Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

30 mars 2008

14. Vive la retraite! (Catherine)

C'est étrange, depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatigué
Pourtant maintenant j'ai le temps de me reposer,
De prendre soin de mon corps que je passe des heures à muscler.
J'ai acheté un ordinateur et j'ai appris à surfer et à tchater.
Je regarde tous les feuilletons qui passent à la télé.
Avec mes amis, je fréquente les musées et les salons de thé.
Je me suis intégré dans un chorale pour chanter,
Et inscrit dans un atelier de peinture pour apprendre à dessiner.
Avec ma femme, je me suis même mis à la couture et au macramé.
Et puis, ces temps derniers, nous avons beaucoup voyagé,
En Afrique, aux USA, au Canada, de la Chine jusqu'au Tibet.
Malgré tout cela, c'est étrange mais je suis de plus en plus fatigué.
Je suis obligé de boire tout le temps du café.
Je marche comme un zombie, j'ai l'air d'un drogué.
Par moment, je n'arrive même plus à parler
Et ça commence sérieusement à me déprimer.
Un jour, je crois, je vais retourner travailler!

Posté par Vertumne à 17:00 - Catherine - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


12 mars 2008

17. Journée de la femme ! (Catherine)

C'est comme ça qu'on perd un procès.
Celui qu'on vous fait, pauvres femmes
sans vous entendre, sans vous comprendre,
sans vous aimer, sans vous respecter,
quand, dans la volonté de l'homme,
vous êtes anéanties, aliénées.

Quand, pour lui, vous vous transformez
En poupées de chiffons à déshabiller,
à surveiller, à contrôler, à bâillonner.
négligeant vos besoins, acceptant la vie
Seulement celle qu'on vous fait, pauvres femmes
C'est comme ça qu'on perd un procès.

Posté par _Sammy_ à 08:00 - Catherine - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 février 2008

28. Retour de guerre (Catherine)

Il n'en a parlé à personne ce soir-là pas plus que d'habitude, de cette femme et de ces enfants qui occupaient ses pensées en permanence.
Pourtant, à la table familiale de Bertrand, ce voisin qui l'avait si gentiment invité en ce soir de Noël , il s'est senti si seul si infirme.
Quand il était revenu de la guerre avec son bras malade, son bras qui ne pourrait jamais plus creuser le sillon, tailler les arbres, tirer l'eau du puits, il avait réfléchi.
Comment faire vivre Marie et les enfants ? Comment mettre sur la table chaque jour le pain et le miel ? Et les enfants, n'auraient-ils pas honte d'aller aux manèges ou à l'étang avec un père diminué?
Alors, il n'était jamais rentré.
Il n'avait jamais revu ni Rose ni Pierre ni Jeanne ni hélas, Fidèle morte pendant la guerre.
Bien sûr, Marie, quand elle portait son linge à l'étang, il l'avait suivie souvent, accroupi, dissimulé dans les hautes herbes comme un animal traqué. Il pouvait distinguer sa silhouette fragile, ses longs cheveux châtains et parfois le reflet de ses yeux d'or.
Les enfants, il aimait, le dimanche, les regarder de loin, jouer aux manèges, dans leurs manteaux blancs.
C'est là qu'un jour Marie est venue les chercher avec un homme.
Cet homme avait un regard si chaud pour Marie et des mains si bonnes pour les enfants que lui, l'infirme, il est parti, il a quitté le village pour toujours...

en réponse à la chanson "Dites-lui" de N.Heiman et E. Marnay
enregistrée en 1970 chez CBS par Marie Laforêt

Posté par patitouille à 09:00 - Catherine - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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