Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

18 mars 2008

24. Maille à partir (Oviri)

Elle était dans le box. Très exactement six mois après son entrée à l’agence. Pour une fois qu’elle avait réussi un entretien sans faire de gaffe, un sans faute jusqu’au choix de la petite robe nouée par un simple lien derrière le cou et des collants sans maille. (Ca n’a bien sûr pas duré, elle n’avait jamais réussi à en garder une paire plus d’une demi-journée En quittant l’agence un peu énervée, entrant comme un hussard dans le premier bistrot du coin, elle n’avait pas vu la baie vitrée. Bilan, une plaie à la joue, adieux les collants et bonjour les moqueries de ses amis sur sa délicate féminité…). Mais elle avait été embauchée. Elle avait commencé à dessiner tout de suite sur un projet passionnant de bibliothèque. Tout se passait bien, le chef semblait ravi, la complimentait. Au début sur son travail, puis sur sa bonne humeur, son sourire, ses cheveux. Ca s’est vite gâté. La spécialité du patron c’était de lui tripoter les cheveux pour soi-disant l’aider à y voir plus clair sur sa planche.


Bien entendu, il n’y avait jamais eu de témoin. Et personne pour voir ni entendre la gifle musclée qu’elle lui avait assenée. Ca l’avait calmé quelques temps. Mardi dernier, elle portait sa petite robe du jour de l’entretien. Grave erreur. Il lui avait dit combien elle l’avait séduit ce jour là, et remis ça, enroulant ses cheveux sur sa nuque. Elle s’était retournée si vivement, le giflant à nouveau, qu’il n’avait pas eu le temps de se dégager. Il s’était emmêlé dans ses cheveux et la fine bretelle du cou. Une seconde avant que deux de ses collègues n’entrent, il avait juste eu le temps de se reculer, écarlate. En face de lui, la tignasse en bataille et la robe aux genoux, elle bouillait de rage.


Monsieur le président, c’est elle. Elle me harcelait depuis le début. Elle a enlevé sa robe devant moi. Je n’ai rien pu faire. Je ne l’ai pas touchée, d’ailleurs ses vêtements étaient intacts.

Des collants sans maille, c’est comme ça qu’on trouve un boulot.

C’est comme ça qu’on perd un procès.

Posté par _Sammy_ à 13:42 - Oviri - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

  • Hu, hu, c'est vache, j'aime beaucoup ^^

    Posté par Sammy, 18 mars 2008 à 13:43
  • Une fin innatendue! moi qui croyait que c'est le patron qui perdrait le procès!

    Posté par lise, 24 mars 2008 à 00:20

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