Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

17 avril 2008

26. Sage décision (Claudie)

Il faut absolument que je pense à…  Rien.

Profiter du silence, savourer chaque bouchée de cette excellente entrecôte, et, ne plus penser.

Il faut absolument que je pense à téléphoner à Irène.

Non. Tant pis pour Irène qui va toujours mal, ne plus penser à prendre des nouvelles des autres. Si Irène est au bord du vingtième suicide, elle me le dira avant de prendre sa cuite.

Profiter, ne plus m’obliger à cet agenda de la mémoire. Il faut absolument que je ne  pense à rien.
Ce repas me fait prendre conscience que, sans cesse, je pense à faire quelque chose, à dire quelque chose, à ne pas oublier que je doive absolument penser à…
Ne pas oublier de penser à quoi ?
Dire à Jacques chaque matin de penser au pain par exemple ? Je peux acheter sa sacro sainte baguette, cela me fera du bien de marcher, j’ai pris trop de poids ces derniers mois.

Téléphoner aux dates anniversaires de nos amis ? Tant pis, si j’en laisse passer quelques-uns uns, cela les fera moins vieillir. Telle que je connais Arlette qui cache son âge,  elle n’oubliera pas de me dire d’un ton piquant : - tu n’y as pas pensé ?

Il faut absolument que je pense à aller chez le teinturier.

Zut ! J’ai laissé aller ma mémoire qui se doit de me rappeler de, ne plus penser à toujours faire quelque chose.

Liée par mes, il faut absolument penser à, emprisonnée par cette peur d’oublier quelque chose, et pourtant j’en oublie, malgré mes injonctions : il faut, absolument, penser, à…

Jacques va faire une drôle de tête, que va t-il faire sans sa baguette demain soir ?

Il l’achètera ou pas ? Je ne lui ferais pas penser à ce qu’il devrait absolument penser seul depuis vingt cinq ans, acheter du pain en rentrant de son travail.

La lumière éblouissante de ce printemps, m’éclaire du bonheur nouveau de ne plus absolument avoir à penser à quoique ce soit.

Comme c’est agréable !

Tiens, il faut absolument que je pense à moins manger, à commencer  un régime et me remette au sport, à téléphoner à Maman pour prendre des nouvelles du chien de Tata Marcelle, à demander

Posté par Coumarine à 10:11 - Claudie - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

  • très bien vu !
    comme c'est difficile de ne penser à rien, de faire un vide salutaire par rapport à toutes les "obligations" régulières de faire et de penser

    Posté par Tisseuse, 17 avril 2008 à 11:09
  • Pas si facile de s'occuper et de penser avant tout à soi !mais si tu y arrives quel bonheur! (et sans aucun égoïsme!)

    Posté par clise, 17 avril 2008 à 16:01
  • C'est vrai que nous sommes sans cesse encombrés d'une série de petites et grandes contraintes qui nous remplissent la tête. Un bon truc: les noter, pour faire de la place à des pensées plus agréables.

    Posté par virgul, 18 avril 2008 à 08:42

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