Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

26 février 2008

21. Un trop lourd secret . ( Pourquoi Pas )

Il n'en a parlé à personne, mais depuis ce fameux jour de Janvier, où il s'est trouvé par le plus grand des hasards devant ce tableau, il ne fait qu'y penser.
Même dans ses rêves, ce regard si étrange est présent, et il retrouve à son réveil, cette inquiétude qui ne fait que grandir.
Il essaie de rester calme. Mais ne peut se défaire de l'idée, que celui qui est là sur le tableau , il le connaît.
Mais pourquoi ce souvenir provoque-t-il cette sourde angoisse, dont la raison lui échappe.

Il n'ose en parler à personne.
Il est retourné plusieurs fois au musée, et a passé de longues minutes à scruter la toile, espérant que tout à coup sa mémoire s'éclaire. Il n'ose en parler à personne, car il a peur qu'on le prenne pour un fou.

Un tableau, un regard, une moue dubitative, de facture assez naïve en somme, il n'y a vraiment pas de quoi en faire toute une histoire.
Le problème , c'est que cela lui rappelle quelqu'un, plutôt un événement lointain déjà, mais qui ressurgit aujourd'hui, avec le même poids d'angoisse, et d'incompréhension.

Et puis, cela lui est revenu.
Il visitait le musée, comme il en avait encore maintenant l'habitude. Il avait croisé une jeune fille, bien jolie, lumineuse et avenante. Elle tenait à la main un catalogue avec la photo du fameux tableau.
Il l'avait abordée, échangé quelques phrases banales au sujet de l'exposition, et s'enhardissant, il lui avait proposé de poursuivre avec elle la visite, et suggéré de mieux faire connaissance.
Elle s'était montrée vaguement choquée et il n'avait pas insisté.
Ce n'est qu'en se retrouvant sur le boulevard qu'il avait compris soudain la raison de l' attroupement et des sirènes qui retentissaient . Il s'approcha, distingua la silhouette par terre, toute désarticulée , brisée
par le choc d'une voiture qui s'était immobilisée contre le trottoir.
La main de la jeune fille n'avait pas lâché le catalogue, et les yeux sur le tableau semblaient le fixer avec désapprobation.

Posté par patitouille à 09:30 - pourquoi pas - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

  • ouf, terrible, cette fin désarticulée, hein

    mais j'aime beaucoup la structure de ton histoire, comme tu nous amène d'un sentiment curieux, à l'installation du malaise pour finir dans le drame

    c'est tout bon, ça, bravo à toi

    Posté par pati, 26 février 2008 à 13:18
  • Une rencontre qui restera longtemps dans sa mémoire apparemment !

    Posté par brigou, 26 février 2008 à 13:47
  • ca fait froid dans le dos. Je trouve ton texte bien écrit.

    Posté par souliers vernis, 27 février 2008 à 12:40
  • Quel secret terrible! Comment a-t-il pu oublier? Quelle force dans ce refoulé qui fore et émerge petit à petit! Contente de te relire Pourquoi Pas...!

    Posté par Jujube, 29 février 2008 à 17:59

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