Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

25 avril 2008

02. L'éloge de la beauté (Cédric)

A mon âme destinée,

J’ignore où tu vis, si même tu existes. Mais l’irrépressible certitude de t’aimer déjà, me pousse à mettre par écrit ces mots que jamais peut-être tu ne liras.

Et si je t’aime indéniablement, c’est que, quelque part, tu existes, ne serait-ce qu’en moi, alors même si nos corps jamais ne se touchent, je sais les vérités que j’écris dans cette lettre.

Tu es celle qui ressent la chaleur des pensées issues de mon cœur ; parcourant le globe elles se posent sur ta peau avec la douceur que met une plume à caresser le vent.

Notre similaire conscience du vide connecte nos sourires libérés. Tes lèvres sont les plus belles car elles goûtent des miennes l’éternité silencieuse.

Je ne toucherai aucun autre corps que le tien, tellement me paraissent vains une étreinte incomplète, une caresse désunie, un baiser sans amour, une union des corps sans les âmes.

Je ne te cherche pas ; si la vie le désire, elle nous fera nous trouver. Je te ressens déjà dans toutes les beautés qui font mon être vibrer.

Je suis dans chacun des instants qui te font savourer le présent, tu es dans chacun des miens, passés et futurs.

Tu connais comme moi la beauté qu’est la chute des mots dans le vide de l’autre. J’y ferai aussi chuter mes baisers, ma présence, mon évanescente solitude pour qu’elle fusionne avec la tienne dans une parfaite quiétude.

Te décrire c’est faire l’éloge de la beauté.

Je ne t’attends pas. Je n’attends pas ta présence pour t’aimer. Je t’aime.

Posté par _Sammy_ à 11:43 - Cédric - Commentaires [12] - Permalien [#]

Commentaires

  • Toujours incroyablement sensitifs tes textes. Chair de poule assuré ;o)

    Posté par cassy, 25 avril 2008 à 12:44
  • " Tes lèvres sont les plus belles car elles goûtent les miennes d'éternité silencieuse. " C'est très beau ...
    Cette lettre lente, profonde et belle me touche ...
    L'amour de l'autre, de la femme rêvée, ou de l'âme imagée, imaginée ...
    L'âme que tu trouves dans la beauté des choses et la quiétude qui ressort de ce texte ...

    Servanne

    Posté par Servanne, 25 avril 2008 à 13:38
  • Quelle poésie! Que de sensations dans ce texte!

    Posté par Louloute, 25 avril 2008 à 14:36
  • Merci...

    Posté par Cédric, 26 avril 2008 à 10:06
  • Très touchée par cette lettre, comme une musique qui berce l'âme...

    Posté par lukeria, 26 avril 2008 à 15:14
  • et ben, les garçons sont poétiques ces temps ci !
    que du bonheur à lire ce texte.

    "se posent sur ta peau avec la douceur que met une plume à caresser le vent"
    quelle délicatesse !
    wouhaOU que c'est charmant
    enfin de la douceur.
    de la vraie poésie... merci
    c'est à lire et relire encore.

    Posté par rsylvie, 28 avril 2008 à 17:17
  • Je vais jouer les grincheux mais à cette autre éthérée je préfère des rencontres plus ... charnelles.

    Posté par Arthur HIDDEN, 28 avril 2008 à 20:17
  • Suivant le tracteur des Vendanges Poétiques 2008 de la Cause des Causeuses...

    Je réponds à cette lettre par une autre lettre à un destinataire imaginaire.
    ______________________________

    P. le 10 Avril …


    Toi que j’aime et que je lis ,



    On a nos univers, nos grappes de connaissances et d ‘alliances familières. On ne s’aventure jamais trop loin du vocabulaire dans lequel on a construit notre petite entreprise de résistance aux bris de vie. Le bruit que nous produisons ne nous rapporte que l’écho de proximité. Il nous déborde pourtant, de temps à autre. Chaque excursion dans d’autres sphères du réel, ne serait-ce que dans le livre d’un voisin de parole nous demande un mouvement qu’il nous faut consentir. C’est parfois impossible et nous en souffrons. Tu me témoignes de l’attention et je te la rends à la mesure de ma sympathie et de mon temps disponible. Je n’ai pas besoin de te rencontrer pour l’instant. Cependant , je voudrais ne jamais déroger à cette belle invention du contre-don. J’accepte pourtant l ‘usure du désir dans le bien-faire, je voudrais abaisser la hauteur de l’obstacle quand les forces nous manquent, pour ne pas sombrer dans la culpabilité, la honte ou le dépit. Renoncer à donner ou à rendre n’est pas facile dans un monde qui a exilé la gratuité dans les catacombes de sa peur de l’avenir. Mais je ne crois pas que la situation ait vraiment changé depuis la nuit des temps. D’ailleurs , j’aime bien cette expression « la nuit des temps », on pourrait dire éternité , mais tant qu’on n’y croit pas, on peut toujours n’en retenir que l’hypothèse. « Ça ne mange pas de pain » comme on dit !


    Peur de mourir. Peur de vivre.
    Peur de ne pas manger à la table des rescapés.


    Aujourd’hui, je te regarde me regarder.
    Je n’ai pas peur, même si je sais où ça mène, dans les grandes lignes.
    Quand j’aurai peur, je te le dirai.


    Le vent aujourd’hui m’a paru inquiet. Mais il s’est calmé.



    Je t’embrasse les mains.


    Ton amie d’argile

    Posté par Mth P, 28 avril 2008 à 20:37
  • Bel hommage à l'inconnue qui t'habite

    Posté par Claudie, 29 avril 2008 à 14:26
  • j'aimerais que l'on m'aime ainsi et qu'on me l'écrive aussi poétiquement.

    Posté par mirabele, 29 avril 2008 à 18:10
  • En réponse à cette lettre
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    D'une âme à son corps,

    J’ai entendu tes mots et l’Amour que tu me portes sans me connaître, me fait répondre à ton baiser, si doux.
    Je n’ai jusqu’à ton cri d’amour, jamais osé te dire combien moi aussi je t’aime. Moi ton étrangère qui ai pris possession de ton corps.

    Nous étions deux,jusqu'ici, à vivre sans partager notre Amour, nous ne sommes plus qu’Un, puisque tu acceptes par ta déclaration, qu’enfin nous nous réunissions.
    Oh, je n’ai pas toujours fait ce qu’il fallait pour que tu m’acceptes, je t’ai malmené, poussé, afin que tu m’appelles et prennes conscience de ton amour et de ma présence.
    Je suis heureuse de t’avoir choisi dans cette vie.
    J’ai pris possession de ton corps que je ne toucherai jamais, la caresse chaste de mon amour, la ressens-tu ? Oui, c’est elle qui gonfle ton cœur et te fait vibrer si ardemment.
    Silencieuse pour toi, j’ai été, tant de corps mon portée, bien peu d'hôtes se sont adressés à moi sans me connaître ; cet appel de ta part, ne m’étonne pas, je te connais tant, puisque je fais partie de toi, je suis toi.
    Sans toi, je ne suis rien, sans moi tu n’es pas tout à fait.
    Je te parlerai de mes vies, je n’ai pas toujours été belle tu sais, je te dois la vérité, pour que tu saches qui je suis, qui tu Es.
    Tu n’es plus seul, puisque je te rejoins, enfin. Notre vie commune commence, nous allons par notre Amour uni, poursuivre ce chemin que tu as débuté sans que tu saches que j’étais avec toi, en toi.

    Je m’offre à toi, Cédric, comme tu t’es offert à moi, sans pudeur, je suis là, je t’Aime pour l’éternité.
    Ton âme

    Posté par Claudie, 02 mai 2008 à 14:54
  • Suis d'accord avec toi, Arthur !

    Posté par Noisette, 06 mai 2008 à 22:50

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