16 avril 2007
Le bouquet de la mariée était empoisonné (Amazone)
Et maintenant, ça suffit...!
Marre de les attendre ! Marre d'être la dernière des pommes, pressée comme un citron à faire tout pour elle et n'importe quoi pour lui. Elle, Marina, coach personnel, spécialiste en communication et lui, Pierre, Audit consulting pour de grosses boîtes. Mais qu’est-ce qu’ils peuvent bien foutre, ces deux-là, en ce moment ?
J'ai accepté d'être leur wedding planner, histoire de rendre service à ces deux vieux amis de lycée, moi la glandeuse professionnelle, l'intermittente de petits boulots en tous genres, et gagner le fric nécessaire pour rejoindre Jérôme au Mali.
On a beau être copains, un travail de cette envergure ne peut être gratuit… et tant mieux, parce que franchement, ça n’est vraiment pas une sinécure que de poireauter là, dans ce parc glacial, devant la cathédrale, pour la présentation de la décoration du parvis. Elle va sûrement avoir des remarques désobligeantes, martelées de sa petite voix métallique et autoritaire. Insupportable. Enervante. Il sera d’accord avec elle, béatement émerveillé de ce qu’il croit qu’elle est : belle, intelligente, fûtée. Remarquable…
Un coup, je m’assois sur le banc et relis toutes les notes prises chez les deux traiteurs consultés ce matin ou revois mes croquis, pour aller sur celui d’en face, trois minutes plus tard et m’en vouloir d’être devenue le larbin de ces deux parvenus. Je crée un dialogue intérieur par bancs interposés ; d’un côté, l’amie obligée envers ses ex-potes, qui se défonce comme vingt, et l’éternelle rebelle qui ne souhaite que tracer la route. Je n’aime pas ce qu’ils sont devenus, des caricatures de métrosexuels et d’executive women, drogués de travail, accros à la réussite, à la reconnaissance sociale. Je hais leurs tendances bo-bo, toutes en faux-semblants et superficialité.
J’en veux encore et surtout à Marina de m’avoir fauché Pierre, quand on était encore en Terminale.
Tiens, et si je saupoudrais sa corbeille de mariée, d’un peu de monoxyde de carbone …