Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

30 juin 2007

Arrêt sur image (Alice)

Ça suffit, ça suffit, ça suffit!
Passez votre chemin.
N'insistez pas, je ne parlerai plus.
Je ne bougerai plus.
Je vais rester là, à vous regarder vous agiter comme dans une fourmillière à laquelle un enfant aurait donné un coup de pied.
Mais je vous entends déjà me dire "vous allez finir par avoir faim, soif, sommeil..."
C'est ma troisième journée. Ne me demandez pas comment je tiens.
Je ne dirai rien. Ni de ces trois jours, ni de ma vie passée.
Ce que j'ai été ? Vous n'en saurez rien.
Ce que je penses ? Non plus.
Ce que je ressens ? Pas davantage.

Si ,une dernière chose : je vous laisse réfléchir à une maxime d'un grand maître :
« la liberté d'expression, c'est aussi le droit de se taire »

Posté par patitouille à 09:50 - Alice - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


13 juin 2007

Rhume (Alice)

                         
Elle est en pleurs,
Il est derrière elle,
Elle ne peut pas parler depuis trois jours.
Elle se refuse à lui sans qu'il sache pourquoi.
Il lui demande ce qu'il a fait ou dit de travers.
Elle reste muette.
Elle fait tout comme d'habitude, comme un automate.
Le travail. les enfants, la cuisine...tout quoi!

Puis ce soir, il se met derrière elle, dans la salle de bain et lui dit doucement:
« maintenant , faut que tu me parles »
Elle pleure encore et encore..
« j'ai un cancer du sein , je le sais depuis trois jours.
Il faut opérer, mercredi prochain, puis les rayons , la chimio peut être .
Ils ne savent pas encore , faut attendre »

Il est sonné , anéanti, en état de sidération.
Elle pleure encore et encore...
Ce n'est que le premier soir, que la première nuit d'une longue descente...
Elle ne le sait pas encore mais demain ou un peu plus tard, dans un an
ce sera le premier jour d'une renaissance
Plus tard, dans un an , elle pourra dire: le cancer ? Oui je connais.
Oui, dira-t-elle c'est un peu plus qu'un rhume, j'en suis sorti grandit...

Plus tard , elle lui dira aussi « excuse moi c'est une erreur , j'aurai dù te parler avant »

Posté par Coumarine à 17:59 - Alice - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 mai 2007

Le choriste (ALICE)

"Ma voiture n'a pas démarré ce matin" 
Malgré l'obscurité et le temps incertain, je pars en vélo, le ciel est orageux, l'atmosphère manque d'air, il me semble ressentir le poids des nuages sur mes épaules, menaçant même de m'écraser d'effroi sous des trombes de grélons comme cela arrive si souvent en cette saison. L'angoisse, la peur, ma menace de cet horizon sombre me fait pédaler comme un fou et me voilà devant l'église une heure avant le début de la répétition.

Je pose ma bicyclette sur le parvis, entre dans l'église encore déserte.
Seul l'orgue semble jouer seul un réquiem de Bach. Je m'assois au fond près de la porte. Je m'interroge...
suis-je seulement ce jeune homme sage, calme, bien ordonné qui vient à la chorale... OUi, j'aime chanter ces hymnes "au TRés Haut". Ces voix qui s'élèvent, cette polyphonie qui jaillit à l'unisson m'émerveille. Cette unité dans la multitude des personnalités qui s'effacent pour la seule beauté du chant. La force de cet art me submerge à chaque fois d'une émotion contenue, intime mais bien réelle.

Posté par patitouille à 09:00 - Alice - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 février 2007

Partir (Alice)

Il choisit toujours la solution la plus compliquée.
Partir, il y pensait depuis longtemps,traverser l'océan
pour recommencer,ailleurs , sous d'autres horizons...
La mer grignotait la falaise,et le jour où la maison fut tout au bord..
Il décida d'y aller, de voguer
Par magie, la maison tint bon à marée basse.
Mais ce printemps, l'équinoxe amena une marée houleuse, destructive.
La maison sombra corps et bien.........
Mais...l'essentiel fut sauvé
Son ame s'envola avec le goéland sur le chemin de la lumière

Posté par Coumarine à 09:30 - Alice - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 janvier 2007

Je suis (Alice)

Je suis un génie ...et je suis modeste

mais comment pourrait -il en être autrement?

Je suis la conscience des mots, je me tapis dans l'ombre de chacun pour lui chuchoter à l'oreille le sens véritable de leur mission.

Je suis dans la main de l'écrivain , je guide sa pensée.

Je suis dans la tête de l'enfant qui découvre la beauté des contes et lui murmure la magie des mots.

Je suis celui qui fait voyager en restant assis ou couché.

Je suis celui qui donne la lueur de l'espoir à cette femme désespérée qui lit un poème de Prévert et souris.

Je suis les yeux du monde pour l'aveugle qui se souvient.

Je suis celui qui vous emmène sur mon bateau vers la lumière, celle du plaisir indicible de la découverte du sens ,à travers les mots, les horizons inconnus, fabuleux.

Je suis le génie qui sommeille en chaque être humain pour peu qu'il laisse parler sans retenue son amour des mots et de la vie

. Levez les yeux vers les étoiles le monde vous est ouvert comme les pages d'un livre

Posté par Coumarine à 09:35 - Alice - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 décembre 2006

Monologue (Alice)

" Je crois bien que j'ai attrapé un coup de soleil."

Mais... que je suis impolie!

Je te parle comme ça, sans même te dire bonjour...

-Bonjour mon pied non !

-Bonjour mon pied gauche.

Cela fait longtemps que tu m'avais demandé de venir t'assoir ici sur le fauteuil rouge, mais il y a toujours un adulte qui dit: "on ne met pas les pieds sur les fauteuils!"

Bon ! ils sont partis faire les courses, ouf, nous allons être tranquilles un moment.

Voilà, faut que je te dise un secret.

- Tu ne diras rien, hein? Même pas au pied droit? Bon, d'accord...

- Alors, voilà.... Tout est rouge en moi, ma robe, le fauteuil, mon coeur..

Oh... Comme tu es gentil de venir me caresser la main....

Que dis tu? Tu as compris mon secret? C'est pas croyable! Je comprends ce que tu me dis....

Tu me parles de coeur à coeur rien qu'en me caressant...

- T'es mon ami tu dis, c'est pour ça que tu sais sans les paroles.....

Tu as compris mon secret. Oui, j'ai attrapé un coup de soleil, mon coeur bat pour Gustave...

Tu le savais... Waouh! et comment?

A l'école? Sous la table? Son pied gauche t'a parlé...

Posté par pivoineblanche7 à 09:32 - Alice - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 décembre 2006

Le chemin (Alice)

Il avait l'habitude d'aller doucement
Il prenait ce chemin de campagne
Juste derrière sa maison bleue
Il en connaissait tous les détours
Là, le pré verdoyantet odorant
Il savait les Alpilles bleutées
Il sentait l'air vif du soir
Il ressentait que le ciel rossissait
Demain , le mistral se lèverait.
Là, son nez lui apportait la senteur
Forte des genêts en fleurs
Il avait l'habitude d'aller doucement
Il prenait ce chemin de campagne
Juste derrière sa maison bleue
Il en connaissait tous les détours
Là, ses oreilles percevaient le bruissement
Des abeilles qui butinaient l'été
Là, ses mains effleuraient les églantines
Là,ses pieds foulaient le thym
Qui saturait l'air avec entêtement
Il avait l'haitude d'aller doucement
Il prenait ce chemin de campagne
Juste derrière sa maison bleue
Il en connaissait tous les détours
Ses souvenirs étaient fidèles
Ses yeux l'avaient trahit
Mais son coeur devenaient ses yeux
Son regard n'était fait que d'ombre
De blanc,de noir, de gris,
Mais son âme semblait un arc en ciel
Les couleurs à jamais flamboyaient dans sa tête.
Il avait l'habitude d'aller doucement
Il prenait ce chemin de campagne
Juste derrière sa maison bleue.

Posté par patitouille à 18:01 - Alice - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2006

Sur la ligne (Alice)

Elle marche d'un pas décidé
Sans se retourner
sa vie est carrée
Elle marche sans se retourner
Sur la ligne tracée de sa vie bien réglée
La ville est propre
Elle laisse derrière elle
Ce qui l'encombre
Même l'herbe est enfermée dans ces certitudes
Chaque chose a sa place
Chacun rangé dans une case
Elle veut oublier que sa route pourrait ne plus être droite.
Une chappe de plomb a enfermé son coeur
Hier il lui disait:ose sortir de cette vie qui t'étouffe
de cette prison dans laquelle tu t'es toi même enfermée?
Il la voit s'éloigner
Il veut la rappeler mais il est sans voix
Il pleure sur lui , sur elle, sur ce qu'il ne vivront pas ensemble...
Il veut croire que
Désormais c'est son problème , plus le sien

Posté par Coumarine à 09:50 - Alice - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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