Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

18 avril 2007

Basta Tagada » ou fugue au citron vert (Elvire)

Et maintenant, ça suffit ! Des années à vivre à tes croches, doubles croches et soubresauts ! Triple cloche, va ! Silence maintenant ! Basta cosi ! Désormais, je reste seule assise sur ce banc et j’attends ; j’attends et j’écoute les roucoulements de ces idiots de pigeons parisiens. C’est tout. Maman, t’as trop rêvé pour moi. Tout haut. Tu racontais à tes amies très chères que pour toi, je bâtirai des cathédrales de musique, aériennes et fragiles ; de ces envolées magiques qui atteignent les plus hauts sommets ; de ces... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:31 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

29 mars 2007

Cousu main (Elvire)

J’ai presque une heure d’avance.Juste le temps de me réciter une dernière fois ce qui fit le cours de ma vie : quartiers, languette, claque et baguette, glissoirs et contreforts ….Je tiens entre mes doigts repliés cette photo que je laisserai sur son bureau .Vingt ans que je bosse dans cette boutique. Vingt ans de ma vie à vendre des chaussures.Du grand luxe, du cousu main, du haut de gamme, messieurs dames !Aujourd’hui, j’ai presque une heure d’avance et c’est la vie qui me rattrape.Elles sont devenues ringardes nos chaussures, elles... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 17:20 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
27 mars 2007

Je vous ai tant aimé (Elvire)

Il faut que je vous dise… j’ai menti ! Bien sûr que je vous ai menti. Je vous ai raconté mes eaux vertes et mon tendre refuge. Mes soleils et mes printemps. Ma voix s’est faite musique et ma chevelure de feu. Vous vous êtes perdu dans l’or profond de mon regard. Et vous m’avez suivie, happé, hypnotisée comme dépossédé de vous. Et, si je ne vous avais pas menti ainsi, vous ne seriez jamais venu auprès de moi. Je sais depuis trop longtemps la peur que les hommes ont de moi. Vous n’auriez pas dû vouloir ainsi me... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 17:20 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
05 mars 2007

Maman est morte. (Elvire)

Ça fait huit jours exactement que maman est morte. Vous êtes ici sur l’ile d’Houat, ça fait huit jours exactement que je n’ai pas écrit un seul mot. Le bleu des volets, c’est à grande couches rapides de peinture à bateaux que maman l’étalait chaque printemps. C’est que l’air salin, ça vous use le bois jusqu’à la corde. Et les tempêtes d’hiver, ça vous arracherait jusqu’à l’âme. Vous êtes ici sur l’ile d’Houat et c’est là que maman vivait. Elle ne repeindra plus jamais les volets . C’est dans la petite remise attenante qu’on... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 17:30 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
19 février 2007

L’incipit (Elvire)

Il choisit toujours la solution la plus compliquée. Par exemple, ce matin il choisit de m’imposer cet incipit tortueux accolé, non, apposé à cette image tourmentée… Il a du mal dormir, les méandres de son cerveau embrumé ont du rêver cette torture. Que veux-tu que je fasse d’un tel début ?  J’aurais préféré un truc comme : « on ne sait rien de soi », avec le naufrage, ça collait mieux… En fait, il choisit toujours la solution la plus compliquée, juste pour nous embêter. L’oiseau là-haut, dans ce ciel criard et... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:30 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
02 février 2007

Le soir du match de la Lazio (Elvire)

Je suis restée une heure environ dans la salle de bain. La buée sur les vitres et la moiteur sucrée pour m’empêcher de penser. Penser ces dérives et ces accotements qui  parfois nous chavirent. Je n’étais pas seule, dans la salle de bain. Tu étais là, et je devais encore vaciller contre toi. Tout comme la flamme de ces chandelles, vaciller, souffleter. Tu t’en souviens, bien sûr, nous étions partis pour quatre jours. Quatre jours à Rome comme une fuite. Je me rappelle les bruits de la rue et les cris, et puis, soudain, ce... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 09:52 - - Commentaires [13] - Permalien [#]

20 janvier 2007

Etats d’âme. (Elvire)

J’ai volé mon âme à un clown, si d’âme il s’agit, si d’âme je peux avoir. Vraiment. A moi. Je suis qui, moi ? Tout ce qui je t’entends, au vol, je le prends. Je l’absorbe, je l’avale, ça devient Moi. Volcan . Mon âme, Vésuve, à recracher toutes ces scories, Les vôtres, vos mots, vos peines, vos pleurs, et tout ce sont je me remplis… Clown blanc trop triste. Au long de mes longs cernes violacés se sont vos vies qui coulent en rafale et moi, je pleure, nez rouge, nez rouge et cheveux de neige. Fac similé de... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 09:05 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
17 décembre 2006

Mange ta main et garde l’autre pour demain ! (Elvire)

Je crois bien que j’ai attrapé un coup de soleil Non, c’est vrai, tout ce rouge tout autour de moi, je ne peux pas m’empêcher de mettre partout du rouge. Le soleil a du me monter à la tête. Tiens, j’ai la tête à l’envers, j’ai sans doute encore rêvé d’elle. Cette petite fille en rouge qui peut me dire qui elle est vraiment ? Je ne sais plus, mon pinceau file seul, c’est mon cerveau qui déraille, elle s’impose à moi, la petite, je n’y peux rien, j’ai la calebasse en ébullition, si ce n’est pas un coup de soleil, c’est... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 10:09 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
02 décembre 2006

C'est là que nous irons (Elvire)

C'est là que nous irons. Lorsqu'au printemps, des mots nouveaux  pousseront par chacun des pores de ma peau. C'est là que nous irons : dans ce pré sauvage en lisière de forêt, au milieu des bois noirs, où surgit la clairière. C'est là que nous irons contempler pas à pas l'avancée des digitales roses. L'automne sera loin alors, et les colchiques oubliés, viendra le temps de l'amour digitale et nous prierons pour ne pas qu'il s'empoisonne. Il ne faudra pas cueillir cette fleur ci, simplement, de nos doigts aériens, de... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 09:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
17 novembre 2006

L’instant « T » (Elvire)

A la croisée des chemins, à grands pas, je m’éloigne.Maintenant, c’est décidé, j’avance, droit devant moi.A droite comme à gauche, j’ignore les grandes avenues qui semblent si bien tracées, les petites pistes sinueuses, les vertes prairies : sur le pavage, comme sur un fil, en droite ligne, je marche.Un pied devant l’autre : assurément si je ne glisse pas, j’irai au bout du chemin. Me revoilà petite fille, bras écartés, en équilibre sur le rebord du trottoir.Pensée magique : si je ne tombe pas, j’aurais devant moi toutes les... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 16:59 - - Commentaires [9] - Permalien [#]