Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

16 janvier 2008

25. Maison à vendre (brie)

J’ai bien fait le tour de la question. C’est cette maison là que j’achète ! Evidemment, son prix ne correspond pas vraiment au budget que je m’étais fixé mais enfin, n’est-ce pas le but de tout un chacun : devenir enfin propriétaire de son chez-soi même si pour cela on doit s’endetter plus pour travailler plus…Tant pis, de toute façon maintenant il me faudra travailler plus de 40 ans pour obtenir une maigre retraite, et encore rien n’est moins sûr….

Et puis, ce pauvre employé de l’agence, il faut bien que j’ai pitié de lui. Depuis 6 mois je le fais courir dans toute la région. Il m’en a fait visiter des maisons : des petites, des grandes, des délabrées, des « habitables » de suite, des avec cour ou avec jardin, des ruines mêmes et faut l’avouer, il sait y faire ! Une ruine pour lui c’est l’affaire du siècle – suffit juste de mettre la main à la pâte pour en faire un petit paradis. Il m’a même proposé de m’aider à trouver des entreprises (et encore des crédits). Tout juste s’il ne s’est pas proposé à venir me donner un coup de main lui-même ! Un homme conciliant, vous dis-je !

Mais pour cette maison là, j’ai eu le coup de foudre.

Lorsque j’ai posé ma main sur ses pierres chaudes, un frisson a traversé tout mon corps

Lorsque j’ai posé ma main sur la persienne transpercée par les rayons du soleil, lorsque je l’ai poussée pour faire entrer la lumière, je suis tombée en admiration devant ce magnifique jardin qui, même à l’abandon, m’a ravi les yeux et le cœur.

A cet instant j’ai su que mon choix était fait et que nous vieillirions ensemble.

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19 décembre 2007

Invitation surprise (Brie)

Et toc ! me voilà encore entre deux eaux. Je m'étais pourtant dit que je ne la reverrais ja-mais !

Mais sans doute qu'à un moment où un autre ça arriverait, qu'elle voudrait qu'on se rabiboche.  Il va bien falloir maintenant que je me décide ! Irais-je, n'irais-je pas ? Allez, je vais me faire la fameuse liste, celle du pour, celle du contre... évidemment, je me connais, je vais argumenter toutes celles qui iraient bien dans la liste « pour » et les agrémenter d'un petit inconvénient pour la refourguer dans l'autre liste ! mais bon, pas de souci, ce coup-ci,  je vais essayer d'être vraiment honnête, le jeu en vaut la chandelle.

Les fêtes de fin d'année sont bien les seules réunions où toute la famille peut se retrouver mais quand même ! Elle n'a pas donné signe de vie depuis au moins dix ans, après cette fameuse histoire.
Après tout, je n'y étais pour rien moi, ce n'est pas moi qui lui ai piqué son mec ! ma cousine en plus !
Oui mais non, après tout, je ne dois rien à personne même si  tout cela part d'une bonne intention
Oh non, franchement, c'est trop ! Je n'arrive pas à me décider.pourtant, le temps à passé, mais au fond de moi je sens bien que je lui en veux encore..
mais faut bien que je me l'avoue, cette invitation me fait quand même bien plaisir .et puis quelque part,  j'ai bien envie de revoir Marc aussi et de connaitre le petit Jérôme. Ce p'tit bout de chou, ça ne doit être rien que du bonheur.
.. quand même, j'hésite ! elle pourrait penser que je lui ai entièrement pardonné..

Allez , y'a pas photo. Faut que je ravale ma rancoeur.  J'y vais.  Après tout y'a que les cons qui ne changent pas d'avis.

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04 décembre 2007

15. Trahison indécente (Brie)

Gaston,

Je me sens si dépitée face à cette indécence. Je n’ai pas l’envie ni la force de t’affronter.
Je préfère t’écrire cette missive, exorciser ma colère par les mots.

Tu m’as trompé !  Tu m’as trompé ! à 87 ans ! te rends-tu comptes ? après tant d’années passées ensemble! Comment as-tu fait ? Comment as-tu osé ? Est-ce même pensable ? encore hier tu disais m’aimer  !
Je sais : le dernier bal !  cette petite vieille  virevoltait sans arrêt, près de notre table, son  pas boitillant, ses tifs filasses complètement emmêlés. J’avais constaté tes petits regards délavés d’envie dirigés vers elle.

Tu appréciais tant ma tignasse épaisse et frisée, tu me disais encore ma joliesse. Comment as-tu été attiré par cette vieille, laide et célèbre dans le village par ses  manières dépravées ?
J’avais observé tes petits regards émerveillés comme si tu avais rencontré la Miss Monde.  Je te connais comme ma poche. Je te connais  par delà l’extrémité de tes ongles que tu ne tailles jamais bien , me blessant  alors que vient le moment de se mettre dans les draps !

Tu a pensé: personne ne s’en apercevra ! Ne connais-tu pas  la Georgette ? elle passe son temps derrière ses voilages. De sa fenêtre, les iris exorbités par l’effarement, elle n’a cessé de fixer ce simili-ménage passant devant elle, se tenant par la main, sans gêne, se demandant si elle ne devenait décidément pas folle.  Evidemment, dans la seconde, elle venait m’avertir, encore hésitante se demandant si ses mirettes ne l’avaient trahie !

Même encore à l’instant je n’arrive pas à y croire, mais tu m’as déshonorée et jamais je ne te pardonnerais cette trahison. J’ai déjà fait mes valises. Je pars.  Tu ne me reverras pas ! Mon pôvre Gaston, tu devras désormais  faire ta popote et repriser ton linge.

Moi, j’ai 82 ans et encore de belles années à vivre ! 

Posté par pivoineblanche7 à 09:28 - Brie - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 novembre 2007

29_Les croissants chauds (Brie)

Je n’ai pas mis les bonnes chaussures ce matin. J’aurais dû m’en douter. Aujourd’hui, nous sommes Dimanche et une fois de plus, la patronne m’a envoyé en urgence acheter les croissants chauds. Le samedi soir, Madame reçoit son Amant. Ah celui-là, le moins qu’on puisse dire, c’elle qu’elle l’adore. Elle est aux petits soins avec lui et chaque dimanche matin , il a droit à son petit déjeuner au lit, avec croissants chauds, jus d’orange et tout le tra la la.. Quelques fois, elle m’envoie même cueillir une fleur au jardin qu’elle dispose amoureusement dans un petit vase sur son plateau.
Si elle s’apercevait des petits clins d’œil qu’il me lance en coin, elle en deviendrait folle !!

En attendant, une fois de plus, il a fallu que je mette mes chaussures en vitesse, mon manteau et que je cours à la boulangerie. Cette même boulangerie qui m’oblige à traverser cette place, triste et plate, traversée de courants d’air, dans la grisaille d’un matin tout juste levé.

Non, seulement je dois marcher vite pour l’aller mais presque courir pour le retour : il faut que les croissants restent chauds,  alors qu’il suffirait d’un petit passage au four. Mais non « ils ne sont plus aussi croustillants » me rétorque t’elle, avec ce petit sourire ironique que  j’abhorre.

Et chaque fois, je suis étonnée d’apercevoir tous ses gens se promenant de si bon matin ! Ah s’ils faisaient du ménage toute la journée comme moi, le Dimanche, ils feraient la grasse matinée !

Et me voilà, chaussée de ces mocassins souples, ceux que j’utilise lorsque je dois nettoyer les pièces de moquette,  ces mocassins qui laissent traverser la froideur et me gèlent les orteils. Et dire qu’en plus, je n’en ai pas d’autre paire. Il me faudra les laver et les sécher avant l’après-midi pour nettoyer les chambres ! Mais pourquoi ne me suis-je pas rappeler qu’elle me faisait le coup tous les Dimanches ? J’aurais enfilé mes bottes même avant son injonction !

Heureusement, demain c’est lundi…

Posté par _Sammy_ à 08:00 - Brie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2007

29. Le monde a tourné (Brie)

Mauvaise surprise, le quai du métro est noir de monde !
J’ai suivi l’enfant qui glissait, ses patins aux pieds, sur les routes lisses de sa cage. Il voulait quitter la piste translucide pour s’envoler vers les carreaux de glace où se reflètent les lumières du soleil. Il voulait s’envoler vers les nuages, aller au delà de la turbulence de ce monde qui a tourné sans l’attendre.
Le quai du métro est noir de monde.
J’ai suivi l’oiseau qui vole dans ce ciel à la voix qui tremble.
L’oiseau qui blessant son bec sur les barreaux de sa cage, aspire à l’air qu’on lui a retiré.
Le quai du métro est noir de monde.
J’ai traversé la voie. C’est comme si j’avais sauté une marche de ma vie.
Il faut bien quand même qu'on vive. Même si tout le monde continue chacun pour soi et n'attend rien de personne.
Le quai du métro est noir de monde.
J’ai suivi l’homme aux cheveux gris, emmitouflé d’un long manteau noir, qui marchait d’un pas si rapide pour s’évader de sa prison ,qu’il m’a semé au carrefour blanc d’une correspondance.
Je m’envole vers l’immensité bleue du ciel, je n’emmène pas de bagage.
Le quai du métro est noir de monde.
Derrière les rames de fer, où sont passé les lumières qui nous guidaient ?

Posté par Coumarine à 09:15 - Brie - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 octobre 2007

Le vieil homme (Brie)

Le vieil homme s’arrêta en haut des marches. Il était tellement essoufflé qu’il dût se tenir immobile un bon moment pour reprendre sa respiration qui devenait de plus en plus sifflante. Il se soutint au pommeau de la rampe d’escalier en avalant avec douleur de grandes goulées d’air. En ces instants, il avait toujours cette horrible sensation que son torse était une torche en feu. Et Anna, sa femme bien aimée, qui n’était plus là pour lui prendre la main, le soutenir !
A quoi cela sert-il ? se demanda t’il. Pour quelle raison s’échiner à cette petite promenade journalière , au terme de laquelle il avait l’impression d’avoir du coton à la place des muscles, un brasier à la place des poumons et ses os qui s’entrechoquaient comme si son squelette était en train de se désarticuler ? Et il se sentait si seul ! Même les domestiques étaient partis.
Il fit quelques pas et s’écroula sur le banc qu’Anna avait fait installer en haut des marches, où chaque soir ils s’installaient ensemble pour admirer le jardin de fleurs qu’elle aimait tant, les troènes que leur jardinier s’était amusé un jour à tailler en forme d’animaux géants, et au loin ce magnifique paysage de forêt où quelquefois ils apercevaient tantôt un écureuil, tantôt un chevreuil qui passait tranquillement sans se soucier d’eux. Il se souvint qu’à ces moments là, tous deux se regardaient d’un air complice et ne disaient pas un mot pour prolonger cet instant de bonheur.
Ses souvenirs le laissaient toujours triste et encore plus seul. Comment pouvait-on être plus seul que seul ? Encore une question qu’il se posait souvent.
Perdu dans ses réflexions, il n’entendit pas arriver la voiture de son fils qui, comme tous les premiers dimanches du mois venait lui rendre visite. En l’apercevant au bas de l’escalier, il sursauta comme s’il avait vu un fantôme. Pourtant, il se dit que François arrivait à point nommé. Sa décision était prise : ce soir, il ne brancherait pas son appareil à oxygène. Il avait tant envie de serrer de nouveau Anna dans ses bras que cette idée lui amena un sourire qui illumina d’un coup son visage émacié.
Il sortit le trousseau de sa poche, se leva, fit quelques pas en direction de François qui gravissait les dernières marches.
Il l’embrassa et le regardant droit dans les yeux, il lui donna solennellement les clefs de la maison.

Posté par patitouille à 17:30 - Brie - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 octobre 2007

Le vide de la solitude (Brie)

 Je lui ai dit de se taire. Ça faisait dix ans, jour pour jour, que l’on ne s’était pas revues.  Je mijotais ma venue à la date précise de ce jour où je l’avais menacée de ne plus la voir..Ce fut la rupture d’une amitié d’enfance, la fin de nos crises de rire, de nos joies, de sa joie.

Je pensais souvent à elle, à nos fous rires, à notre connivence d’alors et intérieurement, je me disais et j’espérais de tout mon cœur qu’elle se serait détachée de cet horrible vice qui vous ronge le corps et l’âme. Je voulais en avoir le cœur net. Quoi de plus sûr que de lui offrir quelques liqueurs que j’avais confectionnées moi-même ?

J’arrivais chez elle en milieu de matinée et la surprise passée de nos retrouvailles, nous nous installâmes dans sa petite cuisine. Je souris en la voyant ranger les bouteilles. Je pensais alors que j’avais eu raison d’espérer. Nous parlâmes de choses et d’autres, insignifiantes au début, comme souvent lorsque l’on se revoit après de longues années de séparation. Puis, elle commença à ma raconter sa vie et je la vis se diriger vers son placard pour en sortir une première bouteille. « allez, nous allons fêter ta visite, juste un p’tit verre ! » me dit-elle…

J’eus droit bien à ses reproches sur le fait que je l’avais quittée d’un coup puis, elle ma raconta un peu sa vie de femme mariée et de mère, et j’eus aussi droit à l’histoire de son divorce dont elle me cachait sans doute les causes réelles.

Une heure après, la bouteille était vide

Je lui ai dit de se taire ! Plus elle parlait, plus elle buvait ! mais partie sur sa lancée, elle alla chercher une autre bouteille.

Puis, elle me raconta son village, les gens qui traversaient le trottoir lorsqu’ils l’apercevaient au loin, les commerçants qui ne voulaient plus la servir, les enfants qui se moquaient d’elle et ses propres enfants qui, eux aussi, étaient partis depuis longtemps et ne venaient  plus là voir.

Je lui ai dit de se taire : la deuxième bouteille était vide !

« Encore un p’tit verre ! je suis tellement contente de te voir » me dit-elle. Et, tout en buvant verre sur verre, elle embraya sur sa solitude.

Le vide de sa vie ressemblait à l’intérieur des trois bouteilles désormais vides posées sur la table, un néant translucide et si lourd de tristesse.

Posté par _Sammy_ à 16:00 - Brie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 août 2007

Ruinée ! (Brie)

Ce que je venais de dire à la vieille marquise Guy de Ruy était l’exacte vérité.

Elle avait tenu à ce que je sois parmi les passagers de ce premier trajet, moi, son homme de main, son bras droit.

Sa participation à la construction de ce train, elle le pensait,  redorerait le blason de la famille,  paierait les faramineuses dettes de jeux  de Monsieur Le Marquis, renflouerait les comptes. Elle y croyait tellement, qu’elle avait investi jusqu’aux bijoux qui faisaient la fierté de la famille depuis des générations.

Pour l’occasion, elle avait même acheté  un téléphone portable afin que je la tienne régulièrement au courant de mes impressions, et les deux jours précédents, nous nous étions penchés tous les deux, sur la notice d’emploi de cet appareil si compliqué.. Mais je restais sceptique. Ne va t’elle pas le perdre ? un appareil si petit… Saura-t-elle décrocher pour m’entendre? A 86 ans, la Marquise était encore alerte mais quelquefois, elle n’avait plus toute sa tête, et souvent n’entendait même pas les sonneries du gros téléphone noir, réglées au maximum, et qui vibraient si puissamment dans l’immense hall du château.

J’en étais là, perdu dans ces réflexions, assis sur cette banquette de cuir rouge, lorsque un homme vient s’asseoir en face de moi. Un homme, à l’allure austère, vêtu de gris des chaussures au chapeau, une attaché-case à la main, un journal plié dépassant d’une poche de son costume.

Il se trémoussait sur sa banquette, comme pour en ressentir la dureté, il inspectait de ses yeux sombres la cabine, du plancher au plafond, jusqu’à tester le système d’ouverture des vitres. De temps en temps, il jetait un œil sur le paysage qui ne semblait pas l’intéresser.

Au bout d’un moment, il se présenta et  je l’entendis me dire « eh bien, moi qui croyait que ce nouveau train était la découverte de l’année ! Regardez comme ces banquettes sont dures et cette couleur  ! Horrible !  Sans parler  de ce système d’ouverture de fenêtres. Toujours les mêmes. Le pauvre quidam qui ne mesure pas au moins 1 m 80 ne peut pas l’ouvrir…Et la vitesse?  vous trouvez qu’il va plus vite que les autres ? Je passe ma vie à voyager, Monsieur, et à voyager en train et bien, je peux vous l’affirmer, celui-ci ne vaut pas plus qu’un autre et celui qui l’a  réalisé n’entrera pas dans le siècle… »

Ces paroles me piquèrent comme un coup de fouet d’orties fraîches. J’appelais aussitôt Madame La Marquise pour lui faire part des réflexions que je venais d’entendre.  Elle ne voulut pas le croire mais, pourtant, ce que je venais de dire à la vieille Marquise de Ruy était l’exacte vérité. Elle était définitivement ruinée.

Posté par pivoineblanche7 à 17:55 - Brie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2007

Le temps de vivre (Brie)

Je vous le dis, vous, les femmes, les hommes, qui passez sans me voir, ou plutôt qui faites semblant de ne pas me voir, vous aussi vous serez bien obligés de l’ouvrir, cette porte et d’en traverser le seuil et peut-être plus vite que vous ne le pensez!

Vous agissez comme moi, vous n’écoutez pas! Vous vous dites que les leçons de morale sont inutiles! Et puis de toute façon que vous n’avez pas le temps!
Ce doit être le propre de l’être humain, ça, avancer, avancer, toujours plus vite, sans s’arrêter, sans regarder ce qui se passe autour de lui. Et les leçons de morale, on s’en tape l’œil , hein!
Mais, vous verrez, vous vous ferez avoir vous aussi!

Regardez-moi! Ecoutez-moi! Arrêtez-vous un moment! J’étais comme vous avant. Je courais du matin au soir et puis un beau jour arriva ce qui devait arriver : la crise cardiaque! Et croyez-moi, je n’ai pas eu le temps de comprendre...

Et je me retrouve ici, coincé, ne pouvant effectuer que des mouvements au ralenti et encore, quand je dis des mouvements! Lever à moitié le bras me prend presque toute une matinée! Et quel effort j’ai dû faire pour pointer le doigt vers vous, pour essayer de vous interpeller, vous, les femmes, les hommes qui ne voulez pas m’écouter. Remarquez le temps, maintenant j’ai toute l’éternité pour l’apprécier.

Je suis bien puni car savez-vous ce que je faisais avant : j’étais acrobate! Des heures et des heures d’entraînement. Je jonglais avec la vie, avec ma vie. Comme vous !

Arrêtez-vous ! Regardez-moi ! Ecoutez-moi ! Prenez le temps de vivre, prenez le temps de sourire, prenez le temps d’admirer un coucher de soleil au lieu de vous abrutir devant la télé jusque pas d’heure, prenez le temps de dormir pour vous ressourcer, prenez le temps de vous promener dans la campagne, d’en humer les senteurs, d’écouter les oiseaux, d’admirer les beautés de la nature. Prenez 2 minutes de votre temps qui vous semble si sacré pour parler à votre voisin.

Prenez le temps de manger, de jouer, d’écouter vos enfants, de les aimer, de vous aimer, vous!
Arrêtez-vous un instant et écoutez votre petite voix intérieure, celle qui vous dit qu’après il sera trop tard...

Posté par patitouille à 17:00 - Brie - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 mai 2007

Richesses oubliées (Brie)

Le samedi, c’est plus tranquille. Il y a moins de monde !

Il vient de lancer cette phrase, avec désinvolture comme tous les vendredis soirs ! Zoé et Arthur  le regardent avec admiration, l’air béat, se demandant si leur père ne serait pas plutôt un  grand enfant. Mais si justement, il l’est resté, juste pour le jeu, juste pour la vie.  Et comme tous les vendredis depuis que nous vivons là, il me prend en photo avec les enfants. Album bizarre où ne s’étalent que les photos du vendredi soir, moi et les enfants, semaine après semaine, année après année. Ah je vous le dis, je suis tombée sur le gros lot : un original, devenu marginal, un homme si enjoué, si plein de gaîté, d’imagination et qui trouve des solutions à tout. Un homme qui aime toujours autant se lever le matin avec le soleil, même après ces 5 années de chômage qui nous ont amenés à vivre comme des vacanciers en vacances toute l’année.  En vacances oui, mais sans le budget...

Un homme qui enjolive les jours au point que nous en oublions souvent que le frigidaire est vide. Plus rien à manger ? Hop, on part dans la campagne ramasser des herbes sauvages, pissenlits, épinards, orties qu’on saura bien faire mijoter avec les quelques petites patates qui ont bien voulu pousser malgré la canicule de ces dernières années. On cueille des fruits sauvages que la nature nous offre si généreusement, pommes, figues, prunes,  mûres, cerises… et voilà, un repas simple, naturel, qui rassasie et qui laisse au palais le goût d’une vraie nourriture.

Quelle joie d’être tous ensemble, de voir le regard pétillant des enfants gambadant dans l’herbe, les lèvres et les doigts colorés du jus des cerises où des mûres, de se sentir légers comme le vent, libres. Souvent je me dis que j’ai une chance inouïe de l’avoir rencontré, cet homme si avide de vie, si plein de générosité et d’amour, si débrouillard, qui a su  s’accommoder de cette nouvelle vie, comme une renaissance.

Oui, il est vrai, dans le campement, le samedi est la journée la plus tranquille. Certains vont  au village dont l’unique séance est projetée ce jour là dans un petit ciné comme on n’en voit plus que dans les campagnes, avec des chaises en bois comme à l’école et dont l’entrée est gratuite.. D’autres, les ados,  lèvent le pouce au bout de la rue pour se rendre à la ville, retrouver les copains, avoir l’impression, pour un jour,  d’être comme eux. Mais, le soir, ce sont les grandes retrouvailles. Tout le monde s’assoit autour du feu pour se retrouver,  être ensemble,  parler et écouter, se soutenir, s’aimer... toutes ses richesses que le monde semble avoir oublié...

Posté par _Sammy_ à 14:30 - Brie - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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