13 mai 2008
Chat roux (Mth P.)
Ce matin, pour la première fois depuis longtemps...le chat roux n'est pas venu à ma rencontre. En rangeant ma voiture sur ma case de parking, je le trouvais sur le mur mitoyen, assis ou vaguement occupé à souligner son trajet de chat agile en déposant chaque patte l'une devant l'autre . Je le comparais à une figurine de pyramide en plus vivant... Dents pointues et presque crochues, miaulements aigus , incompréhensibles pour moi. Je ne connais pas la langue des chats et ne sais pas émettre les sons qui les rendent curieux et attentifs . Je n'ai pas envie d'attirer celui-ci, en tout cas pas plus que les autres. J'aime les observer à faible distance quand ils sont étrangers et les laisser s'approcher lorsqu'ils sont des chats de famille. J'aime leurs ronronnements et toutes leurs gestuelles singulières. Les chats ont leur personnalité et leur destin propre, comme les humains, leur capacité de rébellion aussi. Leur indifférence est toujours relative, ils vont là où on les nourrit et dans les maisons où on les caresse . Très peu sont sauvages en ville. Mais ils ont leurs quartiers libres. Un jardin n'est pas suffisant, ils annexent tout ce qui est accessible. Faux chats de gouttière aux colliers tatoués. Je respecte leur besoin d'anonymat. Le chat roux a disparu. Un voyage imposé en Afrique peut-être ? Une cage est si vite installée autour de nos instincts d'indépendance. Ce matin, pour la première fois depuis longtemps, je me suis redit que je n'aimais que les chats qui revendiquent leur errance efficace.
30 avril 2008
16. Toi que j'aime et que je lis (MTh. P)
Toi que j'aime et que je lis ,
On a nos univers, nos grappes de connaissances et d 'alliances familières. On ne s'aventure jamais trop loin du vocabulaire dans lequel on a construit notre petite entreprise de résistance aux bris de vie. Le bruit que nous produisons ne nous rapporte que l'écho de proximité. Il nous déborde pourtant, de temps à autre. Chaque excursion dans d'autres sphères du réel, ne serait-ce que dans le livre d'un voisin de parole nous demande un mouvement qu'il nous faut consentir. C'est parfois impossible et nous en souffrons. Tu me témoignes de l'attention et je te la rends à la mesure de ma sympathie et de mon temps disponible. Je n'ai pas besoin de te rencontrer pour l'instant. Cependant , je voudrais ne jamais déroger à cette belle invention du contre-don. J'accepte pourtant l 'usure du désir dans le bien-faire, je voudrais abaisser la hauteur de l'obstacle quand les forces nous manquent, pour ne pas sombrer dans la culpabilité, la honte ou le dépit. Renoncer à donner ou à rendre n'est pas facile dans un monde qui a exilé la gratuité dans les catacombes de sa peur de l'avenir. Mais je ne crois pas que la situation ait vraiment changé depuis la nuit des temps. D'ailleurs , j'aime bien cette expression « la nuit des temps », on pourrait dire éternité , mais tant qu'on n'y croit pas, on peut toujours n'en retenir que l'hypothèse. « Ça ne mange pas de pain » comme on dit !
Peur de mourir. Peur de vivre.
Peur de ne pas manger à la table des rescapés.
Aujourd'hui, je te regarde me regarder.
Je n'ai pas peur, même si je sais où ça mène, dans les grandes lignes.
Quand j'aurai peur, je te le dirai.
Le vent aujourd'hui m'a paru inquiet. Mais il s'est calmé.
Je t'embrasse les mains.
Ton amie d'argile