Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

02 mars 2008

43. Ainsi va la vie, tantôt elle chante, tantôt elle pleure (rsylvie)

Il n’en a parlé à personne.
Pourtant ce n’était pas faute d’y penser.
De toute façon, comment pouvait-il oublier ?
Il le portait toujours sur lui.
Enfin, plutôt dans ce qui lui servait de portefeuille et
Qu’il glissait machinalement chaque matin, dans la poche intérieure de son veston,
cette vieille fripe aux couleurs passées par le temps, aux chaudes couleurs noisette.
Qui tranchaient tellement avec le givre de ses yeux bleu acier.
Froids, comme la lame du couteau qui lui avait transpercé le cœur
ce triste soir d’hiver, où elle lui avait dit qu’elle partait avec l’autre.
Un plus jeune de 15 ans, qui la rendait heureuse.
Qui la couvrait de baisers, et la faisait rire.
L’amusait à en pleurer de bonheur.
Alors que lui ne la faisait, que pleurer !
Pas de fou rire, trop de tracas.
Pas de palace, trop de dettes.
La banque, les crédits, les placements hasardeux
Pas de cadeau, plus de boulot….

Depuis, il regardait passer nombre des jeunes amants, les yeux dans les yeux.
Seul dans la nuit froide, il en a pleuré des jours meilleurs.
Même s’il n’en a parlé à personne… il n’a jamais cesser d’espérer.
Il pensait qu’un jour la chance reviendrait lui sourire. Et que peut-être, elle l’aimerait à nouveau…. Cela ne pouvait être autrement, puisqu’il avait trouvé un porte bonheur dans le parc des Tuileries.
Il n’avait plus qu’à attendre qu’elle passe.
Ainsi il a attendu, et appris a égrainer les heures, les secondes.
Il n’a jamais tendu la main. Il avait sa fierté, son honneur.
Alors quand on la retrouvé sur les quais de la Seine,
personne ne se doutait, que dans la poche de ce vieil homme en haillons, était rangé délicatement sous un trèfle à quatre feuilles, un titre d’emprunt russe jauni par le temps.

Posté par patitouille à 17:30 - Rsylvie - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

    un texte en 2 temps !
    beaucoup de pudeur pour évoquer une lente déchéance

    les êtres rejetés par la vie cachent souvent de grandes blessures d'amour

    Posté par Tisseuse, 02 mars 2008 à 18:06
  • oups je relis et trouve

    des fautes !
    pardon, pardon....
    "Depuis, il regardait passer nombre des jeunes amants" faut lire :
    Depuis, il en a regardé passer nombre des jeunes amants

    "Alors quand on la retrouvé " faut lire :
    l'a retrouvé
    faute avouée à moitié.... bon ok. j'essaierai mieux la prochaine fois !!! lol

    Posté par rsylvie, 02 mars 2008 à 18:51
  • texte émouvant, sylvie, qui décrit très bien ce personnage bousculé par la vie

    Posté par fabeli, 02 mars 2008 à 22:33
  • hum, un emprunt russe n'est pas très indiqué comme porte-bonheur... C'est émouvant comme récit.

    Posté par Pivoine, 03 mars 2008 à 12:21
  • J'aime beaucoup la douceur de ce texte qui se lit très bien & en oubliant les fautes

    Posté par Cassandrali, 03 mars 2008 à 13:34
  • très touchant; et l'idée de l'emprunt russe, un mauvais choix qui fait espérer et fait tout perdre...

    Posté par mimik, 04 mars 2008 à 11:16
  • J'aime beaucoup ce texte, il pose question sur pas mal de choses...Tout en finesse ! Pauvre homme, les femmes sont quand même trop méchantes, lui préférer un plus jeune, non mais !

    Pour une fois, que ce n'est pas l'inverse... ( tu vois que je tiens ma promesse d'être méchante cette année !

    Posté par Amanda, 04 mars 2008 à 12:20

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