11 mai 2008
Chanson douce… (Antigone)
Ce
matin, pour la première fois depuis longtemps, je me suis surprise à
chanter, tu sais cet air que tu fredonnais lorsque j’étais petite,
celui qui donnait envie de tourner sur soi, très vite, et puis de
tomber, essoufflée, les jambes en l’air, dans les coussins du sofa.
Ce matin, pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai pensé à toi.
Les rideaux ont pris tout à coup une teinte plus grise.
Les ombres des bibelots se sont arrangées pour se faire plus discrètes, plus pâles.
Peine
perdue. Tu étais là au milieu du salon, invisible et présente, colorée
et inquiétante, toute pleine de paradoxes, telle que je te connais.
Les
notes de ta chanson se sont égarées quelques minutes sur les miettes de
mon petit-déjeuner, je les ai contemplées puis balayées, d’un grand
coup sec, du plat de la main.
Je n’ai jamais eu besoin de te voir pour connaître l’abîme dans lequel tu me perds.
Ton souvenir suffit bien à troubler les secondes tranquilles, l’équilibre des heures.
Voilà pourquoi, j’accroche aux murs de ma maison, des gris-gris innocents, censés préserver mes lieux de funestes pensées.
Ce matin, pour la première fois depuis longtemps, je me suis surprise à chanter.
Tu sais. Comme lorsque j’étais petite.
Quand la vie ressemblait à une danse tournoyante…quand tu étais les bras, qui m’empêchaient de tomber.
Commentaires
On ne sait pas...mais ce n'est pas grave l'ombre du passé nous cueille aussi par tes mots.
Merci Kloelle...tout cela est bien imaginaire.
Une berceuse bien mystérieuse… Car l’on se demande d’où vient ce fredonnement si doux et entraînant qui refait surface tout à coup.
C'était le but Flaneuse...! Peut-être un peu trop mystérieuse ? Merci à toi.
ah j'aime beaucoup, et je regrette d'avoir été coupée du net pendant 40 heures, ce qui m'a empêchée de commenter de suite ce si joli texte !
l'atmosphère douce-amère est si bien rendue. la mélancolie a cette teinte, j'en suis convaincue.
j'aime vraiment beaucoup cette phrase : "Je n’ai jamais eu besoin de te voir pour connaître l’abîme dans lequel tu me perds."
un grand bravo :)
Des émotions que l'on veut balayées comme les miettes sur la table...la chanson du passé nous pousse vers l'avenir, une étape est franchie !
Merci pour cet instant !
Merci beaucoup Pati pour ton enthousiasme, revigorant.
Isabel : balayer le passé, regarder vers l'avant, c'est ça. Merci.
A toi aussi Pati ? C'est d'un rageant !
Une chanson douce que me chantait ma maman ; en suçant mon pouce j'écoutais en m'endormant... : j'ai bercé mon fils sur cette chanson d'Henri Salvadore; qu'en gardera-t-il ?
Joli texte Kloelle. Merci.
Euh moi c'est Antigone...mais merci quand même Noisette !
j'aime beaucoup la tendresse qui se lit au travers des mots.
c'est un trés bel exercice d'écriture.
d'autant que l'on reste, dans le mystère de l'absence.
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