. Il a eu trop peur, il a eu trop mal. La souffrance a été immense, le désespoir profond. Il ne parle plus, de peur de relâcher cette souffrance trop grande, ce désespoir trop profond dans un monde déjà trop malade. Il garde en lui ses mots, ses cris dans la cage de son corps.
Sa mère, elle, elle a hurlé sa peine. "Parle, mais parle donc, dis-moi." Il n'a rien dit, elle n'a pas pu mettre des mots sur sa peine. Maintenant, elle les murmure, ces mots : dis-moi, parle-moi, je t'aime. Elle les murmure, ces mots, à son enfant aux yeux éteints.
Le père, cette nuit-là, il a pris son fusil. On ne sait pas s'il a trouvé la réponse. On ne sait pas si la réponse a été trop lourde, trop grande à porter. Ce soir-là, le Père il s'est tué.
Commentaires
Le père s'est tué sous les yeux de son enfant ? ? ... c'est alors insoutenable et je ne pense pas que l'enfant puisse vivre avec ça ... Quelle noirceur Claire dans ton texte cette fois-ci ! ... C'est assez étonnant ( ou non finalement ) que l'énoncé de la consigne laisse penser à des choses sombres dans l'ensemble... comme si ce dont on ne voulait pas parler à qui que ce soit était forcément bouleversant ! ;-)
non, dans mon histoire, le père se tuait après avoir trouvé la raison du silence de son fils ou peut-être de ne pas l'avoir trouvé, mort de l'impuissance à soulager son fils. Mais j'avais pensé aussi à l'amour,, à des choses plus gaies mais c'est la tristesse qui est restée. Je vous fais un bisou pour vous consoler.
ceci dit c'est toujours bouleversant de trouver l'amour, de voir une belle chose...
Tu vois Claire, ton texte je l'ai lu plusieurs fois sans réussir à comprendre vraiment le fond de l'histoire ... c'est pour ça que j'ai posé un ? ... mais l'histoire à laquelle tu as pensé est très complexe et très profonde !( la noirceur m'a étonnée parce qu'il me semble que tu nous a habitués à des textes joyeux et malicieux ... mais peut-être me trompe-je ( berk l'expression !! )... je vais de ce pas voir tes archives ;-))
Pour être noir, c'est noir. C'est clair !
ben personne ne dit que c'est rudement bien pondu, par contre ? ;))
noir, sans aucun doute, Claire. court, comme toujours chez toi, mais (à la différence du texte de Walrus, par exemple), là, le court sert tes mots. rien ne manque, tout est dit. enfin, c'est mon avis, hein... :))
perso, j'ai imaginé l'enfant ado, vivant un drame au-delà de son seuil d'acceptation. lutter est trop rude pour lui.
puis, c'est la peine de la mère à ne pouvoir le secourir, et l'effondrement du père face à sa propre impuissance à aider son gosse...
Ton texte - très bien écrit - ne peut pas laisser indifférent. Chacun y projette l'idée qu'il se fait de la noirceur. Moi j'avais pensé à l'inceste.
Texte très fort.
Tes trois personnages sont chacun seul et enfermé dans leur souffrance. Chacun le manifeste à sa façon.
Je rejoins Pati, tout est dit dans la briéveté de ton texte. Et comme dit Noisette chacun y mets ce qu'il veut. Tu laisses au lecteur sa place de lecteur.
un texte bien bouleversant
j'aime assez la construction de la dernière phrase qui ressitue bien le texte, au travers des yeux d'un enfant.
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