Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

12 avril 2008

8. Venu de loin [Lutine]

Il faut absolument que je pense à appeler maman.
Elle doit s’inquiéter, je ne l’ai pas appelée depuis que je suis arrivé sur
Terre.
Il faut absolument que je lui dise que son déguisement d’humain gratte beaucoup,
il faudrait qu’elle utilise moins de matériaux synthétiques.
Et puis cacher mon troisième œil, je ne sais pas si c’est vraiment une bonne
idée, car c’est vrai que j’ai l’air plus humain mais je n’arrête pas de me
cogner dans les poteaux… En plus, dans des émissions à la télévision, j’ai vu
des personnes avec un troisième œil.
Heureusement que les humains s’habillent car maman s’est trompé sur la taille de
l’organe reproducteur, celui des mâles humains est bien plus petit. Je m’en suis
rendu compte en allant à la salle de sport. A vrai dire, cela m’arrange un peu,
les autres hommes me montrent beaucoup de respect.
Quelle idée, j’ai eu de venir en vacances ici.
Bon personne ne me regarde, je me télé-transporte jusqu'à l’endroit où j’ai
caché ma capsule de voyage et j’appelle Maman.

Posté par Coumarine à 09:50 - Lutine - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 avril 2008

21. Nouvelle vie ! (Lutine)

C'est étrange, depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatiguée.
Tous les matins, mon réveil sonne, mais je ne grogne plus comme avant, à l'idée de me rendre au travail.
Non, je me lève de bonne humeur. Je me prépare rapidement, plus besoin de traîner sous la douche pour me réveiller. Je prépare ensuite le petit déjeuner de toute la famille, en sifflotant. Je vais embrasser mon mari et réveiller les enfants.
Et je mets un jean délavé, et un pull de couleurs. Adieu, ce sinistre tailleur gris de commerciale.
Je me hâte à mes occupations de maman poule, faire réviser le petit dernier, préparer le goûter de la seconde, et embrasser le front de l'aînée, tout en buvant un chocolat.
Ma petite troupe part avec leur papa pour une journée de travail.
Moi, je remonte les manches, je me pose la même question tous les matins, et que vais-je faire aujourd'hui ? Et si je peignais ?
Je vais en courant dans mon atelier, des baies vitrées s'ouvrent sur le jardin que j'ai taillé la veille, je m'installe devant mon chevalet, je regarde mon cerisier en fleur, prend un pinceau. Je pars en voyage, un voyage de sens, de couleurs, de créativité....
Adieu grisaille, travail, métro, boulot, réunion, stress, ennui, lassitude...
La journée avance, je ne m'ennuie pas une seconde, j'ai peint toute la journée, c'est à peine si j'ai pris le temps de déjeuner. J’entends le retour de la famille.
Je redeviens maman et épouse. Rôle que j’avais mis de coté pendant trop de temps. Rire, discuter, cuisiner, faire les devoirs, élucider les problèmes, réconforter, manger, partager, écouter, conseiller, jouer, créer… Tant d’activités que nous pouvons faire tous ensemble.
Vers une heure du matin, je me recouche en me demandant ce que je vais faire le lendemain, me promener dans les alpes, repeindre le couloir, apprendre à traire une vache à la ferme ou prendre un stage de calligraphie... je ne sais pas, je choisirai demain, je m'endors complètement exténuée, mais tellement heureuse.

Posté par Vertumne à 15:00 - Lutine - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 février 2008

22. Grises pensées (P'tite Lutine)

J'ai sorti mon cahier à couverture rouge de mon grand sac.
C'est un cahier à croquis, je m'assoie sur un banc en face d'une
grille.
Et je commence à dessiner cette grille rouillée, fermé par deux
cadenas.
En dessinant, mes pensées s'envolent, pourquoi deux cadenas, c'est
étrange surtout qu'en regardant bien, on se rend compte qu'un seul cadenas
suffit, pourquoi un cadenas à clef, pourquoi un cadenas à code ? Peut être que
la chaîne est trop courte... Pourquoi ?
Je dessine toujours...  Cette grille fermée m'intrigue, m'inquiète...
Mes pensées se perdent derrière cette grille, qui y vit ? Quel lourd
secret est il gardé par ces cadenas ? Pourquoi prendre tant de précautions
inutiles ? Qui sait ?
Les gens passent dans la rue, certains s'arrêtent, regardent mon
esquisse et commencent à se poser des questions sur ces drôles de cadenas....
- C'est vrai qu'ils sont étranges, murmurent un vieil homme.
Tout un coup, une fillette arrive en sautillant, une poupée à la main:
- Oh ! tu dessines mes cadenas.
Elle part aussi vite qu'elle est arrivée comme un ouragan mauve.
Et comme par magie, elle pousse la grille, celle-ci s'ouvre ...

Comme quoi des cadenas peuvent être simplement des jouets d'enfants.

Posté par pivoineblanche7 à 10:14 - Lutine - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 octobre 2006

Brume émeraude (Lutine)

Au matin, le verre était vide.
Encore comme tous les matins, c'est tout de même étrange. Suis-je somnambule ?
Pourquoi je ne me rappelle pas d'avoir bu ce verre ? Ce verre que je laisse sur
ma table de nuit.
Tout me parait étrange ici, la couleur de la nuit aussi l'est.
Hier soir, je m'étais promis de ne pas m'endormir et pourtant .
Armé du dernier roman à la mode, je pense tenir toute la nuit, mais une brume
émeraude m'entoure, je sens mes yeux se fermer
Et au matin le verre était vide.
Ce soir, vais-je découvrir ce mystère ?

Posté par patitouille à 09:01 - Lutine - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juillet 2006

Vieillesse ou accident? (Lutine)

Après quelques minutes de marche, il s’appuya sur son déambulateur.
Les quelques mètres qui menaient  à la boulangerie, lui semblaient des
kilomètres. Il se sentait à bout de force, poursuivi par cette chaleur, qui lui
faisait tourner la tête.
Il s’assit quelques minutes et serra de toutes ces forces les poignées entre ses
doigts, car il se sentait invisible a la terre entière, continuant sa route à
une allure folle.
Puis, il reprit son chemin en essayant d’atteindre sans pause la boulangerie.
En réalité, il était heureux de vivre au bord de mer, il s’obligea a ne plus
déprimer.
Il continua son chemin et fixa avec défi son but.

Posté par Coumarine à 23:23 - Lutine - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 mai 2006

La magie des couleurs (Lutine)

La lune illuminait les nombreuses couleurs de ce château. Le mélange des
couleurs était assez surprenant, parfois, une tour, un mur changeait de couleur
selon le mouvement de certaines ombres…

A la fenêtre d’une tour rouge, une jeune femme pleurait doucement. Les rayons de
lune faisaient apparaître sa longue chevelure noire comme l’ébène et sa robe
rouge comme le sang. Sa tristesse était si grande que toutes les plantes et les
animaux qui la voyaient ou l’entendaient étaient tristes aussi.

Se reprenant soudainement, elle s’assit à la fenêtre, regardant la lune et lui
parlant… Elle savait maintenant que tout était fini, que rien n’était possible,
son destin était à tout jamais scellé. Elle lui demandait : « Pourquoi être
riche ? Pourquoi avant tant de pouvoir, si on ne peut pas aimer celui qu’on
veut ? Pourquoi vivre dans un château possédant tant de couleurs, pour ne vivre
que dans l’obscurité ? » Un oiseau noir se posa devant elle.
La lune ne lui répondait pas, elle se contentait de lui sourire. Si elle avait pu
parler, elle lui aurait dit que tout est possible si on le veut, mais la lune se
contentait de lui sourire.

Au loin, un ombre bleutée s’approche du château, un cavalier avec un grande
cape… Sous les pas du cheval, le sable prenait des couleurs azures…
La princesse le leva reconnaissant l’homme, elle posa la main sur l’oiseau, dont
certaines plumes virèrent au bordeaux. L’oiseau s’envola, il allait montrer le
chemin au cavalier.

Le temps lui paru soudainement une éternité, en attendant le retour de l’oiseau.
Il apparut: les plumes bordeau avait laissé place à quelques plumes d’un bleu
très sombre. Aussitôt, la tête d’un homme apparut, il se hissa pour s’asseoir sur
le rebord de la fenêtre et lui offrit une rose bleue. La princesse la prit, la
rose devint aussitôt violette, et quand le cavalier la lâcha, le violet laissa
place au rouge.

Ils s’étreignirent, laissant tomber la rose. Dans la rue, une rose blanche
arriva doucement sur le sol.

La lune se demandait : « Pourquoi le rouge et le bleu ne s'épouseraient-ils pas?"

Posté par Coumarine à 13:51 - Lutine - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1