07 mars 2008
04. Suite de bal (AlainX)
L'orchestre joue mal, des amateurs qui ont déjà trop bu. Pour un bal des pompiers, ce n'est pas fortiche de ne pas les avoir choisi sobres. Mais qu'importe, pour une fois qu'un type m'invite à danser je ne vais pas faire ma bégueule. Évidemment, si je pouvais choisir, le grand brun aurait ma préférence, seulement voilà, si je lui fais signe je passe pour une traînée. Alors je me contente de ce grand sec au sourire niais avec ses deux dents de devant qui se chevauchent. Faut pas que je le regarde trop, sinon je vais éclater de rire. Il danse plutôt bien, ça compense. En revanche il sent l'homme qui sort du lit. J'ai horreur de ça. Suis pas sûre qu'il se soit douché ce matin. Heureusement qu'on ne se colle plus comme avant avec les slows, sinon j'aurais eu la nausée. Et en plus avec leur barreau de chaise qu'ils cherchent à vous coller entre les cuisses, c'est le pompon.
Il me propose d'aller chez lui. Je vois le genre. Le dernier qui a fait ça, il m'a poissé ma petite robe en organdi. C'est pas parce qu'elle était en solde qu'il devait se croire tout permis. Comme une gourde, je suis capable de dire oui une fois de plus. Je n'aime pas les hommes, mais j'ai besoin qu'on m'aime. Plus je les repousse, plus ils se font insistants et plus j'ai l'impression de compter à leur yeux. Alors, pour quelques instants de fausse tendresse, je supporterai l'odeur.
Il insiste pour que je mette cette horrible petite robe verdâtre et des bas. Je dis non mollement. Je suis prête à tout pour un regard d'amour. C'est quand il veut faire des photos que je tique, mais je vois qu'il ne me laissera pas tranquille. Il dit que l'on ne fera que des poses artistiques, alors je céde. Plus tard aussi, je cède encore, mais il me fait mal à la pénétration.
Hier, j'ai porté plainte lorsque j'ai vu les photos. Le juge est un copain d'école. Il me dit que l'on pourra arranger les choses à mon avantage et se met à me frôler d'un peu trop près. Je me souviens qu'il avait tenté de me tripoter à la récréation. Je le repousse violemment en criant : "Salaud ! "
Il a un regard de haine et hurle : c'est comme ça qu'on perd un procès !
27 janvier 2008
09. Respect absolu (AlainX)
Mes bien chers frères,
Je ne peux évidemment que me réjouir de voir votre attitude nouvelle.
Elle est tout à votre honneur.
je sais que les choses ne furent pas faciles.
Vous avez dû prendre sur vous, et pour certains j'en suis sûr, faire des efforts louables, dont le Seigneur saura se souvenir le moment venu.
Certes, je n'ai pas le pouvoir de lire dans vos coeurs, mais je vois bien sur vos visages que vous avez respecté mon enseignement, celui que je vous serine depuis des semaines et des semaines.
Car sinon, vous n'auriez pas cette tête d'enterrement et cette tristesse nécessaire pour obtenir le pardon de Dieu et accéder à votre rédemption.
Cependant, permettez-moi de vous répéter une dernière fois mes prescriptions absolues :
Pas de boogie woogie avant de faire vos prières du soir.
Ne faîtes pas de boogie woogie avant de faire vos prières du soir.
Maintenant l'amour est devenu péché mortel.
Ne provoquez pas votre Père Éternel.
Pas de boogie woogie avant vos prières du soir."
Et comme je sais que vous êtes des mécréants qui n'avaient jamais réussi à apprendre et retenir les textes de vos prières du soir...
J'en déduis, rien qu'à voir vos têtes, que vous êtes dans l'obligation de ne plus pratiquer du tout le boogie woogie ...
Dieu soit loué !
Amen
19 janvier 2008
33. La question, la grosse. (Alainx)
J'ai bien fait le tour de la question. Cette fois, personne ne pourra dire le contraire. Je ne me suis pas contenté de la regarder comme ça de loin, comme on peut le faire pour ces petites questions qu'on effleure. Celles qui se contentent de nous narguer en se figurant qu'on n'a pas emmené la réponse avec nous. Mais pour qui se prennent-elles, celles-là ! Elles rêvent de nous prendre en défaut avec leur air par en dessous et leurs battements de cils, minaudant : « c'est juste une petite question, mais je ne sais pas si vous allez savoir me répondre ». Je t'en foutrai moi des petites questions malicieuses, limite perverses, pour me tirer les vers du nez. Ces questions malhonnêtes et insidieuses qui font semblant de ne pas connaître la réponse, alors qu'elles n'en ignorent rien, histoire de voir comment on va se comporter, histoire de voir si on ne va pas s'emmêler les pinceaux dans un petit mensonge révélateur.
Non, là c'était une grosse question, une vraie, une dodue, une bien en chair, l'une de celles qui vous feront largement transpirer lorsqu'il faudra en faire le tour, patiemment, longuement, en parcourir tous les aspects, toutes les excroissances, avec une abnégation qui n'a d'égale que votre désir d'en finir.
Vous étiez bien pénard, à ne penser à rien, et voilà qu'elle déboule, l'énorme question que vous n'attendiez pas, de celle dont vous vous dites que jamais elle ne viendra jusqu'à vous. Et la voilà qui se précipite pour s'écraser contre vous, masse énorme et visqueuse qui immédiatement vous recouvre, qui vous dégouline de partout à vous en étouffer. La question qui vous agrippe à la gorge pour vous serrer bien fort. La question salope qui vous prend bille en tête et ne vous lâchera plus.
Oui, j'en ai fait le tour, complètement le tour, jusqu'à la nausée. Hélas, je n'ai pas réussi à m'en débarrasser et je suis venu me réfugier ici, me planquant derrière les volets. Bon sang, pourvu qu'elle me foute la paix une bonne fois pour toutes. Hélas, elle va revenir : j'en mettrais ma main à couper.
14 décembre 2007
Dialogue avec soi-même (Alainx)
C'est-y pas Dieu possible de ne pas être capable de me décider ! Comme dirait l'autre, quand faut y aller faut y aller. Oui mais des fois on n'y arrive pas. Au niveau du vécu, il y a des gens pour qui c'est tout noir ou tout blanc. Point/barre. Moi, si on veut, c'est pas cool, des fois oui, pis des fois non. Comme dit souvent ma mère faut pas rester le cul entre deux chaises. Si tu vois ce que je veux dire.
Alors bon, l'un dans l'autre, il n'y a pas à tortiller, sincèrement, comme je dis toujours, il a pas de lézard, quand il faut, il faut. Si tu veux, c'est une philosophie de vie, ça. Il y a des gens, bon d'accord, chez eux c'est pas pareil, mais moi, franchement, je ne suis pas du genre à me prendre la tête. Tu me connais, je suis pas comme ça ! Et pourtant, je te jure, des fois ça m'arrive.
Il y en a, c'est pas un problème. C'est comme si c'était fait. Avec eux c'est nickel chrome. Pas de soucis mon pote. Comme on dit par chez nous, ils démarrent bille en tête. Faut voir le truc. Je te raconte pas. Des gens comme ça, sincèrement, c'est pas permis.
Moi, tu me connais, comme je dis souvent on n'a pas gardé les chèvres ensemble, mais, hein, on fait ce qu'on peut et on ne fait pas toujours ce qu'on dit. Pas vrai ? Tiens, regarde un truc, comme ça au hasard : prendre une décision. Pas simple tout ça ! Tu imagines ! Non mais t'imagines ! Arrêtez-moi si je me trompe, c'est pas si évident que cela ? Qu'est-ce que t'en penses ! J'ai pas raison ?
Très franchement, et ça tout le monde le dit, si c'était simple ça se saurait. Eh bien moi, je te dis comme je le pense, et ce sera sans détour, faut savoir trancher dans le vif.
Alors, ce sera ni une ni deux, mais c'est décidé : je ne parlerai plus pour ne rien dire...
04 novembre 2007
Goûts et couleurs (AlainX)
Tante Babette prit une profonde inspiration, elle serra les lèvres et se pinça le nez. Ne pas inhaler cette horrible pestilence. C'était chaque fois la même chose lorsqu'elle passait devant cette vitrine. Une sorte de profond dégoût. D'égout, c'était le mot, ça en avait presque l'odeur. Il est vrai que ces soi-disant biscuits avaient la couleur de l'étron. Ils osaient en ériger des montagnes de ces saletés à vous faire devenir diabétique. Et toutes ces vieilles biques qui se précipitaient pour acheter. C'était immonde.
Hélas, elle ne pouvait se soustraire à ce supplice, le magasin était sur le chemin de son travail. Elle était forcée d'y passer deux fois par jour. Deux fois par jour se boucher le nez, deux fois par jour refouler la nausée qui lui montait du ventre. Elle voyait des veuves en manque de sensualité, sortir du magasin, l'œil torve, en croquant avidement dans de grosses meringues qui leur éclataient à la gueule. Du sucre jaillissait de leurs bouches fétides et elles s'essuyaient d'un revers de main qui se voulait élégant, mais était aussi ridicule qu'un geste aguicheur de péripatéticienne sur le retour.
Et toutes ces boîtes de biscuits d'un kitch absolu. Il fallait ne pas craindre le ridicule pour en acheter. Déjà, oser les fabriquer était une insulte au bon goût. Mais vouloir se les procurer à prix d'or, frisait l'inanité d'un monde décadent.
Tante Babette est morte cette nuit. L'anneau gastrique qu'elle s'était fait poser était infecté. Une septicémie foudroyante venait de l'emporter.
05 octobre 2007
Retour (AlainX)
Elle disait qu'elle ne reviendrait jamais chez lui.
Elle disait que c'était trop dur.
Elle disait cela à tout le monde. C'est-à-dire à personne.
Il pensait qu'il fallait être patient.
Il pensait que le temps arrangeait les choses.
Il pensait qu'il ne fallait pas en parler. À personne.
Elle se souvenait de cet escalier qui menait là-bas.
Elle se souvenait de sa frayeur en le descendant.
Elle se souvenait qu'après il n'y eut plus personne.
Il attendait en haut des marches.
Il attendait d'apercevoir sa silhouette longiligne.
Il attendait, mais il n'espérait plus personne.
Elle marchait lentement dans les feuilles mortes.
Elle marchait aussi dans ses combines. Avant.
Elle marchait sur sa vie comme on écrase une larve. Elle ne se croyait plus personne.
Personne ne s'étonna de voir les volets réouverts après tant d'années.
Personne n'osa poser de questions.
Personne ne chercha à comprendre pourquoi il lui donna solennellement les clefs de la maison...
21 septembre 2007
Pour trois litres (Alainx)
Je lui ai dit de se taire seulement voilà, madame n'a pas su tenir sa langue.
Toutes les mêmes ! Des bavardes, des laïusseuses, des papotières, des jacassières, des grelotteuses de la glotte. Il a fallu qu'elle parle à la mère Denis. Et vous savez comment elle bavasse la mère Denis, vous lui tartinez un secret bien confituré le matin : tout le village en dégouline avant la nuit.
Trois litres cette année. Je sais bien que c'est pas bézef. Vas-y toi, tiens, fais mieux et on en recause ! L'alambic fonctionne mal et, ... bon d'accord, je suis pas très doué : couilleur de brue ! qu'ils disent comme ça dans le village. Bonjour la contrepèterie à la con.
Le problème c'est que j'ai perdu "le privilège de bouilleur de cru" il y a quelques années. Je vous raconte pas ce serait trop long. J'étais censé détruire l'alambic. Tu parles Charles !
La grognasse, elle raconte à la mère Denis comment j'ai failli faire cramer la cave en distillant. Le lendemain les pandores, qui ont toujours les oreilles et le reste qui traînent partout, se pointent. À six ! Bravo ! Ça leur fait un demi-litre chacun ! Sinon évidemment j'avais les douanes sur le dos.
J'en ai pris pour quatre ans ferme. Rapport au fait que trois des pandores ont failli clamser. Savent pas boire les tricordes ! Zont tout siflé d'un coup ! Forcément, du 65° ça arrache ! A l'hosto les cognes ! Alors ils m'ont tout mis sur mon dos !
Quatre ans ! Putain ! Ça fait lourd pour trois litres...
06 septembre 2007
Une rumeur. (AlainX)
L'horloge indique vingt deux heures trente, mais elle est en avance...
C'est donc encore trop tôt. Il va falloir attendre.
Pourtant la foule est déjà nombreuse. Les gens viennent de loin, de plus en plus loin à mesure que la nouvelle se répand. Il faut dire que Coumarine dont la popularité est grande en a parlé sur son blog et, évidemment, cela a fait traînée de poudre dans la blogosphère.
Je dois dire qu'au départ j'étais particulièrement sceptique. J'ai pensé que Coumarine avait tout inventé, elle qui sait trousser des petites histoires plus vraies que la réalité. Mais comme d'autres semblaient accréditer l'évènement, j'ai fini par me rendre sur place afin de me rendre compte par moi-même.
Sur la place, nous sommes bien cinq cents internautes à attendre. Certains regardent leur montre, d'autres lèvent les yeux vers les deux oculus, dont l'un s'est déjà entrouvert. C'est bon signe. J'essaie de reconnaître certains blogueurs, je suis sûr que des gens que je connais sont présents. Mais personne ne parle entre soi. L'instant est trop solennel. L'atmosphère est silencieuse et recueillie. Le maire, toujours aussi trouillard, a cru bon de faire venir quelques policiers, mais ils se tiennent à l'écart. Ils ont compris que l'ordre public n'était pas en péril. Au contraire une ferveur collective semble progressivement souder et unifier la foule. On entend juste quelques vagues murmures. Des lèvres remuent. Elles semblent réciter des prières. Décidément la religiosité s'infiltre partout !
Soudain, la rumeur enfle brusquement. La fenêtre ovale s'est ouverte un peu plus, tandis que le deuxième oeil-de-boeuf reste désespérément fermé. Des femmes tendues à l'extrême mettent la main sur leur bouche. Des hommes s'épongent le front.
Voici que l'heure approche.
Et maintenant elle est là.
Alors, l'ouvrant de l'oeil-de-boeuf bascule totalement sur son axe et se met à l'horizontale. Dans la partie inférieure, la tête d'un boeuf tente de se frayer le passage dans un terrible meuglement douloureux, déclenchant dans la foule des cris horribles. Tandis que le sang de l'animal commence à jaillir de sa gorge tranchée, des femmes s'écroulent évanouies sur le sol dans un bruit sourd.
Le sang du sacrifice coule sur la brique. Les hommes tombent à genoux.
Le deuxième oeil-de-boeuf s'ouvre à son tour, comme une immense bouche. Une terrible voix ample, caverneuse et profonde, hurle l'oracle du jour :
« Qui ouvre l'oeil de boeuf tue le boeuf dans l'oeuf »
Puis tout disparaît.
Tout reprend un aspect anodin.
La photo, c'est moi qui l'ai prise. Au moment même où l'on entendait la voix hurlante. Dans l'instant suivant, lorsque j'ai contrôlé ma prise de vue sur le petit écran de l'appareil photo numérique : il y avait... ce que vous voyez... Rien de particulier. Deux oculus quelque peu ordinaires.
Pourtant, nous avons vu, nous avons entendu.
Enfin... Je veux dire. Moi, j'ai vu, moi j'ai entendu. Coumarine aussi semble-t-il...
Et pourtant.
Sur la photo... Rien !...
26 juin 2007
Savoir donner ! (Alainx)
- Oh-là ! Vous !
- ???
- Oui, vous madame ! Arrêtez-vous un instant.
- Qu'est-ce que vous voulez ? Je suis pressée !
- Pressée ! Pressée ! Voilà comment vous êtes, vous les femmes belles et dynamiques, vous qui respirez la jeunesse et la santé ! Prenez quand même le temps de réfléchir à des choses essentielles !
- Je suis pressée vous dis-je ! J'ai d'autres choses à faire que vous écouter.
- Juste un instant... Quelques questions... Tiens ! Etes-vous heureuse ? Ne répondez pas, je le sens, c'est une affirmation : vous êtes heureuse !
- Oui... On peut dire ça comme ça... Je ne suis pas malheureuse en tout cas.
- C'est bien ce qu'il me semblait. Amoureuse ?
- Ecoutez monsieur, ma vie privée ne vous regarde pas !
- Amoureuse ! J'en étais certain. Cela se voit dans votre regard. Et même dans votre corps, svelte, sensuel. Je vous ai vue arriver, vous avez la démarche ondulante des femmes amoureuses.
- Franchement, s'il s'agit d'un plan drague, vous êtes lourd et nul !
- Absolument pas ! J'attire votre attention sur la chance que vous avez d'être belle, sensuelle, désirée, et je suis même sûr que dans l'intimité... Vous êtes une amante ardente !
- Ah ! Ça suffit maintenant ! Je m'en vais. Vous êtes un goujat !
- Attendez ! C'est important ! Avez-vous pensé, une fois au moins, à toutes ces autres femmes qui n'ont pas votre chance ? Celles qui sont tristes et malheureuses, et s'ennuient désespérément au lit... ? Y avez-vous pensé !?
- Ecoutez, il y a toujours eu des gens malheureux, je ne vais pas gâcher ma vie pour autant ! Et puis, que voulez-vous que j'y fasse ?...
- Mais justement ! Vous pouvez beaucoup ! Je suis sûr que vous êtes une femme généreuse, prête à donner pour une grande cause.
- Oui, ... enfin je suis comme tout le monde, je donne au Téléthon...
- Certes, mais il n'y a pas que le Téléthon. Savez-vous que vous pouvez rendre d'immenses services aux femmes qui n'ont pas votre chance, qui n'accèdent pas au bonheur corporel qui est le vôtre ?
- Ah oui ! Et comment ?
- Avez-vous déjà pensé faire un don d'orgasme ?
- Un quoi ?
- Un don d'orgasme. C'est très facile, il suffit d'avoir sur vous une carte de donneur. Tenez, comme celle-ci par exemple. Vous nous laissez vos coordonnées et en cas de besoin, lorsqu'une femme, un couple, n'arrive pas par ses propres moyens à la satisfaction suprême, on vous appelle et vous faites un don d'orgasme. Vous voyez c'est simple. Et c'est une question de civisme, de morale sexuelle bien comprise. Un geste citoyen en quelque sorte. Et puis, c'est aussi une indispensable question de solidarité entre femmes. De plus, c'est sans risque contaminant, l'opération est placée sous le haut patronage de la délégation gouvernementale à la condition orgasmique. Vous n'avez pas vu le spot télévisé ? Et le slogan ? : "Le plaisir sexuel ne vaut que s'il est partagé par tous ! Faites un don dès maintenant !"
- Je n'ai pas la télévision. Je suis désolée.
- Dans ce cas, je comprends. Excusez-moi de vous avoir importunée. Mais n'oubliez pas... Renvoyer la carte ! Et vous verrez, au verso, j'ai écrit mon numéro de téléphone personnel.
09 juin 2007
Une erreur (Alainx)
Excuse-moi, c'est une erreur que je n'aurais pas dû commettre. Tu vois, je la reconnais humblement. J'espère que tu y verras le signe de ma bonne foi. Pas un seul instant je n'ai voulu que nous en arrivions là, comprends-le bien. Au contraire, j'ai essayé d'être attentif à te satisfaire totalement, à respecter tous tes désirs, à tenir compte de tes souhaits, et cela, je crois que tu ne peux pas le nier.
À présent, je réalise que je n'aurais pas dû accepter. Nous étions trop proches. Déjà trop intimes d'une certaine manière. Et puis, ton mari se montrait tellement enthousiaste, presque complice. Alors j'ai osé, je suis passé à l'acte. Et voilà le résultat...
Je sais que tu m'en veux énormément. Je sais que tout est de ma faute. Je sais que plus jamais ce ne sera comme avant. Nous avons commis l'irréparable. Mais, reconnais quand même à quel point tu t'es montrée insistante, à quel point toi aussi tu as cru que le bonheur serait désormais à portée de main, qu'il suffisait d'oser.
Évidemment, j'aurais dû dire non. J'aurais dû réaliser que j'étais trop proche, trop intime de votre couple. Vous me considériez même comme faisant partie de la famille. Non vraiment, je n'aurais pas dû te toucher, ni me montrer aussi maladroit.
Ton mari a saisi la justice. Je ne suis plus son ami et il veut ma perte. C'est aussi toute ma réputation de chirurgien esthétique qui est atteinte désormais. C'est vrai que j'ai totalement raté la pose des implants mammaires que tu voulais. C'est vrai que tes seins sont maintenant pires qu'avant. Mais, que veux-tu, j'étais tellement amoureux de toi que j'ai tremblé durant toute l'opération. Je me suis trompé en posant deux implants de tailles différentes, et je t'ai fait des cicatrices en zigzag.
Mais comprends moi, c'était une erreur, une simple erreur.