23 janvier 2008
50. Clair-obscur (FC)
J’ai
bien fait le tour de la question. Les claires-voies des volets
obscurcissaient-ils la pièce et le décor ? Diminuaient-ils pour l’œil la
chance de se laisser ravir et augmentaient-ils par là l’attrait d’un passage à
l’acte et le réconfort d’une jouissance palpable? Ou, au contraire,
portaient-ils la responsabilité de cette luminosité subtilement diffuse qui
soulignait langoureusement les arabesques du corps, jouait avec les ombres et
attirait irrésistiblement mon regard qui hésitait encore quant à l’endroit où se
poser? Dans cet antre lumière, cet antre
si doux, j’étais ravi de promener sur ce tableau mon regard attendri qui oscillait entre les pointes jumelles qui semblaient
crier leur besoin de câlins et l'entre-jambes qui
laissait deviner une touffe soyeuse, irisée qui, elle aussi, semblait tout autant quémander mes caresses.
Les claires-voies
des volets emprisonnaient-ils la lumière et me poussaient-ils à l’acte obscur ou
excitaient-ils mon regard pour que mon œil se ravisse et m’entraîne dans mes
rêves solitaires ? Ne sachant
trancher, je décidai d’y voir plus clair. D’un brusque geste de la main, je
repoussai les volets à l’extérieur, inondant la pièce de soleil et de vérité. Le
courant d’air reprit immédiatement l'affaire
en main. La page glacée du magazine posé sur le lit venait de se tourner…
J’étais bien seul !