03 avril 2008
27. Cher Docteur R. (Laura Vanel-Coytte)
"C'est étrange, depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatigué" me disait hier mon mari qui est à la retraite (un peu forcée) depuis quelques mois.
Lui qui a toujours beaucoup marché pour son travail de directeur d’usine, n’a pas pu s’arrêter de marcher du jour au lendemain mais comme il est trop vieux(57 ans et en pleine forme, je vous assure) pour qu’on lui confie une usine à diriger, il parcourt Paris en long, en large et en travers. Bien sûr, il prend le métro, le tramway, le bus et même le Vélib’ mais les couloirs du métro sont parfois très longs… En fait pour compenser ce qu’il ressent comme son inutilité, il marche deux fois plus que quand il travaillait. Et la nuit, lui qui avait un sommeil si profond et si réparateur, il fait des rêves ou plutôt des cauchemars qui le réveillent sans arrêt. Alors, le lendemain, pour dormir mieux, il va encore plus loin ; maintenant, il prend le RER et visite la banlieue. Quand va t-il prendre le TGV dans la journée pour faire aller-retour à Marseille, monter à Notre-Dame de la Garde, descendre et remonter la Cannebière ? Un jour, peut-être prendra t-il le bateau ou l’avion pour retourner voir son usine de l’autre côté de la Méditerranée ? J’ai peur de le perdre en route, en l’air ou en mer, Docteur R. Que dois-je faire ?
Une épouse inquiète.
21 février 2008
3. Le test (Laura)
"Il n'en a parlé à personne..." et surtout pas à Cannelle.
Il n’en a parlé à personne mais ça se voyait tellement que tout le monde savait… sauf Cannelle qu’il a séduit par ses manières d’un autre temps et son allure féline.
Alors Cannelle un soir lui donna son sexe à dévorer, son corps à pénétrer et ils mélangèrent leurs peaux et tous leurs fluides.
Cannelle aimait à se donner mais… pas à tout le monde quand même.
Un de ceux avec qui elle n’avait pas fait l’amour lui apprit que son amant (si doué) d’un soir se piquait.
Il n’en a parlé à personne mais ça se voyait tellement que tout le monde savait et Cannelle sentit une sueur glaciale glisser dans son dos car comme presque toujours elle n’avait pas demandé à son amant d’un soir de se protéger, de la protéger. Elle ne se protégeait que (mais très scrupuleusement) des grossesses mais pas des MST, ni du sida qui était pourtant bien connu à cette époque.
Alors le lendemain, elle alla faire le test à l’hôpital anonymement et eut quelques semaines d’angoisse avant d’être rassurée … puis de reprendre des risques.
Avec le recul, elle a peur et conseille à tous ceux qu’elle sait avoir une vie sexuelle de se protéger. Elle-même, si elle se retrouvait sur le marché de l’amour, se protégerait plutôt deux fois qu’une.
13 février 2008
23. Le patrimoine (Laura VANEL-COYTTE)
"J'ai sorti mon cahier à couverture rouge de mon grand sac » pour y chercher le code d’un des cadenas du portail de la maison de campagne de mon père. Il me l’avait donné un jour de faiblesse sentimentale. Il n’y allait plus tellement depuis la mort de sa mère et même bien avant, d’ailleurs, c’était une corvée pour lui d’y aller.
Pourtant,
c’était son patrimoine (qui partait en ruines) et il avait peur que mon
mari mette la main dessus. Il avait aussi peur des voleurs qui
s’étaient introduit dans la propriété plusieurs fois, la croyant
abandonnée. C’est pourquoi il avait installé ces chaînes et ces cadenas
mais ça ne m’aurait pas empêcher de passer par dessus le portail comme
je le faisais avant. Mais aujourd’hui, avec ma jolie robe moulante, ce
n’était pas très pratique. Alors, je fis le code puis enlevais peu à
peu tous les barrages qui m’empêchaient de rentrer dans un des deux
paysages de mon enfance. Je remis le cahier dans mon sac et mon sac et
sur mon épaule et m’avançais peu à peu avec émotion. Ca faisait si
longtemps que je n’étais pas venue. Mon mari qui constatait avec moi la
décrépitude de la maison et l’abandon du parc n’osait pas interrompre
la remontée de mes souvenirs. Nous fîmes tristement le « tour du
propriétaire » mais je n’eus pas le cœur de rentrer dans la maison.
Alors je m’assis sur une vieille souche d’arbre, sortis mon cahier à couverture rouge de mon grand sac et écrivais 2 rimes qui me venaient : paysage, carnage. Puis je me dirigeais vers le portail et reverrouillais tout.
26 janvier 2008
05. Mes bien chers frères (Laura)
Mes bien chers frères
A quoi pensez-vous ?
Qu’attendez-vous ?
Que regardez-vous ?
Quelles sont vos peurs ?
Où est votre bonheur ?
Aimez-vous les fleurs ?
Mais qu’importe !
Puisque vous n’êtes
Que des personnages
D’un morceau
D’un tableau
De Paul Delvaux
Qui aimait le chemin
De fer ; c’est le train
Que vous attendez ?
Mes bien chers frères
Je vais l’attendre
Avec vous car les gares
Plaisent à mes départs
Des paysages
Des attentes
Des lectures
Et à mes retours
Vers mon amour
Mes bien chers frères
Faites-moi une place
