10 mai 2006
La collection d'Aline (ARNo)
Depuis 10 ans qu'elle passe chaque été en famille sur la plage de Cayeux-sur-mer, Aline en a collectionné...
Chaque soir en rentrant du bord de mer elle amène une nouvelle conquête au camping de Brighton-les-pins... une fois c'est un petit brun venu des Indes, une autre fois un beau blond descendu de sa Scandinavie pour goûter à une eau plus chaude, un robuste taillé dans la masse, un longiligne au teint lumineux, parfois même des jumeaux découverts sur le sable à marée basse...
Chaque jour c'est un voyage qu'Aline fait auprès de ses "amoureux"... mais plus que leur galbe, leur forme parfaite... c'est l'histoire qu'elle leur invente qui la fait rêver... elle s'endort prés d'eux, se met à rêver les voyages qu'ils ont fait, les corps qui se sont couchés prés d'eux, avant elle, et qui n'ont pas su voir en eux cette beauté... elle s'imagine avoir trouvé la pierre précieuse, la perle rare, le joyau perdu... mais au petit matin ils lui paraissent tous gris, insipides, vulgaires cailloux...
Du haut de ses 10 ans elle les aime bronzés, polis par le vent et l'eau, chauds et bien cuits...ses galets
28 avril 2006
Le bois des pendus ARNo
Sous la pluie le tonnerre
Sans peur mais avec des reproches
J'ai pris mon baluchon, mes peines et son sourire abscons
Blessé par les éclats d'un rêve brisé, j'ai claudiqué jusqu'au "Bois des pendus". A l'orée, harassé, je fis d'une souche un oreiller afin d'y reposer mon âme, juste un moment... Au petit matin réveillé par la fraîcheur du printemps je pris de mon sac , pour panser les plaies de l'absence, ce que je pensais être ma trousse de survie (une flasque de Whisky et quelques herbes magiques)... c'était autre chose, sa boîte à trésors, pleine des souvenirs de notre Amour, un chapelet fait de petits rien de pas grand chose... elle m'aimait, à sa façon elle m'aimait... j'ai rebroussé chemin, ce matin il fait beau à nouveau...
18 mars 2006
Le Tango (ARNo)
Tu m'invites à la danse, je n'ai pu refuser
Où dans le square balancent, les corps amourachés
Tu fais un pas devant, je te marche sur le pied
Tu fais un pas de côté, je te fais un croche pied
C'est un Tango balourd, Bandonéon falot
Une danse d'amour pour les cachalots
En équilibre instable, tu virevoltes sous ma cuisse
Triple axel, Kouign-aman, séisme sur la piste
L'assemblée nous regarde, contraste adipocytes
Je danse la gaillarde quand tu danse le twist
Le Tango nous rappelle, son abrazo sensuel
Se fiche bien ma groseille que je sois une bretzel
Se fiche bien mon ptit suisse que je sois une saucisse
14 mars 2006
Viens t'asseoir (ARNo)
Viens t'asseoir là... prends place à nos côtés
Fais ce voyage dans notre intimité
Je vois tu as choisi cette vieille chaise de bois vernie
Elle est terne et brinquebalante comme les derniers mois de nos vies
Et pourtant... résistante, oui comme le roseau de la poésie
Elle te soutiendra comme nous dans un confort relatif
Ou cahin caha... on se cherchera de nouveaux liens, un nouveau motif
On va gratter nos peaux mortes, mettre la chair à vif
Il faut souffrir pour être beau... n'est-ce pas ce qu'on dit ?
Ce sera long ,douloureux... à creuser les sillons du renouveau
Il faudra être courageux et rassembler ce qui nous fait défaut
Alors parle avec tes propre mots... dis nous ce qui t'amènes ici
"Bonsoir, je m'appelle Arnaud... je suis alcoolique, je voudrais revenir à la vie !"
02 mars 2006
La délivrance (ARNo)
"Ça y est c'est la délivrance !", soliloque Jeanne... il est enfin parti ! Elle ne pensait pas que son calvaire puisse s'arrêter comme cela, sans bruit, sans violence... Leur histoire d'amour s'était transformée avec le temps en une bataille rangée. Echange verbal allant crescendo... et de représailles en représailles, les poings avaient remplacé les mots.
Il soufflait enfin un vent de paix dans l'appartement moribond... debout devant la baie vitrée elle s'adonnait au dernier plaisir qu'il lui restait, tremper un speculoos dans son thé. Elle regardait les jeux d'enfants en bas de l'immeuble, jamais elle n'aura eu la joie de voir la silhouette de son petit Tom sur la balançoire... dans un accès de colère, fatiguée par tant de nuits sans sommeil, son mari toujours absent pour son travail, sa maîtresse... Jeanne avait secoué petit Tom pour qu'enfin il cesse de pleurer...
Elle aurait voulu retourner le sablier de la vie, faire que les grains de sables s'immobilisent... avoir droit à une seconde chance, non elle n'était pas une mauvaise mère !
Depuis ce soir tragique, lorsqu'elle s'allongeait elle sentait son corps s'étirer atrocement, comme sur un chevalet de torture... mais cette nuit, la première sans son odeur à lui, la douleur avait disparu... Pourquoi ?...
23 février 2006
Aimeriez-vous avoir des esclaves? (ARNo)
Aimeriez-vous avoir des esclaves?
Aimeriez-vous avoir un esclave?
Aimeriez-vous m'avoir pour esclave?
Ca s'esclaffe, ça acclame vous vous dites il est barge!... Je m'incline, vous intime à me prendre corps et âme!...
Aimeriez-vous que je vous rende service?
Je précise je n'accepterais pas les sévices!... Je ferais mon office sans jamais sourciller... je ferais des saucisses et vous l'oisiveté... et si de trop manger aviez l'obésité... j'aurais l'obeissance de ne rien remarquer...De toute heure, de tout temps, veillerais au bonheur... de vous, de nos enfants et même de votre mère...
09 février 2006
L'Artiste (ARNo)
L'Artiste s'attriste... Attaché aux lettres, au Littré... Il s'était entouré de doux courants d'air, de chaudes jouissances... Chantre des Roudoudoux...
Dans les lettres charnières de ses jours incertains, l'écriture chahutée saluait l'artiste étourneau. Et dans les journaux, couchait les charniers, la justice déchue par l'injustice d'Outreau...
L'Artiste s'attriste... Il a tendu la joue, joué un jeu tordu, rendu copie ardue... Exaucé le voeu d'une étonnante lectrice... Ardent courtisan, il a cru toucher la Lune... et la nuit éteint le jour, et le jour naissant chasse le jour d'hier... dixit Courte Narine: "Il est toujours assis entre deux chaises... l'Artiste "...
03 février 2006
Je suis sur un fil (ARNo)
Je suis sur un fil, tendu vers le vide... Pont fragile entre deux rives... Vetille à laquelle j'abonde, la Vie... Je marche sur ce fil, en équilibre ivre... D'un pas chaloupé, décadencé... J'arrive au bout du fil, à fleur de falaise... Je suis à bout
Soixante dix métres à pique pour atteindre la grève!
J'inspire une derniére fois la brise...
J'expire ma douleur vive... je repense à elle, à lui dans mon lit... je crois avoir des ailes pour exiler mes haines...
Je sens que je m'enlise, je m'immobilise
Il est trop tôt
Il est toujours trop tôt...
22 janvier 2006
Nightmare Party (ARNo)
Le soleil se levait, d'une manière si lente après une nuit de transe virevoltante
Le soleil la lavait, de cette odeur masculine gangue d'ambre assassine
Le soleil l'a réchauffée, elle qui a tant tremblé, sang glacé dans cette nuit brûlante
Il l'a réveillé, relevé, aidé à se redresser et dresser ses bras au ciel... vivante
17 janvier 2006
Peur de l'engagement...(ARNo)
Prétexte pour ne pas aller au bout des choses
Inerte à balayer d'un revers de main les causes
Inconséquent bonhomme qui recule plus qu'il s'impose
Probe indigent qui refuse quand on lui propose
Vu de l'extérieur fumeur de joint qui s'expose
a une fumeuse vie torpide et morose
Mais de l'intérieur les tiraillements implosent
une âme bien vivante bienveillante qui voudrait bien mais qui n'ose
De peur que du cœur la ptôse
Peur de l'engagement plus ou moins névrose ou psychose