Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

25 mai 2008

7. Le Tombeur de Tozeur ( Amanda )

Je sors du garage avec une épouvantable migraine. L’odeur du cambouis ? La chaleur épouvantable de ce hangar en tôle ondulée ? La mine consternée du mécanicien ?
« Irréparable, irrécupérable…» prononce-t-il, en fixant d’un air navré la portière et l’aile gauche enfoncées.
« Z'aviez pas vu le car, donc ? » questionne le gugusse en salopette déchirée.
« Z'avez la baraka de vous en être tiré à si bon compte ! » martèle-t-il.

Vraiment pas besoin de ça… Le marteau est déjà dans ma tête. Il y enfonce depuis ce matin deux poupées de chiffon, une bleue, une rose. Arrivées par courrier au Club, à mon nom. Sans un mot, sans signature…
J’ai pris la jeep et foncé sur la piste ensablée, direction l’oasis de Tozeur. Depuis un an, je l’évite… Lâcheté ? Sécurité ?

C’est que ça ne rigole pas chez les Hommes Bleus, les filles, c’est sacré. Mais c’est plus fort que moi, les nanas, je les veux toutes. Pour mes copains GO, je suis le Tombeur de Tozeur ! Depuis 3 ans, j’accompagne les excursions. Je connais la Tunisie comme ma poche. Mon truc c’est de balader les GM à travers le désert. Le coup du baptême de sable ( chuter au corps à corps d’en haut d’une dune), la promenade en chameaux au coucher du soleil, un doigt de baratin : elles craquent ! Toutes…

L’été dernier, à cours de chameliers, le Club a fait appel à une tribu de passage à l’oasis. Souria, dissimulée sous les voiles a remplacé son père souffrant. Et puis, la nuit tombée, Souria s’est baignée, seule, dans l’eau tiède de l’oasis. Ses longs cheveux noirs collés au visage, sa djellabah jaune qui cachait tant bien que mal de tendres rondeurs… Et puis, je l’ai vue…
Et puis, je suis entré dans l’eau à mon tour…
Elle m’a souri, ma Shéhérazade, ma promesse de mille et une nuits…
Et puis, je suis entrée en elle, en douceur…
A l’aube, nous nous sommes endormis, épuisés, enlacés. A l’aube, les chameliers sont partis. A mon réveil, je serrais dans mes bras une poupée de chiffon… Jaune. Pareille à celles reçues ce matin.

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14 mai 2008

Sans L'ombre d'un doute ( Amanda )

Ce matin pour la première fois depuis longtemps, je n'ai pas massacré ma biscotte au petit déjeuner.
D'habitude je la réduis en miettes en la beurrant.
Ce matin pour la première fois depuis longtemps je l'ai caressée de miel, sous le soleil. J'ai aussi dégusté avec gourmandise des «  sfogiatelles », ces petits coquillages en pâte feuilletée fourrés de crème au citron. Ils sont à se damner.

Se damner.
C'est fait ! Papa fait la gueule et Maman pleure.
Je suis parti au soleil d'Amalfi avec Henry.
Ensemble et sans remords, nous avons quitté en dansant l'obscure armée des ombres silencieuses pour vivre notre amour dans la lumière.
Nous sommes partis voir ailleurs, là où l'herbe est plus verte.
Là où nous étions, le gazon était maudit.
Maudits, nous aussi, se taire, se terrer, rester dans l'ombre.
A force, nous n'étions plus que l'ombre de nous-mêmes.

Ici, sur la place du village, devant la vieille église blanche, ici à Ravello, tout est simple.
Les petits jouent au ballon.
Les vieux immuablement assis sous la terrasse de lilas mauves regardent passer les jeunes filles qui lorgnent en douce vers le bar.
Là  où se regroupent les garçons du coin. Plus tard, ce soir, les deux groupes n'en feront plus qu'un et iront s'asseoir sur les marches en se tenant par la main.

Avec  Henry, nous nous sommes inscrits à l'Académie de musique, les cours commencent demain.
Avec d'autres musiciens, nous irons tantôt écouter un concert dans les jardins de la Villa Rufolo.
Avec la nuit qui tombe, je lui prendrai alors et alors seulement la main.
Dans l'ombre, personne ne nous verra.

Posté par patitouille à 09:00 - Amanda - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 avril 2008

13. Lettre à moi-même (Amanda)

Très chère,

Qui, mieux que toi peut me comprendre ?
M’écouter rire ou pleurer ?
Me féliciter ? M’encourager ? Me juger ? Me critiquer ?
Toujours là quand j’ai besoin de toi.

Toi, toi, mon moi...

Dans le miroir, je te regarde, je t’admire, tu plais.
Indéniablement, la plus belle, la plus spirituelle,
La plus sensuelle aussi…
Tentatrice, séductrice,
Impétueuse, audacieuse…
Mais ceci est notre secret, n’est-ce pas ?

Toi, toi, mon moi...

Ensemble nous avons grandi, appris, mûri
Ensemble nous avons bâti des cathédrales
Ensemble toujours nous les avons vues se fissurer
Ensemble nous nous sommes effondrées
Ensemble nous nous sommes relevées.

Toujours, mon amour...

Toi, toi, mon moi...

Ma belle, ma jolie, mon amie,
Ma folie dont je fais l’éloge aujourd’hui.

Posté par _Sammy_ à 11:00 - Amanda - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 avril 2008

27. Cela ne se fait pas (Amanda)

Il faut absolument que je pense à prendre un amant…

Devient même urgent à presque 40 ans !

Oui, mais voilà, cela ne se fait pas.

Suis une femme mariée.

Bien mariée, trop mariée,

Avec un nain  nanti

Qui lit les cours de la Bourse au lit.

Je suis casée, cataloguée BCBG

Avec ma belle écharpe de soie blanche, bien proprette, bien nette.

Et dire que je ne rêve que de galipettes.

C’est ma faute aussi,

Je dis toujours oui.

Oui Maman, oui Papa, oui Monsieur le Maire…

Aurais mieux fait de me taire et

D’envoyer valdinguer la robe blanche

Les invités, le gâteau et les cadeaux !

Oui, mais voilà, cela ne se fait pas.

Venue racoler dans ce café, me voilà bien mortifiée !

Rien qu’un Pépé aux cheveux blancs

A me mettre sous la dent…

Ou alors, l’ado, là , seul dans son coin ?

Et de son acné prendre soin ?

Très peu pour moi !

D’ailleurs, cela ne se fait pas.

Tiens, un journal et une petite annonce pas banale :

«  Peter Pan cherche fée Clochette pour vol au 7e ciel … »


Et puis une autre, pas mal :

«  La Bête cherche sa Belle… »


Et si je répondais ?

Personne ne le saurait !

Et si, moi aussi, je m’y mettais, genre :

«  Jane cherche Tarzan pour passer un bon moment… »

Mais, tu délires, ma parole, complètement folle !

Mais enfin, Amanda, cela ne se fait pas !

Me demande comment elles font, les autres ?

Pas simple de trouver un partenaire pour s’envoyer en l’air…

Enfin, un jeune ( pas trop !), un plutôt beau ( pas un gigolo !)

Un allegro ma non troppo…


Finalement, je vais aller dire un mot  au jeune ado…

Pas si ado que ça, finalement, vu de plus près

Je pense avoir trouvé ce qu’il me fallait.

Et si j’essayais ? Il me plaît bien…


Et puis, la fête passée, adieu le saint !

Posté par Coumarine à 17:22 - Amanda - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mars 2008

9. Un Agenda chargé ( Amanda )

C’est étrange, depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatiguée…

Lundi matin 8h

La sonnerie du téléphone nous réveille en sursaut, l’Homme et moi.
Et oui, je l’avoue sans honte, nous, retraités depuis peu, nous sommes couchés tard hier soir. Nous nous sommes offert la rediffusion de « Lawrence d’Arabie », et nous réveillons ce matin à la lenteur de son chameau…
Mais qui peut bien appeler à une heure pareille ?  Ma vieille amie Monique ! 30 ans d’amitié et on peut tout se permettre, non ?

Non…

Elle a brusquement décidé de venir à Bruxelles ( depuis ses chères Ardennes ) et de s’offrir une virée «  shopping » . Rendez-vous Grand’Place pour un vrai déjeuner entre copines. Surprise, hein !
Ben, oui alors, totale. Elle était pas au programme, mais alors pas du tout. Car le lundi à 10h j’ai cours de gym ( m… suis déjà en retard ! ) et puis à 11h30, faut que je récupère Petit Garçon n° 5 ( celui de Fils n° 1 ) à l’école pour l’amener dans les embouteillages chez sa maman qui vient d’accoucher de Petit Garçon n° 7.
L’Homme toujours dans le désert d’Arabie, grimace : «  Tu vas encore courir toute la journée ! »

Mardi 7h

Le répondeur ( prudemment branché hier soir…) et la voix stridente de Madame Mère nous font sauter du lit. A nos âges, c’est ridicule, mais bon, comme elle n’est pas loin des 100 ans…
C’est grave : sa télé est en panne ( ou le chauffage ou l’évier bouché dans la vieille baraque qu’elle s’obstine à habiter dans un quartier de Bruxelles où elle doit être la seule non arabe ).

Mercredi 8h

Message insistant sur le portable ( téléphone interne débranché…). L’homme, agacé, marmonne un «  Mais regarde ce que c’est, enfin ! » des plus menaçants.
C’est fils n° 2 «  Pas la peine d’aller chercher Petit Garçon n° 3 à l’école à midi. Il a de la température, il nous l’amène sur le champ. Pour la journée »… Ah bon !

Jours suivants

Plus de place ici…
Comme dit Justin, mon ami congolais «  Vous avez les montres et nous, on a le temps ! »


Posté par Vertumne à 15:00 - Amanda - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 mars 2008

16. Le secret de Monsieur Georges (Amanda)

Si être nain, être petit comme Mimi Mathy
Est souvent gênant,
Etre grand présente de sérieux inconvénients.
C’est le cas de Monsieur Georges.
Dépasser largement les 2 mètres
Avoir des bras et des jambes interminables,
Tout à fait inconfortable.
La dernière fois, en avion, il avait prudemment réservé 2 sièges,
L’un pour le dessus, l’autre pour le dessous.
Làs, une erreur d’informatique le plaçait
En queue d’avion d’une part et près du cockpit d’autre part…
Depuis cette mésaventure, il ne se déplace plus qu’en voiture,
Avec siège adapté, bien sûr !
Monsieur Georges n’a pas toujours été grand !
Sa haute taille lui vient d’un mal mystérieux venu  à la puberté…
En même temps que la barbe et les poils, sa libido se mit à pousser…
Il perdit sa virginité et gagna 2 cm…
Il mit plusieurs années à se rendre à l’évidence : à chaque envolée sexuelle, il s’élevait aussi de quelques mms voire d’1 cm ou 2 selon la force de l’extase.

Une fois les 2 m dépassés, la situation s’avéra dramatique.
Georges espaça ses rencontres ( Il ne s’était jamais marié ! ) et finit par cesser toute activité lubrique.
Sa taille se stabilisa. Mais le désir resta…
Georges , fin bricoleur, descendit dans son atelier dans la cave de l’immeuble, juste à côté del’abri anti-atomique obligatoire .
Et il y fabriqua Olga, dont il articula les bras.
Au début, Olga resta dans l’appartement, assise à ses côtés, regardant la télé sans moufter, sans remontrances quand il se resservait un whisky. Le pied ! Femme bien faite et muette !

Un matin, il posa Olga près de la fenêtre pendant qu’il faisait un peu de ménage. La concierge la vit, en guêpière, ameuta les occupants de l’immeuble. Rapidement une pétition circula , un pigiste de «  La Tribune de Genève » prit des photos, plainte fut déposée.
Georges piqua une grosse colère. De nuit, il installa Olga dans sa voiture et  en plein jour, démarra  en claxonnant il fit 3 fois le tour du Lac Léman, puis se jeta dedans.

C’est comme ça qu’on perd un procès.

Posté par _Sammy_ à 15:00 - Amanda - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 février 2008

12. Thanks God, we're british ! (Amanda )

Il n'en a parlé à personne.
Car, Théodore est un parfait majordome, un "butler"  à l'anglaise.

Théodore est très honoré de travailler chez le Duc et la Duchesse de Cornouailles. Impeccable dans son habit en queue de pie, le col blanc amidonné, le papillon noir coquettement noué, Théodore sert le thé, les doigts gantés de blanc.

Chaque matin, Théodore repasse au fer tiède l'immuable « Times » sans le moindre faux pli. Il dépose ensuite le vénérable journal sur un plateau d'argent, lequel trouve place à 5 cm exactement de l'assiette de toasts enveloppés dans une serviette chaude, à 5 cm exactement des œufs au bacon que le Duc affectionne.

La Duchesse, quant à elle, se contente d'un jus d'orange fraichement pressé, servi au lit par un Théodore impassible, selon le code de déontologie de la décence, enseigné à l'école de butlers d'Hampton Court. Impassible, même si la Duchesse arbore souvent des tenues fort légères. En particulier en l'absence de Monsieur le Duc plus féru de courses de chevaux à Ascot.

C'est que Monsieur le Duc prend de l'âge : la chasse et son club à Londres, réservé aux nobles mâles  sirotant un whisky pur malt en fumant un Havane lui prennent tout son temps.
Aussi Madame la Duchesse se sent-elle quelquefois fort seule. L'aquarelle et les promenades avec ses chiens ne suffisent pas à tempérer une quarantaine malicieuse.

C'est ainsi que fatalement, la chose se produisit. Un soir, au coin de l'âtre, un autre feu la souleva, allumé lui aussi par son butler, une ardeur inattendue l'emporta au 7e ciel qu'elle n'avait plus visité depuis fort longtemps !
Théo !
Théo a jeté son papillon aux orties et libéré une libido trop longtemps contenue dans sa queue de pie.

A 5 cm près.
La Duchesse, lassée de fermer les yeux et de penser à l'Angleterre, comme le lui avait enseigné sa mère, répondit de bon cour à tant d'ardeur.

A 5 cm près.
Il n'en a parlé à personne, Théodore. La Duchesse non plus.

Posté par patitouille à 09:00 - Amanda - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 février 2008

16. Quand Mélanie se déchaîne (Amanda)

J’ai sorti mon cahier à couverture rouge de mon grand sac.

Et j’ai commencé à noter la fréquence des contractions.

Je n’avais, comme d’habitude, rien préparé et attrapé au jugé ce sac où j’avais jeté un peu de tout en vrac. A mon 8e mois de grossesse, ma valise n’était pas faite, pas prête.

Moi non plus d’ailleurs, je n’étais pas prête.

Mais refaite, ça, oui ! Et drôlement !

Heureusement que le chauffeur de taxi n’a rien vu.

Pas vu, pas pris…

«  Mélanie, ma fille, qu’est-ce que tu as pu être bête !

Tu savais bien, que toute cette histoire avec le Gros tournerait mal.

Tu n’as écouté personne ! Et te voilà encombrée d’un têtard, en prison dans ton ventre, dans l’attente d’un avenir aussi aléatoire que dérisoire… »

C’est vrai qu’au départ, j’étais bien innocente…
Ma mère m’a vue arriver avec un accablement certain, en 7e position dans la hiérarchie familiale.

Elle, qui croyait naïvement être à jamais débarrassée de ce genre de mésaventures, à force d’user et d’abuser d’aiguilles à détricoter.

Très vite elle m’a casée comme bonniche au couvent. Une bouche de moins à nourrir et le secret espoir que je n’en sortirais jamais et resterais bonne sœur pour la vie !

Mais moi, enfermée, cadenassée, jamais !

Chez les nonnes, je me suis gavée de connaissances médicales rudimentaires, entre vider un pot de chambre et faire une piqûre…

A 18 ans, j’ai sauté par-dessus la grille dans le premier train pour la capitale.

Les quelques sous grappillés ça et là ont payé ma chambre d’hôtel et l’impression de  cartes de visite déposées dans le quartier de la Gare Centrale avec mention en italique «  Mélanie Cruchon, infirmière à domicile »

En un mois, j’avais ma clientèle, y compris la femme du Gros.

Dès le premier jour, j’ai su qu’il m’avait dans la peau. C’était trop beau !
J’ai piqué juste là où il faut et il s’est retrouvé veuf.

Le lendemain cet imbécile de commissaire l’a mis en prison…

Me laissant pieds et poings liés.

C’est pas gagné !

Posté par pivoineblanche7 à 18:51 - Amanda - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 janvier 2008

14. WIILKOMMEN, BIENVENUE, WELCOME … (Amanda)

Mes bien chers frères,
N’ayez pas peur !
Entrez !
Welcome, bienvenue les hommes !
Venez vous amuser !
Ici, on peut apporter ses baisers,
Ici on peut prendre son pied,
Ici on peut se livrer au péché en douce liberté.
N’ayez pas peur !
Au jardin des délices, débridez vos caprices.
Nul ne vous voit, nul ne vous juge
Il n’y a que moi…
Et moi je ne compte pas.


Toi, l’Antoine, je t’aime bien, tu sais
Malgré tes airs de chanoine…
Toi, l’André l’aumônier des petites vieilles,
Je t’emmènerai au septième ciel
Et toi, Thomas
Qui ne croit que ce que tu vois,
Et toi Damien
Qui aime tant mes seins…
Et vous, Benoît,
Etonnez-moi !!


N’ayez pas peur !
Il y aura encore d’autres va-et-vient
Dans mon sexe, dans mon cœur.
Personne n’y reste jamais
Pas même un enfant !
Cela m’est indifférent.
Je suis congelée, hermétique aux sentiments
Je ne risque rien, je suis blindée
En toute sécurité, vous pouvez entrer !
Vous aurez ma fleur,
Mais pas mon cœur.

Posté par _Sammy_ à 10:00 - Amanda - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 janvier 2008

4. Etre méchante, ça fait du bien… (Amanda )

J’ai bien fait le tour de la question
Et j’ai pris une décision, ma résolution pour cette année :
Arrêter…
Arrêter d’être gentille, de jouer à la brave fille,
A la pauvre pomme Oui-Oui,
Prodiguant au quotidien
Un mot, une attention,
Pour se sentir bien !

Ras-le-bonbon !
Terminé !
C’est décidé , je vais changer !

Je vais être méchante !
Méchante , rien qu’à le dire
C’est parti, je frissonne de bonheur !
En vraie peau de vache, je vais faire un malheur !

Plus de sourires pour la boulangère ou la caissière du supermarché…
Marre de voir, leurs yeux s’illuminer d’incrédulité parce que quelqu’un les a saluées…
Plus de petit geste de la main pour remercier l’automobiliste qui me laisse la priorité…
Mais un doigt bien haut planté !
Plus de post-it encourageant sur le bureau de mon ado étudiant…
Juste un regard indifférent !
Je n’aiderai plus de vieilles dames à monter dans le tram…
Bien plus rigolo de les voir chuter dans le caniveau !
Plus de reste de ma tarte aux pommes pour le clochard de mon quartier…
Je ferme les volets à tous et à jamais !

Détestable avec mes proches, aimable avec le premier venu…
Caressante avec mon chien, blessante avec les miens…
Etre méchante, qu’est-ce que ça peut faire du bien !
Ca me repose…
J’avais vraiment besoin de faire une pause…
Je ne veux plus être vaporisée, aromatisée,
Charmante, éblouissante, méritante…
Mais tout simplement que l’on dise de moi :
«  Qu’est-ce qu’elle est méchante !  Que lui est-il donc arrivé ? »

E finita la comedia…
Changer de planète,
Etre vraie…
Etre moi…

Posté par Coumarine à 09:50 - Amanda - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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