Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

31 janvier 2008

25. Vous êtes prêts ? (Gino Gordon)

—Mes bien chers frères, vous êtes prêts ?—Mouais, ça va. Mais arrête de faire ta grande sœur.—Jojo, regarde pas tes chaussures. —J'ai marché dedans juste avant d'entrer dans la cour.—Ah c'est ça l'odeur depuis tout à l'heure !—Tu me prêtes ton mouchoir ?—Chi tu échuie tes chauchures avec ma pochette, che t'en retourne une. Tu la vois chelle là ? —Pourquoi tu parles comme ça Paulo?—Paulo, tu réponds ?—…—Crache ça immédiatement—Lulu, t'as l'air ailleurs. —Hein ?—T'es dans la lune ?.—Non, non, ça va..—T'as un truc dans l'oreille,... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 08:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

22 janvier 2008

46. La chambre (Gino Gordon)

J'ai bien fait le tour de la question. Dehors, le ciel est laiteux. Le soleil brûle.La chambre est vide. Elle est tapissée à la chaux.Il n'y a pas de hurlements.Je crois.Je ne les vois ni ne les entends.On a nettoyé l'endroit. On l'a transformé en musée. On a mis des fenêtres à la place des barreaux.On a mis des volets. Il y a un gardien, dans un coin, avec une casquette verte sur la tête.Il ignore les millions de cris morts qui jonchent le sol. Je les foule aux pieds et ils forment une fine poussière qui s'élève dans le rai de... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 10:18 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
02 décembre 2007

10. T'aurais pas dU (Gino Gordon)

Ma chère et tendre Violette Je caresse encore l'espoir de devenir l'homme de votre vie, le compagnon attentionné capable de prendre soin de votre existence comme le jardinier japonais arrosant le frêle bonzaï.Mais hélas, votre comportement, samedi dernier, m'a semblé étrange. Il n'était pas dans mon intention d'épier vos gestes – et soyez certaine de ma parfaite correction -, mais la femme si chaste et si honnête, rencontrée il y a de cela cinq ans, me paraissait transformée. Ma Violette d'ordinaire si réservée, si rétive à devenir... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 16:57 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
23 novembre 2007

32_Gilbert (Gino Gordon)

— Je n'ai pas mis les bonnes chaussures ce matin.— Vous êtes venu avec ça aux pieds !—Ce sont mes chaussures de rechange, Monsieur. On m'a volé celles que je mets d'habitude, hier soir, en traversant la passerelle de la voie ferrée. Ils m'ont menacé avec un pistolet à eau.— Vous n'étiez pas obligé de leur donner vos chaussures.— Ils étaient si gentils. Ils rigolaient tellement. Ils me disaient donne moi tes chaussures, donne moi ton costume. Je leur ai tout donné. Même mon chapeau.— Vous êtes trop tendre Gilbert. Vous savez bien que... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 14:30 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
10 novembre 2007

Babette rattrape les blancs (Gino Gordon)

------------------------ Tante Babette prit une profonde inspiration et ouvrit la bouche. L'assemblée familiale était suspendue à ses lèvres, mais rien ne sortit. Il y eut des regards affolés. On conjura, après moult palabres et hypothèses, que Tante Babette avait certainement oublié son texte chez le petit marchand de biscuit du marché couvert. On dépêcha un domestique pour lui rapporter son discours, mais il revint bredouille. Il avait bien cherché le petit papier dans la pile de biscuits mais devant la menace sismique... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 18:10 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
25 octobre 2007

30. Le métro (Gino Gordon)

Mauvaise surprise, le quai du métro est noir de monde. Des petites fourmis sont arrivées de partout et font des grappes sur le quai. Certaines commencent à traverser la voie. Le métro a en a écrabouillé quelques-unes. Je ferai une prière pour elles pendant la messe.J'aime bien la messe, mais j'aime pas cette église qui ne ressemble pas à une église. J'aime bien les vitraux avec des saints, des colombes et des anges et la lumière qui tombe du ciel. Pas les vitraux tous gris. Le métro n'a pas pris de voyageurs. Les fourmis ne... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 10:45 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

14 octobre 2007

Jackpot (Gino Gordon)

- Vous avez le nombre de miles requis ?, dis le vieil homme en frottant sa barbe avec l'ongle.L'individu qui s'était présenté à l'accueil avait une énorme balafre au visage, un garçon pas très engageant, mais ses papiers étaient en règle. Le vieillard fatigué, qui finissait son service dans moins d'une heure, devint blême lorsque l'étrange personnage brandit sous son nez une carte de fidélité "Platinium Masters" . Elle annonçait 345 000 miles et plus de 10 000 points au compteur. Une pointure !L'homme portait un sabre en... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 09:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
02 octobre 2007

La source (Gino Gordon)

Je lui ai dit de se taire.Mais elle a commencé à raconter une histoire.Et quand elle raconte une histoire, rien ne peut l'arrêter.Alors je me suis tu.Elle a dit:— Je vais vous conter une histoire que ma grand-mère ne m'a jamais racontée. Un été de grande sécheresse, la source de son village était presque épuisée, et l'eau suintait en goutte-à-goutte entre les pierres. Comme il fallait de très longues minutes pour remplir les récipients, il fallait également beaucoup de patience et une grande solidarité pour un accès équitable à l'eau.... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 15:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
18 septembre 2007

Une enquête de l'inspecteur Gordon (Gino G)

—L'horloge indique vingt deux heures trente, mais elle est en avance. Quandl'avez-vous remise à l'heure la dernière fois, Monsieur Poireau?—Jeudi dernier, lorsque je l'ai remontée.—Vous voulez dire que cette horloge comtoise était au premier étage jeudidernier au moment du crime ?—C'est une horloge un peu turbulente. Non seulement elle avance, mais elledescend quand on a le dos tourné. Je la remonte une fois par semaine. Mais je mefais aider.—Par qui ?—Par le jardinier. C'est un costaud.—Regardez votre montre, Poireau. Que lisez-vous... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:05 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
08 août 2007

Georges (Gino Gordon)

Ce que je venais de dire à la vieille marquise Guy de Ruy était  l'exacte vérité.Elle avait posé sa tasse de thé et s'était figée tout d'abord avec une  moue d'incrédulité. Puis elle s'était levée avec difficulté, avait franchi à petits pas les quelques mètres qui nous séparaient de la fenêtre et poussé un long soupir sans cesser de fixer un point imaginaire sur l'horizon, au-delà  de la haie de tamaris qui barrait le fond du jardin en friche. La marquise était un monolithe que la disparition de son mari... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 17:52 - - Commentaires [9] - Permalien [#]