Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

13 avril 2008

12. Un petit air de flûte (seb Arjo)

       Il faut absolument que je pense à m'arrêter à la boulangerie. Acheter une petite flûte. Ou deux. Il faut bien ça. Baguettes magiques orchestrant la petite symphonie de l'oeuf à la coque. Découpées délicatement en bâtonnets, les voilà mouillettes prêtes à se noyer dans l'ocre tiède. Pinceaux du gourmet sur sa palette. Sous son palais.

       Le vendredi c'est sacré. Oeuf à la coque ou galette de blé noir. Le tout après une bonne séance de cinéma. Et cette semaine, c'est le tour de l'oeuf. J'y ajoute un peu de mâche sous la croûte de sel du beurre. Sur la mie mollette. Ca sera autre chose. Parce qu'ici.

       Quand je pense que je pense. Je n'ai même pas terminé mon steack frites du midi. On zappera parce que y'a le cinoche. Le goûter sautera. De toute façon, je ne passerai à la boulangerie qu'après mon rituel cinématographique. Exit le pain au raisin. Idem le suisse pépité. Oui la boulangerie sera encore ouverte après... il sera environ 19 h au plus tard 19 h 30 et comme elle ferme à 20 heures. Oui non. Ca je veux bien. Laisser s'envoler l'effluve doré d'une brioche mais. Ca, non ! Manquer à la flûte légère
qui enjouera mon dîner !

       Et puis ça me changera. Même si c'est. Non je veux dire ça me changera parce qu'ici. Le pain. Surtout le pain. Un caoutchouteux, un forgeur de mâchoires. Dans cette brasserie. Moi qui suis perdu au milieu de ces tables de terrasse mises sous verre. Sous sosie de véranda sans souci de vérité. Ces petites ronds. Comme des sous bocks alignés sur comptoir. Attention pas n'importe comment. En prise de vue plongée. En contre-plongée je ne sais pas. Des dessous de Tour Eiffel peut-être. Et en plan américain, du
cliché de Paname. Du frenchy vu de l'ouest.

       Non vraiment ce soir, ce sera autre chose. Pas du latex ni du plastique. Pas de l' Elmer...des eighties. Du Mozart ! Du fondant en bouche, du grand art. Ma petite musique de nuit. Parce qu'à l'angle du boulevard de... et  de l'avenue du..., enfin au coin de la rue. Y' a ma boulangerie.
Et là, une flûte c'est pas du pipeau.

Posté par Coumarine à 10:05 - seb Arjo - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

  • Ben, ton texte m'a mis l'eau à la bouche. Une idée de dîner pas compliquée !
    Je me suis un peu perdue dans les méandres de tes pensées - mais en réalité, elles vagabondent souvent de cette manière -. La deuxième lecture a été exquise.

    Posté par Noisette, 13 avril 2008 à 18:11
  • Miam, miam

    On en mangerrai.

    Posté par Claudie, 13 avril 2008 à 20:09
  • Tes oeufs à la coque nous donnent leau à la bouche. Un texte très parfumé.Et des pensées décousues, comme peuvent l'être nos pensées dans un tel contexte.

    Posté par cassy, 14 avril 2008 à 10:50

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