Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

12 avril 2008

10. Délires post-traumatiques (Lomemor)



Il faut absolument que je pense à...à quoi d'abord, et puis pourquoi penser ? D'où me vient cette obligation ? C'est une expression d'un autre temps: "je pense donc j'essuie !!!" Heu ! non je mélange là c'est  "je ponce donc j'essuie" mais ce n'est pas l'original ça. L'authentique c'est, c'est ... Ho et puis m... Est ce  Aloïs qui me guette et se joue de moi, est-ce plus grave ? Cette contusion, non, confusion n'est pas dans mes habitudes. Tout se mélange dans mon esprit, je n'arrive plus à suivre mes pensées. Cherches mon garçon, accroches toi a tes idées... il y a une explication, vas y cherches !

Et puis j'ai fini par trouver, de l'autre côté d'une porte battante, quelques mètres plus bas, au fond du bar, plusieurs personnes assises en silence dans une sorte d'aquarium sans eau.

Ici, c'est un homme, noir, une casquette vissée sur la tête bien qu'il soit à table. La politesse et l'éducation se perdent, mon brave monsieur !

Il est la, perdu dans sa lecture, devant la table bistrot, une assiette légèrement poussé sur la gauche, son bouquin reposant sur l'estomac. Il est ailleurs, c'est certain, dans l'univers de sa lecture, bien loin du parquet usé et patiné de cette brasserie de province…Jeune, comme ce couple attablé autour d'une bière, faisant des plans sur la comète, des projets d'avenirs, vivant, bien vivant...

Curieuse ambiance dans ce bar bourgeois ou se croisent jeunes désœuvrés, couple en souffrance, quadra dynamique et itinérant, ou VRP en goguette.. Ici un sac fluo, la une lecture passionnante, ou un repas chaud avant de reprendre le boulot.

Et moi qui suis là et voit sans observer, observe sans comprendre, et pourtant ces détails, tous ces détails qui s'impriment sur ma rétine… Alors que moi je suis là  drapé dans ma solitude, abandonné à mon sort et à l'attirance de cette lumière qui éclate derrière la porte vitrée. Cette lumière blanche là-bas, au fond, limite aveuglante c'est quoi ? Non, ce n'est pas possible ! Cette douleur dans la poitrine, le vertige, la chute et le choc, claquement sec, violent, craquement irrémédiable...

Au revoir, à dieu !

Posté par Coumarine à 18:05 - Lomemor - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

  • J'aime beaucoup l'humour qui se dégage de ce texte...

    Et la fin est surprenante!

    Posté par Louloute, 12 avril 2008 à 22:33
  • Etrange, étrange à souhait... L'aquarium sans eau, oui, justement. J'aime beaucoup !

    Posté par Mifa, 13 avril 2008 à 17:05
  • Etrange en effet, une "NDE" dans une brasserie ... et pourquoi pas après tout !

    Posté par l'arpenteur d'ét, 13 avril 2008 à 18:46

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