Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

23 février 2008

11. Alors ? Irrécupérable ? (Sherkane)

Il n'en a parlé à personne, pourtant il doit bien se l’avouer : il se sent un peu décalé dans le groupe qu’il rejoint à Paris une fois par mois pour écrire. Ses compagnons, tous parisiens, commentent volontiers les spectacles qu’ils ont vus ou qu’il faudrait aller voir : concerts, pièces de théâtre, expositions diverses ….
Le plus souvent, c’est de l’hébreu pour lui. Faut dire que ce n’est pas dans le village perdu au fin fond de l’Auvergne où il vit, qu’il peut avoir de telles sorties. Et puis, son truc à lui c’est le sport, les randonnées et l’écriture. Alors il n’en parle à personne, mais il se sent décalé, ignare, stupide, « bouseux » quoi… même si parfois, il lui semble renifler une petite odeur de vernis chez les autres.
Aussi, quand sa cousine lui propose d’aller au musée d’art moderne à Bruxelles, il accepte  sans hésiter. Pourquoi pas ? Il aura pour une fois quelque chose à raconter.
Mais là ! Il se demande vraiment ce qu’il fait dans ce musée où il est de bon ton de se taire, de marcher à pas feutrés, et surtout de ne rien toucher.

Il a beau changer d’angle, il ne comprend pas pourquoi la peinture qu’il a devant lui peut être considérée comme une œuvre d’art. Le visage, démesurément allongé de l’homme, lui parait trop caricatural avec son front anormalement étroit, ses larges pupilles d’un noir trop noir et ses iris d’un bleu un peu trop bleu. Il se recule. Les touches de couleur ? Oui peut être…
Il n’a plus qu’une envie. Sortir de ce musée et partir flâner dans Bruxelles, appareil photo en main.

Ce qu’il aime c’est la pierre, son grain, sa couleur, sa forme, son contact sous les doigts et la paume.  Une pierre, et c’est toute une histoire paysagère qui défile devant lui. Partout où il va, il aime observer comment l’homme l’a utilisée en construction.

Qui sait ce que Bruxelles va lui réserver comme surprise ! 

Posté par patitouille à 17:30 - Sherkane - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

  • Ah ah ! tu sauras demain pourquoi l'iris est d'un bleu trop bleu ))

    Posté par clau, 23 février 2008 à 18:12
  • très belle utilisation de la photo, qui devient un des personnages principaux de ton histoire.

    moi, il me plait bien, ton bouseux )
    sa simplicité doit donner une jolie couleur à son écriture

    bravo à toi .

    Posté par pati, 23 février 2008 à 20:20
  • Il est bien sympa ton auvergnat et il a bien raison de s'attarder sur une pierre ! sympa ton texte.

    Posté par brigou, 23 février 2008 à 20:41
  • Superbe ! J'ai adoré ! Et çà donne envie aussi d'aller flâner à Bruxelles ou ailleurs...

    Posté par Noisette, 23 février 2008 à 22:17
  • Merci à tous de vos commentaires.
    Clau: j'attends donc demain ton texte pour comprendre pourquoi le bleu est trop bleu
    Pati: merci de ton analyse et de ta remarque sur la place que prend l'homme de la photo dans le texte. C'est vrai qu'au début je voulais plus détailler le rapport qui pouvait s'instaurer entre mon personnage et l'homme de la photo (une certaine reconnaissance,ressemblance...). Et puis j'ai dérivé sur autre chose et la contrainte des 2000 signes oblige à condenser, à élimer des idées. J'ai préféré partir sur ma fin que de fouiller davantage les réactions de mon personage vis à vis de l'homme représenté sur la photo. Pour le plaisir je vais ré écrire le texte dans ce sens. Après tout c'est tout l'intérêt des remarques des lecteurs.
    Brigou et Noisette: merci de votre lecture

    Posté par sherkane, 23 février 2008 à 23:28
  • Ce qui est intéressant aussi, c'est le commentaire que TOI sherkane, tu donnes à ton texte...
    qui indéniablement est réussi!
    en plus...si tu parles de Bruxelles...!!!

    Posté par Coumarine, 24 février 2008 à 15:31
  • Merci Coumarine et merci de tes propositions d'écriture!

    Posté par sherkane, 25 février 2008 à 08:48

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