Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

04 mars 2008

44. Meilleur ami (Cassandrali)

Il n’en a parlé à personne… À qui aurait-il pu d’ailleurs ?
Il n’a même rien dit lorsqu’elle lui a claqué la porte au nez, trop heureuse de se débarrasser de lui sans plus d’explication. Il a attendu quelques minutes, assis sur le palier, avant qu’elle ne revient comme une furie le faire déguerpir.
Alors il s’en est allé, la démarche tremblante, la tête baissée. Il s’est arrêté en cours de chemin… Ces yeux bleus célestes, embués par les larmes, ont regardé une dernière fois cette demeure où des années durant, il y vécut des jours heureux.
Rien ne sera plus comme avant maintenant…
Il a erré dans les rues des villages voisins, se satisfaisant des subsides des passants ou des personnes bien intentionnées, qui ayant pitié de lui, l’ont recueilli quelques jours chez eux.
Sa quête a duré des jours & des jours avant de retrouver SA trace. L’euphorie a été immense, il a couru, dansé autour de lui… Hors d’haleine, fatigué, il a pris place à ses côtés, s’est allongé puis s’est endormi à même le sol glacé.
Dans son rêve, ils étaient ensemble, baguenaudant dans les sentiers & les champs. L’excitation de leurs jeux puérils les avait exténués. À l’ombre d’un chêne solitaire, ils s’étaient reposés. IL s’était adossé contre le tronc frais de l’arbre, lui s’était couché en mettant sa tête sur ses cuisses, sans le perdre de vue. Le calme, la sérénité régnaient en ces lieux & le doux parfum des fleurs sauvages les étourdissaient. Il l’observait sans broncher.
SON visage rougi par le soleil était grave, SES yeux bleus habituellement si clairs avaient quelque peu perdu de leur intensité. D’une voix triste, IL avait dit en le caressant doucement :
« Je vais partir… »
C’était il y a six mois, avant que la maladie ne L’emporte.
Au petit matin, le gardien du cimetière l’a retrouvé gisant sur SA tombe. La fatigue des kilomètres parcourus & le froid de la nuit hivernale, avaient eu raison de lui. À moins que le désir de rejoindre SON maître n’ait été plus fort que celui de vivre sans lui…

Posté par patitouille à 09:52 - Cassandrali - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

  • Cassandrali, ton texte me touche aux larmes...
    Rien n'est aussi beau que la fidélité, l'amour, oui, j'ose le dire d'un chien pour son maître et tu le décris à merveille !
    Je suis d'autant plus émue, que nous avons perdu il y a qq mois notre chienne, un berger allemand qui était avec nous depuis 14 ans.
    Peu importe, mais ton écriture est tellement vraie

    Posté par Amanda, 04 mars 2008 à 12:34
  • C'est très émouvant comme texte Cassandrali...
    Je crois que ceux qui ont un chien qui les aime et qu'ils aiment peuvent comprendre...

    Posté par Coumarine, 04 mars 2008 à 20:21

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