Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

28 avril 2008

09. Donatien (Arthur Hidden)

Mon amour,Après cet après-midi chez mes parents où tu as fait connaissance de Donatien, mon petit frère de huit ans, nous n’avons pas pu parler. Tu es partie immédiatement en voiture pour Aix, où tu donnes tes cours à la fac, et moi je t’écris dans le train pour Paris. Demain je commence les écrits de l’agrégation de philosophie. Mais ce week-end loin de Kant m’a fait du bien.Bien sûr je t’ai souvent parlé de Donatien. De l’importance qu’il a dans ma vie. Mais cette première rencontre entre vous, pour moi, ce n’était pas évident.... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 15:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]

13 janvier 2008

12. Au club Med (Arthur Hidden )

     J’ai bien fait le tour de la question, je suis bien coincé. Il faut dire qu’avant, j’avais aussi bien fait à fond le tour du propriétaire, ou plutôt de la propriétaire.    Quelle classe, ces femmes de la cinquantaine ! Comment s’appelle-t-elle déjà ? Marlène ? Quelle expérience ! Quel appétit ! Quelle gourmandise pour mes vingt six ans ! J’en suis tout retourné.    Maintenant elle dort à côté de moi, seulement habillée de cette légère moiteur qui rend son corps si craquant.... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 10:05 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
10 novembre 2007

Tante Bette (Arthur Hidden)

 Tante Bette prit une profonde inspiration. Il lui en fallait du courage pour entrer dans la pâtisserie du chef-lieu tenue par un compagnon de chasse de ses frères et où tout le monde la connaissait. Elle, la fille cadette un peu zinzin de cette famille bourgeoise imprégnée des idées antisémites de Maurras. Elle qui était partie au grand dam de sa famille, deux ans après la fin de la guerre de quatorze, vivre quelques mois avec une sorte de saltimbanque. Elle qui, toute honte bue, était revenue, plus maigre qu’un... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:30 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
23 octobre 2007

22. L'oeuvre (Arthur Hidden)

Mauvaise surprise, le quai du métro est noir de monde! Je ne vais pas pouvoir donner la chorégraphie silencieuse qui a surgi en moi quand j'ai enfin vu l'œuvre de Charles exposée. Ce désir de jubilation de mon corps dans la danse qu'ont fait naître ces quatre bandes verticales, ces quatre oriflammes au graphisme épuré! Deux années de rage et de doute. Deux années où Charles m'a si souvent abjuré de ne pas gâcher ma jeunesse et ma beauté avec un artiste tari, incapable de se réinventer. Le résultat est là, évident. Dans cette... [Lire la suite]
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11 octobre 2007

L'agent immobilier (Arthur Hidden)

Mon dieu! C'est horrible cette peur de tomber dans ces escaliers qui plongent de la colline jusqu'aux quais. Ces volées de marches en pierre, elles ne finiront donc jamais. Heureusement qu'à mon âge j'ai encore les genoux solides. Mais je n'ai plus que les os sur la peau. J'ai beau me cramponner de la main droite à la rampe métallique et tenir fermement mon gros cabas de l'autre main, j'ai peur qu'un coup de vent ne m'emporte ou que je rate une marche. A presque quatre-vingts ans je suis sûre d'y passer, foi de Célestine. Et puis... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 09:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
27 septembre 2007

Le crime aurait pu être parfait (Arthur Hidden)

Je lui ai dit de se taire. Mais rien n'y fait. Certes elle ne m'assène plus ses jérémiades, ses récriminations sur ma lâcheté d'avoir plaqué sa petite fille. Tu parles. C'est elle qui s'est barrée, il y a dix ans, en me laissant sa grand-mère, la vieille taupe. La garce savait que j'avais besoin de ce tas d'or à moitié gâteux pour vivre, que j'étais coincé à jouer les garde-malades.Elle n'aurait pas dû me dire, la vieille, qu'elle allait modifier son testament, qu'elle ne me laisserait rien. Ce que je ne lui pardonnerai jamais, c'est... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 08:30 - - Commentaires [13] - Permalien [#]

12 septembre 2007

L'expédition (Arthur Hidden)

L'horloge indique vingt deux heures trente, mais elle est en avance. Nous aurions pu attendre minuit si le petit Tobi n'avait pas voulu absolument nous accompagner. De toute façon à cette heure-ci nos parents respectifs se sont déjà retranché dans le salon d'apparat. Ils ne s'occupent plus de nous. Nous descendons à pas de loups de nos chambres mansardées par l'escalier de service, poussons nos vélos le long de la grande allée en évitant de faire crisser le gravier. Le petit Tobi, que je prendrai sur mon porte-bagages, me... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:17 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
23 juillet 2007

Moderne Cendrillon (Arthur Hidden)

           La surprise est de taille qui conduisit à un an d’effervescence médiatique autour de l’empire-principauté de Cancanie, petit état paisible au cœur de l’Europe, héritier du grandiose empire éponyme.             Il faut dire que les implications économiques ne manquaient pas à cette histoire. La Cancanie envoyait dans le monde entier des boites métalliques de biscuits avec la mention By appointment of her Imperial Majesty. Si le prince Erick, le... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:06 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
29 juin 2007

Le prêcheur (Arthur Hidden)

Cela faisait douze jours que les voiles du Au milieu de nulle part pendaient, abandonnées des alizés. Cela faisait dix jours que le capitaine était mort de la fièvre qui le minait depuis les côtes d’Afrique et commençait à gagner l’équipage. Cela faisait sept jours que l’équipage, maître queux en tête, avait tué le second puis violé et jeté par-dessus bord la jeune femme du capitaine dont plus personne ne supportait plus les cris déments. Cela faisait six jours que les hommes, tous les hommes, maître queux en tête, étaient descendus... [Lire la suite]
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17 juin 2007

Le cœur net (Arthur HIDDEN)

-         Excuse-moi, c’est une erreur ….Quelle conne ! J’aurais jamais dû fermer précipitamment la porte comme ça en m’excusant. Elle, je l’ai parfaitement reconnue. Mais lui ? Je ne suis pas sûr que c’est lui. Mais j’ai bien l’impression que c’est lui. Cette image, aperçue juste un instant, m’obsède. Elle, nue face à la porte. Ses seins, si mignons, à demi recouverts de ses mains, et par dessus celles d’un homme qui se tient debout derrière elle. Lui ? Putain, j’aurais dû tirer ça au clair avant de... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 18:17 - - Commentaires [6] - Permalien [#]