Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

28 avril 2008

07. A Toi…Folie (Céciline)

Ma chère…, ma chère ET tendre,

Chaque jour qui passe, tu es là. Toujours près de moi. Chaque jour qui passe, je pense à toi. Et je me dis que, décidément,  tu es vraiment la plus parfaite des personnes que je connaisse. Tout autour de toi, des cercles admiratifs de filles ou des garçons se forment. C’est vrai, ton sourire est le plus éblouissant, le plus beau, le plus séduisant de toutes les grimaces de bouches que je connaisse. Je connais beaucoup de monde. Mais tu es la seule qui, quand elle rentre dans une pièce, le silence se fait. La seule qui rentre avec un halo de lumière autour d’elle, comme un ange. La seule qui tient en respect les profs. Tu es si parfaite…

Tu es la plus belle aussi. Des longs cheveux blonds encadrent ton visage aux yeux aussi verts que la forêt amazonienne. Tu as une taille de mannequin (1m 78), tu fais 58 kg pourtant tu as des seins et de belles fesses. Tu es considérée comme le canon de la ville. Mais sais-tu pourquoi je t’admire le plus ? C’est parce que tu n’es jamais sortie avec un gars. Pourtant, il y en a plein qui te courent après ! Mais tu as ta fierté.

Tu as bien réussi ton plan. Au départ, tu n’étais rien, puis un jour, tu t’es dit que tu voulais briller. Et pour briller, tu brilles ! Tu excelles dans toutes les branches scolaires. Tu joues du piano à merveille, et tu es une excellente sportive et en athlétisme et en piscine. En plus tu sors tous les vendredis en boite.

Quand je viens chez toi, j’ai du mal à croire que tous ces trophées t’appartiennent. Tu as peur que l’on t’oublie… qu’on te piétine mais surtout qu’on te découvre n’est-ce pas ?

Mais moi, je sais tout de toi. Je suis la seule à savoir combien tu souffres.  Je suis ta petite voix intérieure.

Briller parce que tu vas te suicider ? Tu veux être aimée de tous pour à jamais laisser une trace de toi. Une trace indélébile. Mais surtout, ne veux-tu pas tuer ton père. N’a-t-il pas tué ta mère ? La mère de la fille parfaite. Honte à lui, diront les gens. En effet, ton plan est parfait. Tout comme toi.

A ton avis, qu’elle va être la réaction de ton père quand il apprendra de ta bouche que tu as tué volontairement ta mère. Que fera-t-il alors qu’il aura en main un couteau de cuisine ? Lui, ton père, le colérique…

Demain, tu seras morte…avec ton secret. Admirable, voyons ! Personne ne le croira.

Oh, miroir, toi qui me reflète telle que je suis, dis-moi qui est la plus belle, la plus intelligente, la plus machiavélique, la plus…tout !

C TOI !

Mon doigt finit d’écrire le point d’exclamation sur le miroir. Un sourire d’ange blond illumine mon visage…

Je suis prête

Lettre à Toi…déchire-la…

Posté par _Sammy_ à 11:16 - Céciline - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


05 avril 2008

30. Un sourire pour vivre (Céciline)

« C’est étrange, depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatiguée. Et puis, qu’est-ce que je m’ennuie aussi. Moi, qui me suis toujours dit que bosser toute sa vie ça devait être chiant ! Peut-être que je me trompe… Enfin bon, être derrière un bureau, courir pour ne pas rater le métro, être pendu au téléphone pour finalement quoi ? Rien. Ou un cancer.

Moi, ça ne m’intéresse pas !

Alors… Autant me suicider. Mais d’un côté, si je me suicide, je ne peux plus être fatiguée et m’ennuyer.

Mais à quoi je pense ?! Me suicider ou m’ennuyer ? Je suis vraiment pitoyable !

Je ne veux aucun des deux, c’est clair.

Mieux vaut courir au métro. Pour quoi faire ? Je me pose la question… Pff ! Je suis vraiment trop fatiguée pour y réfléchir. Allez, hop, dodo!

P*** ! C’est vraiment une question existentielle ou quoi ? Je n’arrive pas à m’endormir… D’accord, d’accord, je capitule. Je réfléchis. Bon, le suicide, la fatigue ou le métro ? Mais j’en sais rien moi ! Bon, j’avoue, je préfère le métro. »

Je me lève, je m’habille en vitesse. Zut ! Ma culotte est à l’envers. Oh, tant pis ! Mais pourquoi je suis si pressée ? Est-ce que je veux mourir de stresse ou quoi ?! 

Je cours, je vole, j’arrive ! Tataam ! Et oui, je suis comme ça. Mais ‘savez quoi ? Je m’en fous ! D’accord, je ne suis pas très cohérente, mais ‘savez quoi ?

Eh, ben non, je m’en fous pas ! Mais le truc c’est que je ne sais pas changer.

Il est là. Il m’attend ? Sérieux, il est vraiment trop beau ! Il me sourit. BABOUM! Il s’approche. Alors, je pense : « Je n’ai pas envie de mourir, je n’ai pas envie d’arrêter de travailler, composer de la musique (mon métier), en fait, ça me passionne ! Je suis une musicienne, je suis la reine du monde ! Je suis le bourreau…

- Ah, salut Juliette! Tu vas bien ? dit le beau à une fille hyper canon qui n’est pas moi…

…des cœurs…  Evidemment ce n’était pas moi qu’il regardait ! »

Mais vous savez quoi ? Je pensais ce que je pensais ! Je veux vivre.

Posté par Vertumne à 09:00 - Céciline - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 février 2008

19. Le tableau (Céciline)

Il n’en a parlé à personne. Pourtant, moi, je savais. J’avais compris. Son tableau parle pour lui. Il était mort une fois, deux fois, tellement de fois. Tellement. Son cœur ne se résumait plus qu’à une plaie béante, ensanglantée. Combien de fois avais-je planté mon couteau dans son cœur ? Je ne saurais le dire. J’étais sa meurtrière, son bourreau… et pourtant son salut.
Son secret, c’est mon secret. Sa souffrance est la mienne. Je suis son bourreau, il est le mien. Je suis son salut, il n’est pas le mien. Je l’ai toujours su. Vouloir le sauver ? C’était déjà trop tard.
Aujourd’hui, je pleure. Il m’a envoyé son tableau. Il sait d’avance ma réaction. Je le hais. Pourtant, je résisterai. Je ne tomberai pas dans son piège. Je ne suis pas coupable. C’est lui qui m’a mis ce couteau en main. Son cœur, c’est lui qui se l’est ouvert. Il a toujours su que c’était impossible. Mais il a espéré. Suis-je à damner ?

Son tableau… son tableau représente la scène mille fois répétée, revue dans nos têtes. Cette scène où je lui dit : « NON !!! Tu ne peux pas ! Je te hais… je ne suis pas folle, c’est toi qui l’es ! Monstre ! Va-t’en…va-t’en loin de moi…à jamais ». Je me souviendrai toujours de son regard ahuri, du sang qui se mit à couler sur ses lèvres, son cœur saignant, sa tête se teinter de tristesse.
Je tenais à lui. Mais ce jour où j’ai compris, c’était fini. J’avais vu le regard qu’il posait sur moi. Un regard de désir, d’amour …et d’attente. Je n’ai pas pu le supporter. Je me suis enfouie.
Il m’a envoyé  le tableau le jour de mon mariage ! Il ne voulait pas que je me marie. Alors, je lui laissai un message comme quoi je me mariais coûte que coûte et que je haïssais son tableau. Mais je l’ai gardé. Le voici, Monsieur l’inspecteur.

-   Bien, madame, répondit l’inspecteur de police. Avez-vous une idée de la raison de son suicide? Ne me dites pas que c’est parce que vous n’aimez pas son tableau…

-   Non, monsieur, ce n’est pas pour ça. Il n’en a jamais parlé, il ne me l’a jamais dit mais je le savais. Mon frère m’aimait, monsieur, comme personne. Mais je n’ai pas voulu de lui…

Posté par patitouille à 17:30 - Céciline - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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