Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

15 mai 2008

Je suis entré dans la ronde... (Lorraine)

Ce matin pour la première fois depuis longtemps, je me suis réveillé en sachant où j’étais. J’avais un vague sentiment de souffrance, qui ressemblait à un souvenir . Je voyais des ombres qui dansaient en lançant loin des cartables , et il me semble qu’elles chantaient.  Des ombres ne chantent pas, d’habitude. Mais c’était l’ombre des profs qui envoyaient les cahiers au feu et les étudiants au milieu.  Ils en avaient ras le bol, ras la casquette, et moi aussi. Alors, je suis entré dans la ronde, comme les autres j’ai crié... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 17:30 - - Commentaires [8] - Permalien [#]

22 février 2008

5. Il n’en a parlé à personne... (LORRAINE)

Il n’en a parlé à personne, il est seulement retourné dans le jardin d’été, là où elle a disparu peu à peu, comme un dessin qu’on efface. Il n’est pas fou, il le sait. Certains l’ont cru, déjà ses parents se regardaient avec inquiétude quand il parlait tout seul. D’accord, il ne disait pas les paroles des autres enfants, il ne demandait pas « Tu joues avec moi ? » , il ne clamait pas :  « Je suis Zorro » ». Non, il semblait faire un retour un peu halluciné dans le bon vieux monde, il continuait simplement son histoire... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 09:30 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
29 janvier 2008

18. Moi qui vous connaissais (Lorraine)

Mes bien chers frères, je vais tout vous dire. Vous le méritez. Vous êtes là, debout et impavides ; rien ne bouge ni vos yeux figés  d’inquiétude, ni vos cheveux soigneusement coiffés, ni votre souffle. Je suis le seuldes six à connaître votre histoire.  Ou plutôt, « notre » histoire.Vous ne vous en souvenez pas, évidemment !Pourtant, toi, Raymond, qui ressembles à un notaire fatigué, et toi, André, tête baissée, légèrement contrit, vous étiez mes copains, non ?Nous avons joué aux billes ensemble, nous avons couru la gueuse... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 09:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
12 janvier 2008

8.LA SURPRISE (Lorraine)

        J’ai bien fait le tour de la question...et j’ai enfilé mes gantsrouges. Des gants longs, sensuels, en peau douce, qui épousent la main,la rendent câline, attirante, que dis-je, frôleuse.  Assortie auxescarpins. Puis je suis partie...         Il ne m’attend pas. J’aime les surprises. Je prépare la mienne avecdélectation. Ma robe noire m’emprisonne comme un fourreau sous la capequi m’enveloppe. Je ressemble à une espionne, non, à une femme fataledes années 30. J’adore me... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:50 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
16 décembre 2007

TOUT CA, C’EST PAS DE LA TARTE... (Lorraine)

Rodolphe Bannière en chemise ! Effectivement !...Je n’en reviens pas. Je n’ai pas rêvé. Et il m’a dit en me faisant un clin d’œil : « Marinette, tu es une grande fille maintenant, mets-toi à l’aise »...J’ai posé le plateau du petit déjeûner sur la table et j’ai pris mes jambes à mon cou. Et il riait, je l’entendais jusque dans le corridor.C’est pas pour dire, mais moi je ne savais plus quoi faire.  C’est mon maître, d’accord, mais  quelque part je crois qu’il n’a pas de bonnes intentions... C’est pas parce qu’il est jeune et... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 17:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
03 décembre 2007

12. La lettre indignée (Lorraine)

François,Tu exagères, voyons !  J’étais assise très près de Gaston, d’accord, il me tenait la main et la taille et... les fesses, tu crois ? Impossible, il n’a pas trois membres. Si? Ne sois pas inconvenant, c’est petit, ça, l’inconvenance !Je t’écris malgré ta scène de colère. Tu comprends, rien n’est possible désormais et je dois te le dire. Jamais je ne vivrai avec toi,personnage retors dont j’ignorais la lâcheté ! Tu as profité de ma distraction (Gaston également, c’est vrai...), de mon abandon amical contre le dossier du... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 10:20 - - Commentaires [20] - Permalien [#]

21 novembre 2007

23_Le petit bonheur (Lorraine)

Je n'ai pas mis mes bonnes chaussures ce matin. J'ai laissé ma voiture juste avant le pont, mon bureau d'architecte est de l'autre côté et je porte mes souliers bruns en veau fin, souple, des souliers d'homme élégant, quoi! Je chantonne aussi à bouche close:«C'est un petit bonheur que j'avais ramassé, il était tout en pleurs sur le bord d'un fossé.Ca tourne dans ma tête. Il fait un de ces soleils d'automne à vous coller l'envie de tout plaquer, de vous envoler par-dessus les arbres et de planer, loin. Alors, j'ai bifurqué, oui, d'un... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 14:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
23 octobre 2007

21. Le père Léon (Lorraine)

        Mauvaise surprise, le quai du métro est noir de monde. Tant pis! J’airendez-vous au Ministère de l’Education, pas question d’être en retard.         Ecrasée  contre un monsieur poli,  les yeux à hauteur  d’une casquettequi me tourne le dos, les fesses frôlées avec insistance par des mainshabituées, je patiente! Le métro nous trimballe.  Quand j’émerge dutunnel  et débouche sur  le  lugubre boulevard de l’Impératrice , tousles immeubles me... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:10 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
11 octobre 2007

Le dernier rendez-vous (LORRAINE)

Le vent chasse les feu!lles, les escaliers en sont recouverts, il aurait fallu balayer. Tant pis, de toute façon il n’y a plus rien ici, pas même un balai. La villa est vide, je la fais visiter vite fait bien fait et...Pourvu qu’il ne soit pas en retard. Il a dit 4 H., il est presque moins dix. Bon, j’en étais où, assis sur le rebord de la fenêtre ?.. Ah oui, je lisais Musset.. C’est vrai qu’il me fascine. Je le connais presque par cœur. Surtout ses « Nuits ». A quinze ans, la « Nuit de mai » m’enivrait :« Poète, prends ton luth et... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 09:30 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
11 septembre 2007

Viens... (Lorraine)

     L’horloge indique vingt-deux heures trente mais elle est en avance.Sœur Agnès sort en courant, comme chaque soir elle ferme la grille dujardin, boucle le cadenas et glisse la clef dans la pochette pendue àsa ceinture.  Le couvent dort. Rien ne bouge. Seule, une veilleuseclignote au bout du couloir.         Le vent d’automne est vigoureux, ce soir. Dans sa chambre étroite,Séverine attend.         Elle l’a vu pour la première fois fin août. Il était debout... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:12 - - Commentaires [16] - Permalien [#]