Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

29 mai 2008

20. Gris Tourterelle (Cath)

Je sors du garage avec une épouvantable migraine. La lumière du jardin m'éblouit. Je ne vois même pas le chat qui se frotte contre mes jambes. Ni la tourterelle morte en plein milieu de la cour, avec une multitude de plumes autour de son corps sans vie et 3 poupées miniatures un peu plus loin, sur le gazon, derrière le rhododendron.

Ce n'est qu'une heure plus tard que je verrai cela, derrière mes lunettes les plus noires pour protéger mes yeux de la lumière du jour qui me fait tant souffrir. Pour l'heure, je lâche toutes mes affaires, avale un triptan et monte me coucher, dans la chambre dont j'ai fermé toutes les issues pour éviter la lumière si blessante en cas de migraine. La fraîcheur des draps est bienfaisante. Je m'écroule, et ma tête si lourde me semble s'alléger au contact de cette fraîcheur.

Enfin, la douleur s'est effacée ! Le réveil, sans mal, après une épreuve comme celle-là, c'est comme découvrir le monde pour la première fois : on n'y croit pas, on n'a jamais vu ça. Ça semble magique.

Magique ?

A mes pieds, un oiseau mort. A  trois mètres, trois poupées égarées dans l'herbe. Sans doute les jouets de mes petits voisins, balancés au-dessus du mur et des bambous.

Je me débarrasse de l'oiseau mort, après avoir nourri et félicité le félin assassin. Je ne sais pas quoi faire des poupées, mais je sais déjà que je ne les garderai pas. Monte alors une bouffée de superstition : si je les jette, ne vais-je pas finir « jetée » ? Si je les brûle, ne vais-je pas mourir brûlée ?

La valse des terreurs enfantines tourne dans ma tête pourtant cartésienne la plupart du temps. Je sais : je vais les offrir anonymement aux voisins méchants. Oui, ceux qui ont pour raison de vivre d'ennuyer leur entourage immédiat. Ils pourront bien s'amuser : cala va leur convenir parfaitement, de piquer ces poupées avec des aiguilles en pensant à leurs voisins détestés : nous et nos voisins amis, par exemple !

J'imagine déjà leurs faciès déformés par la haine : leur visage habituel, quoi…

Posté par Vertumne à 11:30 - Cath - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    En peu de temps, nous sommes installée dans un univers assez redoutable auprès duquel les voisins de desperate House Wives sont des enfants de choeur...Alors la suite?

    Posté par jujube, 30 mai 2008 à 23:05

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