28 mars 2007
Elévation (broceliande)
Il faut que je vous dise, j’ai menti… j’ai parlé d’eau dormante.
Mais elle vibrait intensément d’un reflet d’oiseau…
Les ombres longues et bleues des arbres tremblent dans la lumière blonde, d’où surgit un cygne en vol.
J’ai en mémoire beaucoup d’oiseaux, inscrits comme des joyaux dans un écrin.
Celui-là s’est vrillé dans mon âme.
Il tourne autour de moi, ployant son cou.
Lui, du charme au bout des ailes, qu’il déploie pour m’envoûter de caresses lentes.
Moi, séduite par cette étrange danse, par la beauté de ce grand oiseau blanc.
Puis il s’en va, s’élevant lentement, mais puissamment, vers la lune et son cortège d’étoiles. Encore nimbé de lumière, il vole en rythme avec des pulsars fabuleux, sous l’œil étonné des comètes.
Il est devenu le soleil de mon univers. Je m’enroule en courbes lentes autour de son image, dans ma tête.
Et tandis qu’il rayonne pour d’autres créatures, moi, de l’autre côté du monde, dans l’ombre de la nuit, je rêve de sa brûlante présence.
04 mars 2007
Miroir (broceliande)
Ça fait huit jours exactement que j'ai quitté une planète en guerre.
Le silence ici me fait drôle. Il hurle comme un cri dans ma tête: "Tu es seule!"
Ben oui, et alors? Après la folie des pluriels insensés, se retrouver en tête à tête avec soi même parait troublant comme un rendez vous d'amour. Rendez vous dans une maison au volets bleus, "par où entrent des petits chats qui font de la peinture."
Je n'ose plus sortir. Les fenêtres me regardent, mais les portes restent closes.
Les regards cachés me vrillent l'âme.. "Tu es moche, tu es cloche!"
Comme dans la cours de la récré, au premier temps du monde. Je suis étonnée du rythme lent des heures.
Le dernier jour. J'ouvre une porte inutile tout au fond d'un recoin obscur. Un miroir...
Une inconnue étrangement belle me dévisage.
Puis la lumière, intense autour d'elle.
Alors j'entre dans le miroir, et me retrouve enfin.