11 juin 2007
Rendez-vous à 22 heures (Asterie)
Excuse moi c’est une erreur
Je me suis perdu dans les couloirs de cet hôtel et quand j’ai vu la porte entrouverte j’ai su que c’était là que tu m’attendais.
« Impatiente de frémir sous ton souffle, à l’endroit habituel à partir de 22 heures », ton message était clair et j’y ai répondu en courant comme les autres fois.
Quand je suis entré tu as fermé les yeux, et laissé mes mains remplacer les tiennes et t’investir doigt à doigt, grain à grain.
Ton corps frémissant sous ma caresse s’est incrusté dans le mien courbe après courbe, creux après creux.
Ma bouche a parcouru tes cheveux et j’ai respiré doucement l’ambre de ton parfum et les effluves poivrées de ta peau, ce subtil et enivrant mélange qui me projette au delà du réel.
A peine arrivé, et j’étais déjà au bord de l’extase stimulé par ces infinies variations apportées à ton corps.
Ces seins légèrement plus ronds, ces hanches à peine plus pleines, et cette odeur de jasmin si délicate qui pimentait l’air ambiant.
C’était trop intense et j’ai vite succombé.
Tu as poussé la porte de la salle de bain et quand tu es passée dans la lumière j’ai vu avec stupeur que tu m’étais inconnue.
Mais tu t’es retournée avec un petit sourire et tu as dit, attends moi je reviens.
Et je suis resté.
16 février 2007
Week-end (Asterie)
Il choisit toujours la solution la plus compliquée, mais pourquoi n’a t’il pas tout simplement fermé le robinet au lieu de tirer la bonde de la baignoire, nous ne serions pas en train de nous enfoncer dans cet océan de malheur. C’est toujours la même chose avec lui, il faut absolument qu’il fasse l’intéressant.
Quand il m’a proposé de m’emmener en week-end dans la maison de campagne de ses parents j’aurai dû me méfier.
Une route difficile et longue pour arriver au fond de cette cuvette d’un blanc si intense qu’il brûle les yeux à travers les paupières, pas la moindre végétation, rien, un désert aride.
Nous étions à peine à l’intérieur quand la pluie à commencé à marteler la toiture de façon violente, passant du froid au chaud presque brûlant sans intermédiaire.
- C’est un problème de mitigeur
a-t-il déclaré en prenant un air savant
- laisse moi faire je vais t’arranger cela en vitesse.
C’est à chaque fois la même chose il fait le malin et ça se termine en catastrophe.
La seule chose dont je suis sûre c’est que je ne finirai pas à moitié carbonisée comme la dernière fois.
- je te trouve un peu pâlichonne, je connais un endroit super pour te redonner des couleurs.
Avait-il annoncé.
Je lui avais bien dit pourtant qu’il ne fallait pas fermer la porte du four quand on mettait le grill en marche, d’ailleurs c’est écrit sur la notice.
Et bien il l’a fait.
11 octobre 2006
L’oiseau de nos rêves (Asterie)
Au matin le verre était vide, la main s’est ouverte et l’oiseau s’est envolé.
Nul ne sait où il va, nul ne le suit, comme la louve sauvage on ne sait le lier à un lieu ou à un maître.
Il se nomme Liberté.
Il est le gardien de nos rêves. Chaleur il est fantasme, douceur il est amour, noir et froid il est cauchemar. Il picore ton monde et vient déposer au creux de ton oreille sa graine merveilleuse.
Si tu gardes les yeux fermés en restant très attentif, tu sentiras l’instant magique où il se posera sur ton épaule et introduira délicatement son bec en toi.
Reste un enfant, remplis ton verre d’innocence et de curiosité, il y puisera sa force et sa détermination.
Vole oiseau de nos rêves, vole vers notre liberté.
29 septembre 2006
Kri, krii, kriii (Astérie)
Je ne l'aime pas, mais tant pis, c’est lui qu’elle a choisi.
"Kri, krii, kriii", mais il va finir par m’arracher une corde, je le hais.
-"Tu comprends, avec son âme slave et son toucher magique il me fait pleurer, tu vas voir il va te faire vibrer " avait–elle murmuré en me sortant de l’étui.
Je ne vibre pas, je grince, le vernis craque, le bois se fendille.
Les suites de Bach massacré par ce rustre.
"Kri, krii, kriii", crie l’oiseau qui remonte les ressorts du monde tous les matins d’en haut de son arbre.
Et cet imbécile qui ne s’aperçoit de rien, notre monde s’effondre autour de lui. Les gargouilles ont quitté le haut des cathédrales et survolent la plaine cherchant à s’accoupler avec les mandragores débarrassées de leurs racines…Stop
Voilà venir la nuit, tout est noir, je vais pouvoir dormir à nouveau jusqu’au prochain concerto. Le velours qu’elle a fait poser à l’intérieur de l’étui est très confortable.Demain, c’est elle qui va me réveiller, caresser mon corps , me chevaucher, ensemble nous partirons à la conquête d’un nouveau monde.
22 avril 2006
La fuite (Astérie)
Pourtant j’avais bien caché cette boîte à trésors, j’aurai dû me douter en voyant son sourire, qu’elle profiterait de mon absence pour me voler. Une vie de privations envolée en fumée, mais je vais la chercher, elle doit bien se douter de mes intentions et commencer à avoir peur.
Je ne vais pas me presser, je vais la retrouver et simplement m’approcher pour qu’elle sache que je suis là, pour la faire fuir à nouveau. Sa vie va être peuplée d’angoisses et devenir un vrai cauchemar. Fuir encore et encore…
Elle ne pourra pas rester sur ses gardes tout le temps, je lui laisserai un temps de répit pour qu’elle se relâche, qu’elle se croit un peu en sécurité et j’attendrai un moment d’inattention, juste un moment et je frapperai.
10 avril 2006
La cocotte en papier (Astérie)
Il n’y a vraiment rien à lire d’intéressant dans ce quotidien. Il ne me reste plus qu’à en faire, une cocotte, non, un petit bateau et le mettre à l’eau. Un petit Clemenceau quitte à faire dans le dérisoire autant aller jusqu’au ridicule. Il va peut être croiser, l’autre, la poubelle flottante ‘made in France’ qui se fait oublier on ne sait où avant de disparaître au fond de l’océan comme il a déjà disparu des médias.
Ou alors je fais un avion pour aller rendre visite au petit Prince, vous savez celui qui est amoureux d’une fleur. Pour atteindre sa planète il suffit quand on le lance de souffler dessus en gardant un rêve en mémoire, un beau rêve.
Le sien serait-il assez beau il ne le savait pas encore.
02 février 2006
Cinq à sept (Astérie)
Il est 18 heures...et je suis en retard,
je suis toujours en retard je n’aime pas cette manie qu’ont les gens de tout vouloir organiser, classer, normaliser.
Je ne sais pas courir comme eux sur les trottoirs de la ville ou dans les couloirs du métro, quelle drôle d’habitude.
Une de leur idole, un petit blond mignon a défini leur comportement :Il faut vivre vite, la mort vient vite’ et effectivement il s’est craché dans son coupé Porsche. Mais, moi j’ai le temps et de toutes façons je n’ai pas de voiture.
S’il m’aime, rien qu’un peu il m’attendra, sinon qu’il aille cavaler ailleurs.
« Tu es mon ‘cinq à sept’ petite fille » m’a-t-il dit . Aujourd’hui je crois que je vais avoir beaucoup de mal à le rester. Pas besoin de montre avec lui, à sept heures tapantes il est rhabillé la main sur la poignée de la porte de l’hôtel « Salut mon chou, ma femme m’attends à la semaine prochaine ». Tic tac tic tac…
Il est pas mal lui, en face, il est comme moi il ne se presse pas, je vais lui sourire pour voir sa réaction ou lui demander mon chemin. Non je vais lui demander l’heure, c’est ça le test, s’il ne me répond pas je l’invite à remplacer ‘cinq à sept’, au moment où il veut et pour une durée indéterminée.
20 janvier 2006
Pour le clan. (Astérie)
Tu as vu là-bas cette silhouette face au soleil couchant ?
Je me demande s’il prie ou s’il demande du secours.
Approchons nous sans nous faire remarquer pour essayer de comprendre ce qu’il fait là à cette heure.
C’est un humain, pas de doute il n’y a qu’eux pour perdre leur temps à de telles gesticulations.
C’est un solitaire il est loin de son territoire.
La fin du jour est proche, surveille bien les alentours, je ne sens aucune odeur concurrente mais ils faut rester vigilant.
La chasse va bientôt commencer et le clan a faim
04 janvier 2006
Je suis Dieu (Astérie)
"Elle attend. Mais elle ne sait plus très bien ce qu'elle attend...depuis le temps..."
qu’elle est assise là dans ce couloir de la clinique du Cap. On l’a sans aucun doute oubliée, elle ne manque à personne c’est sûr. Après l’accident et les longues semaines passées sur le lit de l’hôpital on l’a amené ici la mémoire vide. L’inconnue de la saint Sylvestre comme l’a rapporté la presse a survécu à ce déraillement qui a détruit tant de vies. C’est la plus grave catastrophe qu’ait subit le train de légende qui traverse l’Europe. L’Orient Express, cette ligne mythique et un peu mystérieuse qui relie l’Occident aux grandes plaines orientales.
Qui faisait-elle dans ce train de luxe, un voyage de noce ?
Etait-elle une aventurière, en mal de conquête fortunée ?
Une belle espionne chargée de séduire un diplomate en route pour son ambassade ?
Nul ne le sait et personne ne s’est manifesté malgré les campagnes de presse.
Cela va faire huit mois qu’elle est enfermée dans ce lieu, sans contact avec l’extérieur et le directeur de la clinique se refuse à la laisser partir d’ici. Elle est sans cesse surveillée, et se recroqueville instinctivement sous les regards permanents.
Mais je suis là et je la libérerai de ce joug.
Je l’aime, la femme sans nom et sans visage, ce sera ma mère, ma sœur, ma compagne.
Cela fait presque une semaine que je fais semblant de prendre le traitement de la clinique et je serai bientôt prêt à agir. Il me manque simplement une occasion, mais elle se produira, je la provoquerai.
Je vais leur montrer qui je suis, cet incendie sera encore plus beau que le dernier et c’est moi qui sauverai la belle inconnue.
Je serai son dieu.
Je suis Dieu.
22 décembre 2005
Pères Noël (Astérie)
Encore, mais c’est tous les ans alors. Je me souviens, l’an dernier c’était déjà au mois de décembre et j’avais fait le même boulot que maintenant. On m’avait revêtu du même costume ridicule avec une fausse barbe et obligé à prendre de sales mioches sur mes genoux pour faire des photos débiles.
Ils prennent les enfants pour des imbéciles en essayant de leur faire croire que je vais ensuite passer par la cheminée pour leur donner leur commande, surtout que la plupart du temps, des cheminées il n’y en a pas.
Enfin ça leur fait plaisir et aux gamins aussi, ils ont vite pigé le truc, l’important c’est que les jouets arrivent, alors s’il faut faire semblant de croire pour les avoir, pourquoi pas.
En attendant , j’ai froid et la pause c’est dans plus d’une heure. Je vais encore finir au Macdo à manger un truc dégueulasse avec les autres pères Noël de la boite. Nous n’avons pas vraiment le choix, c’est le patron qui paye.
Et puis il paraît que notre costume vient de cet univers, on est des pubs vivantes pour coca-cola m’a dit le photographe. Je m’en moque un peu je ne bois pas de ce breuvage.
Ce qui me fait surtout marrer c’est de voir le regard paniqué des parents arrivant dans cet endroit avec leur progéniture et leurs tentatives laborieuses pour leur expliquer pourquoi il y en a plusieurs des pères Noël, pourquoi on a la barbe qui pend autour du cou et surtout pour quoi il y a des mères Noël dans l’assemblée. Je vois bien dans les regards complices que nous lancent les enfants, qu’ils font semblant de les écouter, ils ont presque l’air de les excuser pour leur comportement ridicule.
Encore trois jours et c’est terminé on va pouvoir retourner au squat et palabrer toute la journée en pensant au pays.