Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

03 octobre 2007

En attendant ce soir...une réflexion de Sammy sur le texte "littéraire"

Je vous mets ici en attendant la nouvelle consigne (ce soir à 22H15) une réflexion intéressante que Sammy a publiée à la suite du texte d'un participant qui a fait l'objet d'une fameuse controverse

Je vous le livre (quasi) tel quel...méditez-le, il y a de quoi

Le syndrome des Bienveillantes ?
Je note une tendance au texte ambigu ou sadique sur Paroles plurielles ; il est normal que Coumarine s'en inquiète, n'oubliez pas que c'est elle la maîtresse des lieux.

Trois textes assez durs ou pour le moins difficiles à lire sans un effort pour aller au bout, trois voies différentes et trois voix très personnelles aussi : Le chien et la violence style manga, Vagant et le jeu sur les attendus du lecteur, violence psychologique pour ainsi dire, vu la façon dont il sait manipuler les mots, et Feuilly, qui ferme le bal en explorant le sadisme.

Que faut-il en penser ? [...] Pour les trois, j'ai été choqué à la lecture, celui de Le chien notamment a fait l'objet d'un petit débat entre administrateurs...

Se pose donc la question de la délicate frontière entre nos goûts de lecteurs et la qualité littéraire intrinsèque d'un texte. De façon subsidiaire, se pose aussi celle du contenu que nous voulons faire paraître sur Paroles Plurielles. Mais sur ce point précis, c'est à Coumarine de trancher.

Devons-nous publier uniquement des textes qui nous sont agréables à lire ? Mais inversement, faut-il obligatoirement qu'un texte soit choquant pour être littéraire ? [...]

Où se situe la limite entre "faire passer quelque chose en un minimum de lignes [...], jouer sur des thèmes qui bouleversent" (je cite Feuilly) et la provocation pure et simple ? Pour reprendre ce que dit Pivoine, on n'aime pas beaucoup être soumis à toutes ces images dérangeantes de violence, de sang et de mort certes, mais je crois que ce qui choque le plus, c'est de ne pas y trouver de justification, fussent-elles littéraires.

On a un peu trop (à mon goût) cité "Les bienveillantes" dans ces quelques commentaires. Ce bouquin, tout le monde en parle, bien peu l'ont réellement lu. Je l'ai lu. Je n'en parle pas. Littell ne joue pas dans la même cour que nous, je ne m'estime pas capable de produire quelque chose de suffisamment correct pour parler sans faux semblant d'un livre aussi lourd, dense, fort, qui marquera la littérature durablement. Et en plus, ni les uns ni les autres n'avons assez de recul pour juger de l'impact d'une œuvre qui vient de paraître. Mais si il y a une chose dont je suis sûr, c'est que la violence de ce roman (oui, certaines scènes sont insoutenables, mais pas forcément pour les raisons que vous croyez) n'est pas "gratuite" ; elle trouve sa place dans l'économie d'une œuvre que des générations de critiques vont encore décortiquer pendant quelques années.

Bref, au lieu de gloser à vide en utilisant quelques idées toutes faites glanées ici et là, lisez donc Les Bienveillantes, mais lisez les vraiment. Mais attention, ça fait mal. La violence ne réside pas seulement dans les descriptions sadiques et la complaisance envers les bourreaux, la violence est dans l'effet que les mots ont sur vous. On ne sort pas indemne d'un tel livre (pas plus que de ceux de Primo Levi), à cause de ce qu'il révèle sur la part d'obscurité qui dort en chacun de nous. De la normalité intrinsèque de la barbarie pour l'espèce humaine.

Alors, faire du sanglant en s'imaginant faire du Littell, c'est à mon sens une très mauvaise idée, doublée d'une grosse erreur de jugement. Je suis intimement convaincu qu'il est plus facile d'imaginer les pires horreurs que de jouer avec les mots sans toucher aux zones d'ombre, que le sanglant, le triste, l'horrible, le gore même, sont plus faciles à écrire. Pour ce qui est du résultat, c'est une question de talent, comme pour n'importe quel autre type de texte.

Je laisserai le mot de la fin à Coumarine : "la beauté d'un texte ne dépend pas de son taux de morbidité" ; l'intérêt de l'écrit ne gagne pas toujours en fonction du niveau de choc que ressentent les lecteurs.

La littérature est un humanisme.
Sammy

Posté par Coumarine à 15:57 - * Conseils d'écriture - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


31 mars 2007

Orthographe et convivialité!

Il y a un an et demi, moi coumarine j'ai créé ce blog...il y avait une dizaine de participants

Au fil des mois,  le nombre a augmenté, tellement que j'ai fait appel à Pati pour me seconder, puis à Pivoine, ce qu'elles ont fait avec talent et surtout gentillesse pour chacun...

Je viens de demander à Sammy de rejoindre l'équipe: Sammy est un jeune homme bourré de talent, qui a le sens de l'humour et tout aussi chaleureux. Quatre personnes donc très différentes mais qui ont chacune leurs qualités spécifiques,  et c'est très bien comme ça!

J'ai toujours insisté sur la convivialité, qui fait de ce blog un lieu de partage des mots, mais placé avant tout sous le signe de la chaleur humaine. Apparemment, même si c'est virtuel, vous semblez l'approuver, vous êtes de plus en plus nombreux à participer et lire... Beaucoup d'entre vous m'ont dit et écrit combien c'est ce qu'ils apprécient ici...

Il y a eu pour la première fois un accrochage, des mots échangés pas agréables à lire. Je tiens à dire haut et fort que cela, je ne l'accepte pas. Tout le monde est ici le ou la bienvenu(e), mais je n'accepte pas les petits mots qui blessent. On peut discuter, ne pas être d'accord, mais rester respectueux de l'autre

Le problème a porté sur l'orthographe...

Savez-vous que nous essayons de corriger au maximum les fautes de "frappe"(!) de chaque texte...quand il y en a bcp, on renvoie le texte chez l'auteur , sinon nous corrigeons nous-mêmes

Je n'aime pas voir sur ce blog dont je me sens responsable, des textes intéressants mais truffés de fautes de "frappe"(!). Donc on corrige et cela nous prend beaucoup de temps...je suppose que vous savez que nous sommes tous bénévoles...

Donc, même si vous venez ici pour vous amuser, je vous demande de relire soigneusement votre texte avant de le poster...

Ce site est le vôtre, prenez en soin, veillez à sa bonne tenue, tant au niveau de l'orthographe (mais oui!) qu'au niveau de la chaleur humaine

Je fais le pari que vous me comprenez...je vous remercie tous d'ailleurs, parce que si ce blog est devenu ce qu'il est, c'est aussi grâce à vous tous

Et pour le reste, amusez vous, c'est notre récompense!

Cela vous intéresse?
Il y a une moyenne de 380 visiteurs et de 1300 pages lues chaque jour...

Posté par Coumarine à 00:29 - * Conseils d'écriture - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 mars 2007

Il faut qu'une chute soit ouverte ou fermée...

Quelques petites réflexions, quelques petits conseils

A prendre ou à laisser...

1) Dan tu as raison: cette photo oriente vers une histoire dramatique, de meurtre, noyade ou autres joyeusetés.

Je m'en suis rendu compte au fur et à mesure que je lisais les textes (que je ne commenterai pas nommément par manque de temps, pardonnez moi!) Pourtant j'essaie toujours de choisir une photo suggestive mais suffisamment vague pour laiser l'inspiration partir dans tous les sens. De toutes façons je donne une phrase d'incipit qui le plus souvent n'a RIEN à voir avec la photo, justement pour vous obliger à dérouiller l'imaginaire.

Mais encore une fois, ce n'est pas vraiment le cas ici...la phrase correspond à la photo..ben voilà!

Que faire alors?

Voir si on ne peut pas aller à contre sens: autrement dit: surprendre le lecteur (et se surprendre) par un texte qui sera d'une autre veine...

A vous de voir, surtout pour ceux qui n'ont pas encore écrit!

2) J'aimerais beaucoup que vous donniez un titre à votre texte. Toutes les oeuvres littéraires ont un titre, il faut faire un effort d'imagination pour trouver le titre adéquat et de préférence original. Je travaille les titres aussi avec les participants à mes ateliers, ils le savent bien!

3) Je voudrais faire une remarque importante à partir surtout du texte de Lorraine. Le je littéraire n'est en aucun cas le je autobiographique. On a le droit d'écrire les pires horreurs, pourvu que ce soit plausible, et en plus bien écrit, pour que l'horreur passe, si vous me comprenez....De plus vous savez déjà que j'insiste sur la chute d'un texte

- la chute est soit "ouverte" et laisse un point d'interrogation auquel le lecteur répondra comme il l'entend: ce genre de chute est frustrant (donc très valable!), on a toujours envie de savoir...

- soit "fermée" mais imprévue, on ne s'y attend pas...pour un texte court, c'est super!

4) j'ai un peu de difficultés avec les deux poèmes je vous le dirai franchement. Mais bon, c'est un avis personnel, que je devrais peut-être prendre la peine d'expliquer...mais une autre fois si vous le voulez bien...

Coumarine

Posté par Coumarine à 17:56 - * Conseils d'écriture - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 novembre 2006

Le texte court

37 textes que vous a inspirés la peinture de Léon Spilliaert

37 beaux textes, très différents les uns des autres et heureusement!

Belle richesse, grande variété

Je vous demande pourtant de bien respecter la contrainte du texte court, qu'on peut qualifier de texte-flash

C'est un véritable défi qui vous oblige à élaguer, à vous resserrer sur l'essentiel. Et c'est bénéfique pour porgresser dans une écriture qui frappe, parce que dense et intense...

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le texte court n'est pas facile. Il demande un sacrifice quand il faut supprimer. Et encore supprimer...On a l'impression que tout est bon (et oui!) et que tout est nécessaire...

A demain pour la nouvelle consigne...elle est belle (comme dab :-))

Posté par Coumarine à 18:01 - * Conseils d'écriture - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 octobre 2006

Un texte a intérêt à "reposer"

Tiens il me vient un deuxième "truc" dont je vais vous parler (je n'utilise pas le mot "conseil" à dessein , je sais que certains sont allergiques au terme...

Et si, après avoir écrit votre texte, vous attendiez quelque peu avant de l'envoyer, pour le laisser reposer un peu (au moins une nuit?). C'est fou comme après une bonne nuit (ou même deux) les choses peuvent s'éclaircir parfois et apparaître sous un nouveau jour...

Oui je sais, c'est difficile: on écrit sous une impulsion (pas vrai Impromptu, et d'autres d'ailleurs...?), un élan incoercible de créativité, et l'envie est grande de l'envoyer aussitôt.

Or il y a des chances qu'il ne soit pas publié avant quelques jours (le nombre est tel que les listes s'allongent...) et ce petit texte attend patiemment ici, alors qu'il aurait pu mûrir (et s'améliorer, voire se corriger) dans votre tête et votre PC.

Cela vous permettrait  de passer le correcteur d'orthographe pas ex... Pati et moi nous corrigeons certaines fautes vraiment trop fautes! mais d'autres, non! on considère que c'est VOTRE travail. Je sais pas vous, mais moi j'aime produire un texte sans fautes...surtout dans un atelier d'écriture...

Cela vous permettrait aussi de retravailler votre texte, un premier jet se travaille toujours (à ce propos, je vais écrire sur mon blog Coumarine un article qui vous intéressera sur le travail de l'écriture, suite au séminaire que je viens de vivre à Toulouse) A lire donc, si le sujet vous intéresse...!

Posté par Coumarine à 09:00 - * Conseils d'écriture - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 octobre 2006

Lire tout haut son texte

42 participations pour cette consigne...toutes aussi variées et riches les unes que les autres.

Merci à vous tous de jouer le jeu de ces Paroles Plurielles

J'ai décidé après chaque consigne, de vous donner un petit commentaire général, en guise de conseil, qui pourra servir à tous. A prendre ou à laisser...

Vous savez que Flaubert avait dans sa maison, une pièce qu'il avait baptisé "Le gueuloir", pièce dans laquelle il lisait tout haut ce qu'il écrivait...

Armel Job, écrivain belge de talent, que j'ai eu le bonheur d'interviewer plusieurs fois, a fait sien ce conseil: lire tout haut ses textes, afin de repérer aussitôt ce qui sonne mal, ou se prononce de manière disharmonieuse. Il m'a souvent dit que dès qu'il bute sur une phrase, dès que la lecture cesse d'y être coulante, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche,  quelque chose donc à corriger

J'ai fait mien ce conseil, j'y ai gagné beaucoup..

Ceux qui participent à mes ateliers d'écriture savant que j'insiste beaucoup sur cette lecture à voix haute...elle permet de repérer ce qui passe inaperçu à la simple écriture: par exemple les mauvaises alliances de sonorités.  Mais aussi elle permet de réaliser les changements de temps maladroits, les structures de phrases lourdes et inadaptées.

Je vous invite donc à faire de même avant d'envoyer votre texte à Paroles Plurielles...coyez-moi, c'est très révélateur et profitable

Posté par Coumarine à 21:30 - * Conseils d'écriture - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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